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Mélancolie hystérique

(Pressavin. Nouveau traité des vapeurs, etc., chap. V, p. 264.)

Une fille était sujette, depuis son enfance, à de fréquentes indispositions provoquées par un tempérament lymphatico-nerveux. A Tâge de 14 ans elle subit les traitements de divers médicastres, et tomba dans une affection mélancolique.

A l'âge de 18 ans, les règles n'avaient pas paru, et les symptômes nerveux ne faisaient que s'augmenter : l'estomac se refusait à tout aliment, les gaz distendaient l'intestin, le sang affluait à la tête, où il occasionnait des vertiges. La malade devint d'une excessive impressionnabilité, qui s'accrut pendant deux ans. Sous l'influence des obstacles apportés à l'évacuation menstruelle, à la suite d'une violente colique qui avait duré plusieurs jours, arrivèrent des convulsions bornées aux muscles de la poitrine, de la mâchoire et de la face, auxquelles succédait un assoupissetnent qui devint plus tard léthargique. Chaque mois les accès revenaient avec le même appareil, suivis d'une tristesse profonde. Les intervalles étaient remplis par une mélancolie de même nature, que soutenait une constipation opiniâtre. — Après un long traitement, qui eut pour résultat de vaincre la constipation et la rétention des règles, l'amélioration survint. A l'époque d'un accès, un petit écoulement sanguinolent fut le prélude de la guérison, qui se confirma avec l'établissement complet de la {nenstruation.

Il est impossible d'être plus net et plus clair. — L'auteur, du reste, s'était déjà appesanti sur ce sujet en énumérant les suites funestes sur le système nerveux des suppressions incomplètes ou complètes des menstrues. N'oublions pas ce qui a trait à l'état du ventre : la constipation a une grande portée dans les maladies utérines, à cause de son voisinage qui, en certaines circonstances, favorise la rétention et les désordres des règles. De là le conseil de toujours entretenir la liberté du ventre chez les femmes.

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i40. — Ulélaiicolle avec délire immlneiit.

(LiNzosi. Ejih. Germ. Dec. 3, an 5. Obs. 223.)

Une fille de 1 4 ans, qui n'était pas encore réglée, devint mélancolique et taciturne : cette disposition, qui revenait périodiquement à répoque de la pleine lune, s'accompagnait de douleurs au dos et à la région pubienne. Quelques mois après être entrée en traitement, elle eut des flueurs blanches en quantité, et l'état nerveux s'aggrava : parfois elle riait, pleurait, se mettait en colère sans motif, et commettait des actes déraisonnables. On la mit à Tusage des martiaux et des antimoniaux : tous les symptômes disparurent, sans que parussent les règles.

Voilà un cas singulier, et qui ne manque pas d'intérêt. Gomment la guérison est-elle parvenue sans l'apparition des règles? Je ne me hasarderai pas à émettre une opinion. Toutefois il n'y a pas à s'y méprendre : ces douleurs lombaires avec mélancolie à retours périodiques, et ces bizarreries de caractère sont les indices certains d'un obstacle à l'évolution pubère. Du reste, certains auteurs, tels que M. Baillarger, pensent que ce n'est pas toujours un bon signe que de voir reparaître les règles avec la cessation du délire. Le plus souvent, dit-il, celles-ci ne reviennent que quelque temps après la guérison. Je rappellerai l'exemple d'une jeune fille qui ne dut son salut qu'à l'incurie de sa famille : celle-ci n'exécuta point la prescription, faite pourtant par de grands praticiens, et qui avait pour but de provoquer le flux périodique arrêté (Discussion sur la folie sympathique. — In Annales médico-psycholog . de 1857, t. m, p. 110). Quant à la concordance entre les besoins organiques et l'époque de la pleine lune, que certains aur teursont signalée, je ne puis ni me l'expliquer, ni y ajouter foi. On a vu ceque nous en pensions, n propos de l'épilepsie menstruelle inscrite au numéro 71 et fournie par Félix Plater, uiï ancien croyant.

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