TERMINAISON
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grosseur d*une châtaigne : ils étaient revêtus d’une couche extérieure plus jaune et plus dense^ d'environ une ligne d’ épaisseur.
Pendant que ces lésions multipliées apparaissent dans les organes de la circulation centripète et dans le sang qui y est contenu, l’économie tout entière en ressent les funestes effets : la peau prend une couleur jaune-paille ; les chairs deviennent flasques et tendent à l’infiltration séreuse ; il survient des accès fébriles, vagues ou réguliers, accompagnés de sueur visqueuse ; les forces diminuent par degrés, la respiration s’accélère, l’appétit se perd; la langue devient dans les derniers temps sèche et fuligineuse, il y a dévoiement, etc., la mort arrive après un temps plus ou moins long. Tel est le rapide tableau des phénomènes connus sous le nom de cachexie cancéreuse,
A Yautopsie cadavérique on trouve des masses cancéreuses dans un grand nombre d’organes, et constamment dans les ganglions mésentériques, dans le foie et dans les poumons.
Il nous reste maintenant à examiner quelle liaison existe entre ces divers phénomènes, quelle conclusion il est permis d’en tirer. La saine logique et une rigoureuse induction nous conduisent à reconnaître comme cause immédiate de tous les phénomènes généraux ci-dessus décrits, l’altération du sang, altération dont la source et le point de départ sont l’affection cancéreuse locale et primitive. Comment un caillot pourrait-il en effet se former dans
DES AFFECTIONS CANCEREUSES. 4^
le sang et devenir cancéreux , si ce liquide ne contient les éléments de la maladie ? Cette altération étant admise, il devient facile de comprendre la filiation, l’enchaînement de tous les autres faits : il existe entre la marche de cette affection et celle* de la maladie aujourd’hui connue sous le nom de résorption purulente une analogie qu’on ne saurait méconnaître. Mais comment cette altération du sang a-t-elle été produite ? La matière cancéreuse, parvenue à sa période de ramollissement, et devenue ainsi plus saisissable par les vaisseaux absorbants, a-t-elle été pompée par eux et transportée ainsi dans le torrent de la circulation à l’état moléculaire ? ou bien le cancer, dans sa marche ulcérative et envahissante', a-t-il altéré, érodé les veines , et versé dans leur intérieur le fatal poison? etc. Il nous importe peu de discuter ces questions; le fait seul nous intéresse, et c’est lui seul que nous adoptons et que nous défendons.
Je sais bien que pour compléter cette théorie il faudrait que des analyses du sang, faites chimiquement ou à l’aide du microscope, nous eussent démontré en quoi ce liquide , à l’état sain, diffère de celui des individus cpii ont succombé à la cachexie cancéreuse; mais peu de travaux ont été exécutés dans ce but: nous le regrettons vivement; car si l’on arrivait jamais à des résultats positifs, on éclairerait vivement la pathogénie et le traitement des affections cancéreuses.
Quelques expériences viennent d’être tentées par
TJiRMINAISOIf
M. Langenbeck de Goettingue, pour déterminer h s* effets de la matière cancéreuse injectée dans le système veineux. 11 n’a pas réussi d’abord , parce qu'il s’était servi de sanie écoulée d’ulcères cancéi eux; il était nécessaire de prendre des cellules fraîches de cancers récemment extirpés sur des individus vivants. Après avoir fait, sur un chien jeune et vigoureux, l’ouverture de l’artère fémorale, et en avoir retiré 240 grammes de sang, M. Langenbeck le défébrina et y mêla i5 grammes de suc cancéreux, blanchâtre, pris sur une tiunenr encore toute chaude, enlevée deux heures auparavant. Ce sang fut ensuite injecté dans la \eine lénioi ;i!e. La respiration, difficile d’abord, devint bieiUoI libre. Les deux premiers jours, le chien parut malade et eut de la fièvre; mais il était en apparence rétabli au bout de huit jours. Malgré une grande voracité, il maigrit plus tard considérablement. Quatre semaines après l’opération il fut tué : les poumons contenaient cpielques petites saillies lenticulaires qui ressemblaient en tout aux carcinomes humains; leur texlure lut vérifiéeau microscope. Cette expérience est pleine d’intérêt, sans doute, mais elle ne peut sulfire pour établir la transmission du cancer comme âl. Langenbeck a cru devoir l’admettre. Les tubercides trouvés dans les poumons pourraient bien n’élre en elfct fjtie des abcès, ayant jiour base on pour noyau cpielques globules de malièi’e cancéreuse, ai'réîés à leur passage à travers le système capillaire de ces oi-gaues, abcès comparables à ceux que le professeur
Cruveilhier a obtenus en injectant du mercure dans les veines. Il est donc à désirer que le résultat obtenu par M. Langenbeck soit soumis au contrôle de nouvelles et de nombreuses observations.