‹ Des Opérations du Glaucome Chronique SimpleChapitre 4 sur 38 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le glaucome chronique simple est non seulement une des affections. oculaires que l’on rencontre le plus fréquemment dans la région de Montpellier, mais aussi une des plus graves, puisqu'elle entraine la cécité chez un grand nombre de malades. Quant à son traitement, il est encore très discuté. À ce triple point de vue, cette question nous a vivement intéressé.

C'est la forme du glaucome la plus commune, celle qu'on rencontre presque journellement dans les cliniques et que les débu: tants confondentsouventavecla cataracte. Elle comprend d’ailleurs un certain nombre d’atrophies optiques d'origines diverses, avec excavalion papillaire, et qui n’ont aucun rapport direct avec le glaucome.

L'affection débute sournoisement et se développe progressivement. [l peut survenir une poussée aiguë ou subaiguë, mais, d'ordinaire, la marche reste absolument régulière.

. Les deux yeux sont simultanément ou successivement atteints,

PSE mais ils se trouvent le plus souvent frappés inégalement et à intervalle d’un ou deux ans.

L’œil affecté de glaucome chronique simple conserve tout d’abord un aspect normal, puis la vision diminue, l’accommodation s’affaiblit, la sensibilité cornéenne devient obtuse, la pupille se dilate el paraît plus ou moins glauque, Jes vaisseaux ciliaires antérieurs se gonflent, la tension oculaire augmente, le champ visuel se rétrécit en dedans et en bas ; enfin les milieux se troublent et la papille s’excave.

La plupart des malades accusent simplement un peu de diminution de l’accommodation et de la vision ; ils croient souvent à un commencement de cataracte, mais une observalion attentive

à l'éclairage direct évité cette méprise.

L'examen ophtalmoscopique a, en l'espèce, une valeur exceptionnelle. On constate que la papille est déprimée en bloc et queles vaisseaux rétiniens font un coude à son pourtour; cette exCavation est pathognomonique.

Les vaisseaux ont une circulation génée, les veines sont gonflées sur le bord de la papille, les artères amincies. les capillaires tortueux.

Spontanément, ou à la moindre pression digitale, il existe des pulsalions artérielles et une exagération des pulsations veineuses de la papille. Dans les cas typiques, les troubles vasculaires, la päleur et la dépression de la papille constituent une trilogie symptomatique tellement caractéristique que, s’il y à quelque discordance entre ces éléments, il faut se tenir en garde contre la possibilité d’une erreur de diagnostic.

Le champ visuel est aussi très significatif, car il se rétrécit généralement en dedans et en bas du coté nasal, et plus rapidement pour le blanc que pour les couleurs ; cette particularité permettra parfois de faire le diagnostic avec l'atrophie optique, dans laquelle le rétrécissement est plus régulier et aussi marquée pour les couleurs que pour le blanc.

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À moins de poussée aiguë ou subaiguë, chose rare, le glaucome chronique simple aboutit lentement et progressivement à la cécité complète.

Les trailements indiqués pour lutter contre cette affection sont très nombreux. Nous étudierons longuement les procédés opératoires.

Quant au traitement médical, il nous parait utile d'en dire quelques mots ici.

Il convient d’ailleurs à tous les glaucomes et comprend l'application des myotiques, ésérine et pilocarpine. L’ésérine surtout est indiquée dans les cas de glaucome aigu, subaigu, ou irritatif, et la pilocarpine dans le glaucome chronique ; mais elles deviennent superflues lorsque l’atrophie irienne est trop avancée.

Les myotiques sont encore utiles dans la période prodromique, avant ou après les opérations, puis pour prévenir le glaucome du second œil après intervention sur le premier. Les mydriaüques seraient, en outre, d’un effet désastreux dans le glaucome.

Il est bon enfin de modifier l’état cardiaque, vasculaire ou nerveux des malades, de leur donner du sommeil, de régler leurs fonctions intestinales. |

Le traitement médical est souvent efficace et parfois suffisant pour produire une guérison relative et provisoire, mais il est prudent d’en venir de bonne heure au traitement chirurgical.

Les traitements opératoires sont plus nombreux et plus complexes. Cependant, au milieu de ce fouillis, il est possible de faire un choix. Nous avons vu opérer un grand nombre de glaucomes chroniques simples ; presque toujours, M. le professeur Truc a employé l’iridectomie. Sa longue expérience personnelle, appuyée sur les cas nombreux observés, soit à la Clinique, soit dans sa clientèle personnelle, lui a permis d'affirmer les résultats excellents que peut donner cette opération et $a supériorité sur les autres traitements opératoires. Ayant pu, nous-même, Con-

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ie 10 — stater cette influence heureuse, nous partageons la conviction de notre maître.

Nous possédons, en effet, une vingtaine d'observations de malades opérés par M. le professeur Truc, et dans lesquels presque toujours l’acuité visuelle et le champ visuel ont été, très heureusement et d’une facon durable, influencés par l'iridectomie. Pressé par le temps, nous n'avons pu reproduire ces faits - avec les détails et les graphiques qu'ils comportent, mais nous y reviendrons prochainement.

Notre étude comprend l'exposé de tous les procédés opératoires appliqués contre le glaucome chronique simple ; le manuel opé: ratoire est, en outre, pour chacun d'eux, très soigneusement indiqué. Nous avons essayé de les grouper, de les ordonner, et, au point de vue clinique, de les apprécier.

L'iridectomie étant pour nous l'intervention de choix, nous l'étudierons en dernier lieu, avec ses variantes opératoires.

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