‹ Des opérations qui se pratiquent sur les muscles de l'oeilChapitre 2 sur 14 · SUR LES MUSCLES DE L’OEIL · texte numérisé non relu

SUR LES MUSCLES DE L’OEIL

Peu d’opérations chirurgicales sont pratiquées sur les muscles de l’œil. Une seule , leur section transversale près de leur insertion scléroticale, a été , dans ces dernières années , proposée , et souvent exécutée avec succès pour combattre le strabisme et quelques autres vices de la vision. C’est surtout de cette opération que je traiterai dans cette thèse.

Mais je dois en indiquer deux autres qui , moins importantes , méritent cependant de n’être pas complètement passées sous silence. La première consiste à disséquer et à rétablir dans leurs rapports normaux les extrémités d’un muscle divisé, et greffées sur l’œil d’une manière vicieuse, quand il est résulté de cette division une déviation de l’organe en sens inverse de celui dans lequel il se trouvait auparavant. Cette opération, proposée et exécutée aussi dans ces derniers temps pour corriger cette sorte de strabisme consécutif à une première section musculaire, sera décrite à l’occasion de ce vice de direction des yeux, lorsque je m’occuperai des moyens de remédier aux accidents qui accompagnent ou qui suivent la myotomie oculaire. Quanta la deuxième

opération , qu’il me suffise de la nommer : c’est V acupuncture et V électro-puncture , qu’on a quelquefois dirigées contre la paralysie de certains muscles de l’œil. Comme cette petite opération ne diffère pas, dans ce cas, de ce qu’elle est dans tous les autres cas où on l’applique , elle ne m’arrêtera pas plus longtemps. D’ailleurs, son peu d’importance et l’abandon presque complet dans lequel elle est tombée aujourd’hui, m’autorisent à en agir ainsi.

Mais avant de parler de la section isolée ou collective des différents muscles de l’œil , je vais m’occuper de décrire les organes sur lesquels elle porte et dire quelles sont leurs fonctions. Car cette opération , quelque simple qu’elle soit, ne peut être bien comprise et bien exécutée qu’autant qu’on connaît d’avance la position , les rapports, la structure et les usages des parties sur lesquelles on la pratique.

Je ne me dissimule pas que cette partie de mon sujet n’en est ni la plus facile, ni la moins controversée; car elle touche à ce que l’anatomie a de plus minutieux et de plus ardu à rendre évident par la dissection ; à ce que la physiologie emprunte de plus abstrait à la physique dans l’explication des phénomènes de la vision. Aussi, pour élucider autant que je l’ai pu ce qu’elle présente encore d’obscur et d’incertain , je me suis attaché à vérifier sur le cadavre les diverses descriptions données par les auteurs. J’ai fait représenter dans des planches et je vais m’efforcer d’exposer clairement ce que je crois être la véritable disposition des muscles et des aponévroses de l’œil. Enfin je terminerai par quelques mots sur les fonctions qui leur sont attribuées.

Page 1