Mo nomanies suicides
(Gendbin. Traité philosoph. de médecine prat, 1859, t. II, p. 18 tt stiiv.)
Une femme de 50 ans, chez laquelle on avait remarqué un certain degré de dérangement des facultés intellectuelles aux époques des règles, fut trouvée pendue à la tringle de son lit. Son mari déclara qu'elle était à cette époque.
Une fille de 19 ans, appartenant à une famille dans laquelle trois personnes s'étaient suicidées (son grand -père, son oncle, et sa mère), était à Tépoque de ses règles lorsqu'elle se jeta par une fenêtre d'un quatrième étage, et s'enfonça le crâne. La femme était en proie à un délire de l'instinct, lorsqu'elle s'est donné la mort, et la fille, sous l'influence d'une prédisposition au suicide, que divers auteurs ont signalée : J. P. Falret (De VhypO' chondrie et du suicide) ^ Gall [Fonctions du cerveau), Cazauvieil (Du suicide et de V aliénation mentale). Voltaire {Dictionnaire philosophique).
Il est regrettable, pour la science, que les auteurs de CCS faits se soient contentés de signaler la coïncidence du suicide avec l'époque menstruelle, sans indiquer les états de la menstruation. Celle-ci pourrait donc déterminer la folie, sans trouble de sa part; comme nous .l'avons vu, dans l'Observation 147, et dans quelques auteurs.
tSV. — Monomaiiie nutritive.
(De Blignt. Journal de médecine. !'• année, p. 262).
Une fille, d'un tempérament bilieux et un peu mélancolique, ressentit à Tàge de 12 ans et demie quelques douleurs à la région des reins. Les douleurs continuèrent quelques jours : des qu'elles eurent cessé, elle fut prise d'une envie de manger du linge, qu'elle rendait tel quel par les selles. Elle se cachait pour avaler des bardes, des chiffons, du fil, et n'aimait comme ali-
ments que les fruits crus. — Cette. envie ne la quitta point; lorsqu'elle avait passé 15 ou 20 heures sans en manger, elle sentait une vapeur lui monter à la tête, lui causer une douleur insupportable , dépraver le cerveau, et bouleverser les sens. Les règles n'ont jamais paru. — Le médecin conseilla le mariage pour faciliter l'éruption menstruelle, et n'hésita pas à attribuer à l'aménorrhée tous les accidents précités.
Ainsi que nous l'avons vu, les selles rendaient intacts les chiffons introduits dans l'estomac. On avait donc bien affaire ici à une dépravation instinctive, déterminant une aberration mentale, et non point à un avertissement salutaire de la nature, qui, parfois, semble avoir des exigences excentriques, mais n'en veut pas moins des choses utiles à notre santé.
Les exemples de cette espèce sont moins rares qu'on ne le croit, à l'époque de la puberté.
Quant au conseil médical du mariage, il est rarement suivi de succès. Le vulgaire l'approuve ; il y a là plus de préjugé que d'expérience. On a vu, cependant, dit-on, quelquefois, quoique rarement, des cas où il a fallu calmer les excitations utérines par une satisfaction de la nature. Mais je n'en garantis pas l'authenticité , quoi qu'en ait dit Louyer Villermay, en alléguant un succès (n° 121).
Ne pourrait-on pas admettre avec Beau — ainsi que le prouverait un exemple reproduit par la médecine contemporaine du 15 mai 1862 — certaines vésanies occasionnées par une affection utérine causant une dyspepsie, qui fournirait au sang des matériaux imparfaits, et créerait la chloro-anémie, facteur immédiat de la diathèse nerveuse?