Monomaiiie suicide
(Amard. Traité analyt. de la folie , 1807, p. 23.)
Une demoiselle, d'un tempérament bilieux, d'une constitution débile, d'un caractère irritable, a été sujette aux lipothymies dans ses premières années. De 14 à 18 ans, elle a eu les pâles couleurs ; à 22 ans, elle a été atteinte d'un scorbut, puis de céphalalgie, de maux d'estomac, de gonflement de la rate; enfin la menstruation a toujours été dérangée, et accompagnée d'orages. Aujourd'hui la malade a 36 ans : les jours qui précèdent les règles se font remarquer par une hilarité insolite, un bien-être extraordinaire; puis, subitement, survient un air sombre, triste, rêveur ; le pouls s'accélère, le corps s'agite, une chaleur monte du ventre à la tête, l'imagination se pervertit, — et mademoiselle se sent prise d'un penchant à la fureur et d'une envie excessive de se détruire.
On remarquera que les phases de l'accès se sont exactement produites : incubation, invasion, acmé. On constatera aussi, ce que nous avons signalé, les symptômes physiques qui précèdent, et accompagnent invariablement les folies instinctives: accélération du pouls, agitation anxieuse, chaleur montant du ventre à la tête, et céphalalgie.