MélaTieoUe hystériforme
[Deshille VILLE. Joumal de Vandermonde, 1759, t. X, p. 408.)
A l'âge de 21 ans, Constance de Vingue, s'étant mise dans une colère furieuse à rapproche de ses règles, tomba malade : ses mois ne parurent plus, et furent remplacés par des étouffements, une chaleqr insolite à Tépigastre, un hoquet très-pénible, et des vomissements noirs abondants, accompagnés de syncopes avec constipation opiniâtre. On la crut possédée, on l'exorcisa, et on la rendit plus souffrante encore. Elle prit alors des remèdes trèsforts, qui ramenèrent les règles, mais non les phénomènes qui les avaient remplacées. Les forces, en attendant, s'épuisaient. Le médecin, enfin appelé, décida avec plusieurs confrères qu'il y avait là tout simplement une mélancolie, et qu'il fallait décider d'un traitement. Celui-ci ramena le cours normal des règles, régularisa les selles, ranima les forces, et obtint la guérison.
Combien nous regrettons que la nature et les moyens de traitement n'aient pas été mentionnés ! Il y aurait, à cet égard, une foule de remarques à faire. Deux ordres de moyens étaient indiqués : ceux qui devaient rappeler le flux supprimé, en rétablissant son cours qui avait pris une fausse direction démontrée par la dyspnée et les vomissements de sang; — ceux qui devaient combattre l'état moral, sous la dépendance du trouble physique, mais n'exigeant pas moins une intervention spéciale pour le cas où la médication matérielle n'eût pas suffi pour opérer lagucrison. Car, si dans les folies sympathiques, la cure a surtout en vue l'origine première de la maladie organopathicjue , les désordres purement nerveux, purement psychiques s'enracinent à la longue, deviennent cause morbide à leur tour, et exigent , par conséquent , une attaque directe, parallèle*