‹ Des Opérations Utérines et Juxta Utérines: Pendant la GrossesseChapitre 5 sur 38 · RE US · texte numérisé non relu

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une femme enceinte ces dangers, dont le moindre était l'infection.

D'un autre côté, provoquer l'avortement était un crime stigmatisé par les diverses sociétés savantes de l'Europe, et on se souvient encore de ces longues discussions qui, au'commencement du siècle, partagèrent les accoucheurs entre Ashwell et Ingleby.

Quant aux opérations, même d'urgence, pendant la grossesse, on n’en parlait même pas. Il fallait attendre le terme douteux d’une grossesse pénible et douloureuse. Alors seulement on intervenait par la version ou l'application des forceps, avec, pour seule ressource, l'opération césarienne, si ces manœuvres ne donnaient pas de résultat.

C'est seulement en 1876, grâce à la méthode antiseptique de Lister, que naquit la chirurgie obstétricale. Désormais on ose intervenir. Des opérations nouvelles se créent. On ne craint plus de toucher à ce péritoine, dont le seul contact était auparavant un arrêt de mort. Les gynécologues se livrent à des opérations de plus en plus radicales ; de sorte que, au moment où se pose la question de l'intervention pendant la grossesse, les chirurgiens, las de voir mourir les malades sans pouvoir les secourir, ainsi qu'il arrivait trop souvent avec les anciennes méthodes, essayent de les sauver en opérant, et deviennent de plus en plus interventionnistes. Tellement interventionnistes que, dans une grossesse compliquée de tumeur, ils n'hésitent pas à supprimer à la fois tumeur et grossesse.En 1876, Porro pratique l'hystérectomie partielle, aussitôt répétée pour la première fois en France par Fochier, de Lyon, le 2 février 1879,

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avec un succès complet pour la mère et pour l'enfant. En 1879, Bischoff tente l’ablation de l'utérus en entier. Bien d’autres les suivent dans cette voie.

En 1885, Hegar et Kaltenbach (1) résument la question relativement aux interventions pour kystes de l'ovaire, durant le cours de la grossesse. Ils sont partisans d’une simple ponction du kyste, s'appuyant sur un grand nombre de faits relatés par Spencer Wells (2).

En 1886, dans sa thèse d’agrégation sur la grossesse compliquée de kyste ovarique, Remy reprend la discussion et constate que, dans un quart des cas, la ponction a été suivie d’avortement et parfois de mort. Il montre que lovariotomie, pendant la grossesse, donne une mortalité notable : 19,4 0/0 pour la mère et 50 o/o de mortalité pour l'enfant.

Ces résultats peu encourageants tiennent vraisemblablement à ce que, dans la période antérieure à 1885 ou 1886, on n'intervenait pendant la grossesse que pour des cas graves, et que, le plus souvent, on attendait beaucoup trop pour opérer ; de sorte que, au traumatisme chirurgical, venait s'ajouter un état général mauvais, porte ouverte à toutes les complications.

En effet, à mesure que se généralise la pratique des opérations pendant la grossesse, les statistiques s’améliorent.

Schræder, en 1886 (3), ne regarde pas la grossesse comme une contre-indication des interventions. Sur

(1) Trait. de Gynécol. — Trad. de la 2° édision. (2) London diseases of ovaries.

(3) Maladies des org. gén. de la femme, p. 434.

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douze cas qu'il rapporte d'opérations durant la grossesse, il a sauvé neuf enfants sans perdre de femme.

Depuis, les faits se sont succédés avec une égale éloquence. Monod (1), Angelini (2), Richardson (3), ajoutent leurs succès aux cas heureux déjà cités.

En 1892, Dsirne (4) fait un résumé de la question et ne cite pas moins de cent trente-cinq cas d'ovariotomie au cours de la grossesse. Enfin, en 1899, Hurel (5), dans une thèse faite dans le service de M. le professeur Laroyenne et inspirée par M. le professeur agrégé Condamin, n'hésite pas à conclure non seulement que le pronostic de l’ovariotomie n’est pas plus grave pendant la grossesse, mais que encore, pendant toute la durée de celle-ci, même au dernier mois, le seul traitement rationnel des kystes de l'ovaire doit être l’ovariotomie. Plus récemment encore, Bovée (6) a recueilli trente-huit observations de double ablation des annexes pendant la grossesse. Sur ces trente-huit cas, trentesept femmes ont guéri, et, chez un grand nombre, la gestation n’a pas été troublée.

La question est donc définitivement tranchée pour les interventions, pendant la grossesse, sur les trompes et les ovaires.

Mais les auteurs sont brefs, en général, sur les opérations utérines proprement dites pendant la grossesse.

(1) Société de chirurgie, 1888.

(2) Bologne, 1889. — 6e Congrès de la Socicté italienne de chirurgie. (3) Boslon Soc for. medical improvement, 1889.

(4) Semaine médic., 1892, p. 500.

(5) Thèse de Lyon. — Aysées de l'ovaire et grossesse.

(6) Americ. Journ. of obstetric., fév. 1900.

Les chirurgiens n’'osent pas opérer. Les observations sont rares, et la conduite à suivre, difficile à arrêter. Or, puisque ces interventions au voisinage de l'utérus ont donné d'aussi beaux résultats, ne peut-on être plus hardi encore et oser atteindre directement cet utérus mème, en état de grossesse?

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