‹ Des névroses menstruellesChapitre 89 sur 130 · Monomante incendiaire · texte numérisé non relu

Monomante incendiaire

[Annales judiciaires de Klein. Volume XHI.)

Une servante, âgée de 22 ans, mit trois fois le feu. Sa maîtresse avait remarqué chez elle de la tristesse ; elle restait longtemps absorbée par des réflexions, et poussait des cris pendant son sommeil. Des témoins affirmèrent que cette fille avait éprouvé, deux ans auparavant, une maladie qu'accompagnaient de violents maux de tête, une circulation très-agitée, des accès épileptiques : ils constatèrent que, depuis cette époque, la menstruation avait cessé.

Cet exemple est cité par Marc et par Henke, comme une preuve de l'influence des désordres génitaux sur la propcn-* sion incendiaire , qui est plus habituelle chesî les enfants à l'époque de la puberté, et particulièrement chez les petites filles. Le dernier de ces auteurs relate des textes de la chambre de Berlin et de la Faculté de Leipzig, énonçant que le trouble moral qui porte à incendier est souvent, d'après une remarque commune, sous la dépendance de troubles dans les fonctions sexuelles. Il a même cru pouvoir établir ce prin*cipe, que l'envie du feu, qui se manifeste fréquemment chez déjeunes sujets, résulte particulièreiiient d'une évo-

lution organique irrégulière, à l'époque ou à l'approche de la puberté. Osiander exprime la même idée dans son Traité du suicide ; — il l'explique en disant que l'appétence pour le feu se développe par l'effet du besoin de lumière qu'éprouvent les organes de la vision, privés d'une grande partie de leur irritabilité — à cause de la prédominance dans le cerveau du sang veineux au détriment du sang artériel.

N'y a-t-il pas lieu de se demander si la cessation des menstrues n'aurait pas été ici le résultat de l'aliénation ? N'est-ce pas à un cas de cette espèce que se rapporterait celui de cette honnête ouvrière qui, après avoir ressenti des vertiges et des bourdonnements, chaque année, lorsqu'elle n'était pas réglée, finit par mettre le feu? (Legrand du Saulle. — La folie devant les tribunaux, — 1864, page 463.)

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