OBSERVATION XIII
AIME GuINARD (séance du 7 avril 1893 du Congrès français de chirurgie) (Ann. de Gyn., n° 39, p. 491).
Une malade de 33 ans s’est présentée à lhôpital Saint- Louis, au troisième mois de sa cinquième grossesse. Trois de ces grossesses se sont passées normalement. Les accouchements ont eu lieu à terme. Les trois enfants sont vivants. Le quatrième a nécessité l’emploi du forceps, l’enfant était mort. Avant la suspension de ses dernières règles, cette malade avait des ménorragies très abondantes et un peu de lencorrhée.
À son entrée à l'hôpital Saint-Louis, en août 1892, elle se plaint de douleurs très vives dans le ventre.
L'examen montre deux tumeurs qui semblent distinctes : l’une qui occupe la fosse iliaque gauche, remonte au-dessus de lombilic et rappelle par sa rénitence un utérus gravide; l’autre, qui remplit le petit bassin du côté droit, est dure, lisse, et beaucoup moins mobile. Entre les deux tumeurs, se trouve l'ovaire droit appendu à l'utérus et douloureux au palper.
On porte le diagnostic de corps fibreux tenant au bord droit d’un utérus gravide; et comme il est aisé, par le toucher vaginal, de s'assurer que laccouchement par les voie natu-
Te te
relles sera impossible, on décide la malade à accepter une opération.
Le 6 septembre, je fais une longue incision sus-pubienne et trouve un corps fibreux du volume d’une tête de fœtus à terme inclus dans le ligament large droit. Après avoir incisé le ligament large, j’énuclée la tumeur et place une solide ligaturé en chaîne à la soie sur un pédicule peu volumineux. Suture du ligament large en surjet, pas de drainage.
Les suites de cette opération ont été très simples et, quand la malade sortit de l’hôpital, un mois après l’opération, l'utérus gravide avait repris sa position sur, la ligne médiane. Elle a accouché sans incident aucun à 7 mois 1/2.