‹ Des ophtalmies infectieuses secondairesChapitre 5 sur 15 · FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE

En ce qui concerne cette affection, il y a lieu de distinguer : les conjonctivites d’une part, les irido-cyclochoroïdites d’autre part. Les premières sont la règle, font pour ainsi dire partie du cortège symptomatique de la maladie typhoïde; les secondes sont relativement rares.

1° CONJONCTIVITES. — La conjonctive est infiltrée ou œdématiée (Hertwig). Elle forme parfois un bourrelet rouge jaunâtre qui déborde les voiles palpébraux (Kowalavsky). Les vaisseaux se dessinent en arborisations brunes sur le fond jaune qu’elle présente. La paupière supérieure, fortement tuméfiée, est sensible et recouvre le globe oculaire.

D’après Dickerhoff, la kératite pourrait accompagner la conjonctivite. Il a vu une conjonctivite érysipélateuse qui s’est propagée sur la cornée et Piris.

Assez souvent également, la sclérotique offre une teinte jaunâtre et forme autour de la cornée un anneau saillant grisâtre.

Au début, la cornée est onctueuse, irisée ; parfois, elle semble saupoudrée ou fumée; plus tard elle devient bleuâtre ou laiteuse: sa périphérie est injectée (Friedberger et Frôhner).

Ces lésions de la cornée ou de la sclérotique sont à la vérité assez rares. Et, en général, on n’observe qu’une conjonctivite pure.

C’est ainsi que Nieder, au cours d’une épidémie, vit la muqueuse oculaire des malades, ayant une teinte allant du jaune ictérique à l’acajou foncé, en passant par le rouge safrané.

Fyot a constaté dans une épizootie qui a sévi sur l'effectif d’un régiment de chasseurs, frappant 210 animaux, des troubles oculaires à peu près constants. Ils consistaient le plus souvent en des conjonctivites accusées, avec larmoiement et photophobie. Deux chevaux présentèrent de l’iritis. Ces troubles disparurent

rapidement et aucune récidive ne fut enregistrée.

Ceci nous conduit à parler des irido-cyclites.

2° IRIDO-CYCLITES. — Elles sont intéressantes car elles peuvent simuler la « fluxion périodique » par l’ensemble de leurs manifestations.

L’iris est congestionné et gonflé: l’humeur aqueuse est trouble; un exsudat hémorragique ou un véritable

tout

hypopyon apparaît dans la chambre antérieure (Decroix, Labat, Trasbot, Bongartz).

D’après Labat, cette ophtalmie simule la fluxion périodique, mais elle en diffère par l’absence de récidive. Nous reviendrons sur ce sujet, quand nous ferons l'étude comparative chez le cheval, des irido-cyclites

primitives et secondaires.

Nicolas, sur une vingtaine de chevaux qui avaient été atteints de fièvre typhoide et avaient présenté des troubles oculaires ressemblant à ceux de la « fluxion », rencontra, après atropinisation, les symptômes et les lésions chroniques de l’irido-cyclite et de l’irido-choroïdite

« Injection quelquefois persistante des vaisseaux ciliaires, soulevant la conjonctive et paraissant violacés ; cornée plus ou moins opacifiée, envahie à la périphérie par de fins vaisseaux rayonnés et arborisés ; iris terne, atrophié, déchiré, dilaté irrégulièrement, incomplètement ou pas du tout ; opacité du cristallin allant jusqu’à la cataracte complète. »

Pour Cadéac, l'apparition dans une maladie fébrile, de cette ophtlmie, accompagnée de stupeur, a une véritable signification diagnostique qui doit orienter. le clinicien vers la fièvre typhoïde. L'évolution de cette ophtalmie est rapide, sa durée est éphémère, sa résolution s'effectue promptement. L'animal peut cependant demeurer aveugle après l’évolution de la maladie. (Decroix, Trasbot, Varoquier).

Er.

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