‹ Des Opérations du Glaucome Chronique SimpleChapitre 9 sur 38 · LS CR VE · texte numérisé non relu

LS CR VE

cherchent à réaliser ce que nous appelons la cicatrice temporaire, car nous ne pouvons admettre que, lorsqu'une cicatrice

est devenue linéaire, blanche, presque invisible, elle continue

à filtrer alors même que le glaucome reste guéri. C’est ce que, du reste, le professeur Schnabel a bien fait ressortir depuis longtemps. La production artificielle œdémateuse indiquant par cet ædème qu’il y a bien réellement filtration à son niveau, et cela pendant un temps indéfini, en d’autres termes, la réalisation d'une filtration permanente n’est pas encore chose faite malgré d'assez nombreux essais. »

Et plus tard, dans la thèse d’un de 8es élèves *, il dit ceci :

«de Wecker a bien senti lui-même que l’on ne pouvait parler de filtration à travers des cicatrices fibreuses et plates, et il a été amené à écrire (Ann. d'ocul., août 1895) que, dans ces cas, la filtration se faisait de la chambre antérieure dans le système veineux de l'angle irien, grâce à des conditions nouvelles établies par la cicatrice. Mais c’est une hypothése pure que rien ne prouve ou même ne fait supposer. C’est renoncer à la vraie cicatrice à filtration, à la fistulette sous-conjonctivale, que sa rareté ne permet pas de faire accepter comme mécanisme habituel de guérison opératoire du glaucome, et se livrer à une

supposition absolument gratuite qui nous fait mal augurer de la :

solidité de la théorie générale de la filtration par des voies nouvelles créées par l'opération.»

La théorie de De Wecker, du rétablissement d’une filtration artificielle, nous paraît donc peu acceptable. Elle est condamnée par les recherches expérimentales de Schœler, par les 2xamens bistologiques de Schnabel, enfin par les recherches plus récentes de Rochon-Duvigneaud. Le but capital de la sclérotomie, à savoir la filtration durable de la cicatrice, n’est pas atteint. La cicatrice n'agit que pendant un temps très court, mais non d’une facon durable,

! Thomas ; Essai sur le pronostic du glaucome primitif. Thèse Paris, 1897.

DV

Nous reprocherons en outre à la sclérotomie de causer fréquemment de larges hernies de l'iris, des staphylômes iriens. C'est là, en effet, la pierre d’achoppement de cette opération.Tous les auteurs l'ont constaté et tous se sont efforcés de les éviter sans y arriver, dans les procédés qu'ils ont préconisés. Souvent même, la réduction de ces heranies est impossible, et l'on est obligé d’exciser la portion herniée, de faire une scléro-iridectomie, Opération que certains ont syslématisée, précisément à cause de cette complication post-opératoire.

Dans le même but on a conseillé la cicatrisotomie (de Wecker), l’oulétomie (Panas), la staphylotomie (Abadie). Nous reviendrons sur ces procédés.

Quant aux accidents reprochés à l’iridectomie (enclavements riens, hémorragies intra-oculaires, etc., etc.), ils peuvent tout aussi facilement se produire pendant la sclérotomie.

Enfin de nombreuses stalistiques prouvent que cette opération n'a pas toujours donné les résultats qu’on en espérait. Jany, Stefan, Schweigger, au Congrés d'Heidelberg (1879), ont cité de nombreuses observations de sclérotomie, notamment dans le glaucome chronique: presque toujours, ils durent pratiquer l'irideclomie quelques jours après.

Manolescu {de Bucharest) ‘ a publié une stalistique, scrupuleusement faite, de 38 cas de sclérotomie, et, de la critique de ces observations, il résulte que cette opération est palliative et non curative.

Trousseau ? a cité, à son tour, de nombreuses observations où la sclérotomie, appliquée au glaucome chronique simple, n’a nullement arrêté le processus. Ges observations sont empruntées à Panas, Abadie, Dehenne.

Berthaud * a analysé les observations des sclérotomies prati-

1 Manolescu ; Ann. d'Ocul., 12e série, tom. [IT, pag. 143, 1880. 2 Trousseau ; Thèse Paris, 1883.

3 Berthaud; Thèse Lyon, 1896.

op quées à la Clinique ophtalmologique de Lyon, et il conclut que les résultats ne se sont pas maintenus pendant longtemps, surtout au point de vue visuel. | De tout cela nous conclurons donc que :

1° La sclérotomie antérieure nous paraît indiquée, surtout dans le glaucome aigu et dans le glaucome hémorragique.

Dans le glaucome absolu, nous préférons la large ponction équatoriale, dans les cas où l’on ne veut pas faire l’énucléation.

Dans le glaucome chronique, simple ou inflammatoire, l'opération de choix est l'iridectomie ;

2° La sclérotomie est une opération très variable dans ses résullats. Elle n'est nullement curative, et, Le plus souvent, elle doit être suivie de l’iridectomie. Là où l'iridectomie échoue, elle ne donne rien. Elle abaisse la tension oculaire et peut augmenter uu peu l’acuité visuelle, mais ces résultats ne sont pas durables. Elle a besoin d'être répétée souvent pour avoir quelque efficacité ;

3° En outre, elle prédispose aux staphylômes et surtout aux prolapsus de l'iris. Quant à lous les reproches qu'a subis l'iridectomie, la sclérotomie peut les encourir.

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