INFLUENCE DU CANCER SUR L’ÉCONOMIE; THÉORIE DE LA CACHEXIE CANCÉREUSE
Jusqu’ici nous avons considéré le cancer comme phénomène local, et nous avons étudié les phases qu’il parcourt depuis son origine jusqu’à sa complète et dernièi’e manifestation. Nous devonsétudier maintenant l’influence qu’i! exerce sur l’économie.
A une époque variable, suivant l’espèce de cancer, suivant les causes occasionnelles qui ont agi sur lui, etc., les ganglions auxquels aboutissent les vaisseaux lymphatiques provenant de l’organe affecté, se tuméfient. C’est d’abord un simple engorgement avec teinte rougeâtre, sans autre altération plus marquée; puis c’est une substance en tout semblable à celle du cancer primitif, pouvant suivre, comme elle, les périodes de crudité, de ramollissement et d’ulcération. Cette infection s’opère
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ordinairement de proche en proche , suivant les voies naturelles de la circulation; elle peut aussi se manifester sur des ganglions éloignés. C’est ainsi que, dans un cas de cancer à l’une des mamelles, sir Ast. Cooper a vu des ganglions se gonfler sous l’aisselle opposée. Enfin le centre de la circulation lymphatique est, à son tour, envahi : on a trouvé de la matière encéphaloïde dans le canal thoracique et dans les ganglions qui s’y rendent immédiatement.
D’un autre coté, lé système veineux, ou plutôt le sang qu’il renferme devient le siège de singulières et graves altérations. En 1817, M. Langstaff, disséquant une tumeur encéphaloïde, trouva de la matière cancéreuse libre dans l’intérieur de plusieurs veines , sans attacher d’importance à l’observation de ce fait. INIais en 1824 M. Velpeau présenta à l’Académie royale de médecine la pièce d’anatomie pathologique suivante : un testicule, quatre fois plus volumineux qu’à l’état normal, renfermait plusieurs masses encéphaloïdes; il en existait le long du cordon spermatique. l.a veine cave était entourée de tumeurs semblables, et l’on remarquait, dans la cavité de ce vaisseau, à cpiatre travers de doigt enviion au-dessus de la naissance des deux veines iliaques, un caillot fibrineux épais , adhérant, par sa partie supérieure, dans la longueur d’un pouce, et libre dans toute sa circonférence au-des.sous de l’adhérence. 11 se bifurquait inférieurement, et envoyait un prolongement dans chacune des veines iliaques; il existait dans son épaisseur plusieurs
amas de substance encéphaloïde non ramollie , et en tout semblable a celle qui formait les tumeurs placées à l' intérieur du vaisseau. M. Velpeau comprit la portée immense de ce fait et de quelques autres semblables soumis plus tard à son observation.
En 182.5, dans une polémique animée contre le solidisme de l’école physiologique, il attribua les phénomènes du cancer à l’altération du sang. Depuis lors des faits semblables se sont multipliés. M. Andral a trouvé de la matière cancéreuse dans l’artère pidmonaire; M. Cruveilhier, étudiant un cas de cancer de l’utérus et du vagin, a plusieurs lois aperçu de l’encéphaloïde dans les aréoles veineuses appartenant aux organes malades, ainsi que dans les veines du bassin. M. Gintrac a décrit l’altération suivante dans ses Mémoires et Observations de médecine clinique et d’anatomie pathologique : le rein droit était énormément développé et parsemé de matière cérébriforme ; sa substance, en grande partie dégénérée, était érodée, perforée et remplie de caillots de sang. Le rein gauche contenait aussi plusieurs tubercules cancéreux, mais ofliait une désorganisation moins avancée que le pi’emier. Les veines caces et azygos étaient remplies d'une matière encéphaloïde absolument pareille à la dégénérescence cancéreuse ramollie. ( ette matière 11 adhéunt point aux parois y qui d'ailtew s n'étaient qu un peu plus rouges que dans l'état normal ; on retira de la veine caoe inférieure deux fragments de cette substance arrondie et de la