‹ Des ophtalmies infectieuses secondairesChapitre 2 sur 15 · LU L · texte numérisé non relu

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Introduction

Du cadre de notre étude, nous rejetterons systématiquement :

— Les ophtalmies d’origine traumatique;

— Les ophtalmies qui accompagnent certains étais morbides encore mal connus :

(leucémie qui, en fait, est peut être une affection microbienne; arthritisme; diabète à la suite duquel évolue fréquemment la cataracte; albuminurie; rhumatisme (1).

— Les ophtalmies d’origine parasitaire : |

(Cysticercose oculaire chez le porc ladre; filarioses oculaires; conjonctivite granuleuse due à des larves de spirures; trypanosomoses : lymphangite conjonctivale cryptococcique qui est susceptible de gagner la cornée et même la sclérotique.)

— Les ophtalmies « enzootiques » sévissant dans certaines régions.

Nous nous bornerons aux ophtalmies d’origine mi-

(1) Le rhumatisme qui, au moins chez l’homme, est certainement d’origine microbienne, s’accompagne parfois chez ce dernier d’iridocyclite.

crobienne. Et, parmi celles-ci, nous choisirons plus spécialement celles qui sont secondaires à des maladies infectieuses et qui, pour cette raison, peuvent se rencontrer sur plusieurs sujets à la fois et même présenter un caractère de semi-contagiosité.

Nous n'envisagerons pas le traitement de ces diverses complications oculaires, traitement qui, évidemment, devra comporter deux grandes indications: traitement général, causal d’une part; traitement local, symptomatique, d'autre part.

Généralités

Ayant délimité le cadre dans lequel nous devons évoluer, nous donnerons quelques généralités sur ces « ophtalmies secondaires »,

Puis, nous décrirons leur symplomatologie en détail, avec Va maladie qui préside à leur apparition. Ces symptômes sont, du reste, ceux des ophtalmies primitives banales et Ja différenciation ne peut évidermment résider que dans Vétiologie: dans la présence où Vabsence de maladie générale concomitante,

Par exemple, les symptômes de Virido-cyclite primitive récidisante du cheval, connue surtout sous le nom de « fluxion périodique », et ceux des frido-cycites secondaires, sont à peu près les mêmes,

Nous verrons néanmoins qu'il existe des variantes, des différences de détail,

En chinique vétérinaire, Vophtalmie est une complication possible :

— De 14 maladie du jeune Gge chez le chien;

— De la gourme, de ls fièvre typhoïde et de la pneumonie infectieuse chez Ve cheval ;

— Du coryza gangréneux chez le bœuf;

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__ De l’agalaxie contagieuse chez la brebis et la chèvre.

Plus rarement, on l’a signalée à la suite de morve, tuberculose, infections des jeunes même.

Enfin, elle s’observe dans diverses maladies dites « éruptives >» (horse-pox, clavelée, etc.).

L’étiologie de ces OR est, on le voit, Le plus variées.

Quant à la pathogénie, elle offre quelques variantes, suivant que seul l'agent spécifique de la maladie intervient pour déterminer la localisation oculaire ou que des germes secondaires, banaux, entrent en lice.

La plupart du temps, les organismes sont d’abord infectés par l’agent déterminant et ses toxines, et sur ces organismes ainsi affaiblis se greffent les agents de suppuration qui provoquent les lésions suppuratives, lesquelles extériorisent le mal.

C’est le cas pour l’agalaxie contagieuse de la brebis et de la chèvre, par exemple. Dans cette maladie, en raison de la diversité des manifestations cliniques : mammaires, articulaires, oculaires, il‘faut bien admettre qu’à un moment donné, le sang charrie des microbes ou leurs toxines. (Du reste, le sang, dans les formes graves, se montre virulent.)

Les microbes cherchent un lieu de colonisation. Et Bridré et Donatien, en partant de matières virulentes provenant des localisations diverses, en particulier de l'œil, ont isolé l’agent pathogène (un virus filtrant) qu’ils ont: cultivé. Par la suite, sur les organes affaiblis par leur lutte contre le microbe, altérés par l’élimination des toxines de ce. dernier, se greffent des

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infections secondaires. Et ainsi s'installent des lésions suppuratives de lPœil: ulcérations consécutives à la suppuration de la chambre antérieure, pouvant aboutir à la fonte purulente de l’œil.

C’est que les milieux-oculaires, bien que pauvres en éléments nutritifs, peuvent devenir un excellent milieu de culture au cours de nombreuses affections microbiennes.

On sait que la bactéridie charbonneuse prend dans l'humeur aqueuse une forme filamenteuse et produit des spores après 48 heures.

Le staphylocoque cultive très bien dans les milieux oculaires.

L’agalaxie contagieuse de la brebis et de la chèvre a été reproduite par injection cornéenne de lait d’animaux malades, filtré sur bougies Berkefeld (Celli et de Blasi).

Le virus aphteux inoculé dans la chambre antérieure de l’œil des bovidés, transmet la maladie (Mézingescu, Baroni, Calinescu).

La tuberculose (Conheiïm), la syphilis (Bertarelli) ont été reproduites expérimentalement de facon analogue chez le lapin.

De même, la rage expérimentale est obtenue chez le lapin par injection dans la chambre antérieure de l'œil d’une émulsion de centres nerveux virulents (Galtier). C’est même un moyen de diagnostic expérimental de la rage très sûr et assez pratique.

Etant donnés tous ces faits, on ne peut être surpris d'observer des troubles oculaires comme complications de maladies infectieuses générales.

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Ces troubles sont plus ou moins fréquents suivant la maladie envisagée. Ils peuvent être la règle dans certaines maladies, l'exception dans certaines autres.

Par exemple, dans le coryza gangréneux des bovidés, les symptômes classiques les plus constants sont ceux fournis par l’œil et la pituitaire.

De même, dans l’agalaxie contagieuse de la brebis et de la chèvre, les symptômes oculaires se rencontrent très souvent.

Ils sont relativement fréquents dans d’autres affections, telles que la maladie du jeune âge chez le chien.

Enfin, ils sont parfois très rares, considérés comme des complications exceptionnelles, voire même curieuses. C’est le cas pour la tuberculose.

Manifestations oculaires particulières à chaque maladie

Nous envisagerons, en premier lieu, les ophtalmies secondaires chez le cheval, car elles nous paraissent très importantes. Elles s’observent, en effet, au cours de trois grandes maladies épizootiques de cet animal : gourme, fièvre typhoïde, pneumonie infectieuse.

D’autre part, elles tirent un intérêt sérieux de ce fait qu’il y a lieu de les distinguer de l’irido-cyclite primitive du cheval ou « fluxion périodique ».

Après cette étude des ophtalmies secondaires du cheval, nous ferons celles des complications oculaires des maladies microbiennes des autres animaux.

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