‹ Des névroses menstruellesChapitre 96 sur 130 · Monomanie nntritiire · texte numérisé non relu

Monomanie nntritiire

(EsQUiROL. Maladies mentales, t. II, p. 75.)

Madame a toujours été sobre et d'une conduite régulière. A 42 ans, elle éprouve les premières anomalies de la menstrua-

tion : elle a des maux d'estomac et des lassitudes spontanées. Dans l'espoir de se fortifier, elle boit du vin ; elle se sent soulagée d'abord, elle augmente peu à peu la quantité, et finit par boire à l'insu de son mari et de sa famille. Plus tard elle se procure de l'eau-de-vie, elle s'enivre; et l'ivresse l'oblige à rester couchée une grande partie de la journée. Alors elle abandonne ses occupations ordinaires, n'a plus d'affection pour sa famille, s'irrite, et s'emporte si on la contrarie. — Cette dépravation a persisté pendant six ans. Les menstrues ont cessé de couler : peu à peu madame s'est bien portée, a pris en aversion les liqueurs fortes, même le vin, est rentrée dans ses habitudes de sobriété, et jouit d'une excellente santé jusqu'à l'âge de 72 ans.

Suivent deux Observations qui sembleraient dénoter également la provocation de l'âge à la même maladie.

Notre célèbre aliénistc accorde une influence considérable à l'écoulement des règles sur la production des aberrations de l'instinct, particulièrement de celui de la, nutrition ; comme il appert des remarques qui accompagnent ou précèdent tous les cas qu'il cite à sujet. Dans une note ajoutée au Traité de Griesinger, qui adhère avec réserve (page 240), M. Baillarger déclare qu'il a vu quelquefois la folie guérir évidemment par la suppression des menstrues chez les femmes arrivées à l'âge critique : et ces faits n'ont rien, dit-il, qui doivent surprendre, quand on songe à l'influence de l'anémie sur la production de la folie. Ce qui signifie : les femmes cessant de perdre, reprennent des forces, et guérissent de leur délire par le seul fait de leur restauration.

Nota. — Nous prions le lecteur de nous pardonner l'expression de monomanie nutritive, — employée pour rendre les délires liés aux aberrations de l'instinct de nutrition ; — nous n'avons pu trouver mieux pour traduire notre pensée.

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