OBSERVATION III
Le sujet est un poulain âgé de 7 mois environ. Il était atteint de gourme depuis trois ou quatre semaines, sous une une forme peu grave et sans que l’on puisse préciser l’étendue exacte de l’infection, car le traitement fut institué par le propriétaire lui-même. Nous savons seulement qu’il présentait un abcès de l’auge.
Le 15 janvier 1926, on remarque que l’animal a de la diarrhée et les yeux injectés de sang.
L'animal est examiné le lendemain et voici ce que nous avons observé : Cu
Sur l’œil droit, la cornée est sensiblement normale, mais la chambre antérieure a perdu sa transparence au point qu'on n’aperçoit pour ainsi dire plus la pupille. L’humeur aqueuse, dans son ‘ensemble, est d’une belle teinte gris verdâtre. L’opacité est moins marquée dans les zones supérieures, mais vers le bas, au contraire, il y a condensation
avec une couleur nettement rougeâtre (hypohéma).
A gauche, on trouve des altérations de même nature, mais moins marquées. Par contre, sur la cornée, on note, au centre, une petite zone circulaire dépolie.
Pour les deux yeux ,il y a une photophobie intense.
Après quelques jours, avec un traitement approprié, l’état général s’était amélioré. De même, les symptômes oculaires
montraient une légère régession.
Une semaine après le premier examen, la chambre antérieure de l’œil gauche était redevenue presque complètement limpide, à l’exception d’un petit dépôt de la grosseur et de la forme d’une fève. A droite, l’altération était encore beaucoup plus visible. La partie opaque, de couleur gris jaune, était bien descendue en région déclive, mais, se trouvant relativement compacte, elle ne s’était pas étalée à la façon d’un liquide.
L’exsudat donnait ainsi l’impression d’un corps solide nageant dans l’humeur aqueuse, L’iris était de couleur gris jaunâtre verne. La pupille, d'aspect et de dimensions normales, laissait voir un cristallin sans altérations appréciables.
Quelques jours après, toutes traces ‘de lésions oculaires avaient disparu, et, depuis cette époque, aucune récidive n’a été constatée.
PAT UIES OBSERVTION IV
Pouliche, 2 ans, baie, demi-sang, affectée de gourme, appartenant à M. B.…., de V... (Ain),
Nous sommes appelé le 20 septembre 1928, pour cet animal, qui présentait des symptômes dyspnéiques inquiétants, avec cornage intense. Il était en outre très affaibli, amaigri et ne mangeait plus, au dire du propriétaire. Au premier abord, nous remarquons que la région parotidienne inférieure est le siège d’une tuméfaction diffuse, chaude et senisible. On dénote assez facilement de la fluctuation profonde.
Le diagnostic de gourme avec abcédation des ganglions parotidiens, nous apparaît comme évident.
Nous fonctionnons d’après la méthode particulière aux ponctions d’abcès de la région parotidienne : Recherche du foyer purulent à l’aide de la sonde cannelée, puis élargissement avec les ciseaux courbes.
En outre, nous pratiquons une injection de 60 centimetres cubes de sérum antistreptococcique, dans la veine jugulaire. |
Le 22 septembre, nous pratiquons une nouvelle injection de sérum antistreptococcique de 30 centimètres cubes par voie sous-cutanée.
L'état de notre sujet s'était prodigieusement amélioré.
Le 2 octobre, alors que l’animal semblait aller mieux et ‘reprenait appétit, le propriétaire nous prévint qu’il avait < mal aux yeux ».
Nous observons alors du larmoiement et de la photophobie, de la tuméfaction des paupières.
Le liquide de la chambre antérieure est trouble et on aperçoit un commencement de dépôt filamenteux rougeâtre, début d’hypohema.
Vraisemblablement, nous avons affaire à une irido-cyclite
gourmeuse.
ET er
Nous prescrivons des instillation répétées, cinq ou six fois par jour, de la préparation suivante :
Sulfate neutre d’atropine .. ggr.10 Eau RE UE me ee 1 gr.
comme s’il s'agissait de fluxion périodique.
Au bout d’une douzaine de jours, la poussée inflammatoire qui avait atteint à peu près également les deux yeux, s’était calmée. j
Néanmoins, on observe encore, à l’instant où nous écrivons, des synéchies aux deux yeux et en particulier à l’œil droit, où elles obstruent presque toute la pupille et cachent le cristallin en voie de cataracte.
L'animal n’y voit pas de cet œil.