‹ Des ophtalmies infectieuses secondairesChapitre 6 sur 15 · PNEUMONIE INFECTIEUSE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE INFECTIEUSE

Les complications d’ophtalmie sont plus rares que dans la fièvre thypoïde. Elles existent néanmoins.

Déjà, Mouquet et Nieder avaient pu contrôler l'existence d’une infiltration de l’œil du même côté que le poumon atteint, dans les pneumonies simples.

Mais, c’est surtout au cours des enzooties de pneumonies infectieuses, qu’on peut observer des lésions oculaires.

Luyk a constaté la kératite ulcéreuse.

L’iritis exsudative et hémorragique peut également se manifester.

Nicolas a vu deux cas de pneumonies infectieuses se compliquer d’irido-cyclite aiguë. L’un des chevaux fut trouvé aveugle au début de la convalescence. Il existait de nombreuses synéchies des deux côtés, obstruant en partie la pupille et cachant le cristallin en voie de cataracte. Le second fut pris dès les premiers jours de la maladie, d’un accès d’irido-cyclite double ; cinq mois après, il ne restait comme traces de l'affection que des synéchies des deux côtés.

Cet auteur, parmi les symptômes non permanents, observés au cours de la pneumonie infectieuse, a noté : la teinte capucine des conjonctives, sur trente-six malades, la teinte cyanosée, sur sept malades : la conjonctivite purulente sur deux malades ; un seul cas d’hypohéma, à la suite d’une syncope avec chute sur la tête. |

Schindelka a relaté deux observations recueillies sur des chevaux atteints d’influenza. Dans la premiè-

re, en dehors d’une tuméfaction de la conjonctive avec injection périkératique, il y avait rétrécissement de la pupille. Aprs dilatation de celle-ci à l’attropine, aux premiers jours on vit la pupille fortement injectée dans une partie de son étendue ; la zone rétinienne voisine était saillante et moins transparente ; ses vaisseaux étaient peu visibles. Bientôt, l’autre œil présenta de semblables altérations. Plus tard, des petits foyers hémorragiques se .produisirent dans la rétine et un trouble floconneux apparut dans le corps vitré. Ces symptômes s’atténuèrent peu à peu, mais les vaisseaux de la rétine restèrent ondulés.

Le deuxième malade mourut le deuxième jour. La section de l’œil montra une infiltration hémorragique des tissus entourant le globe oculaire. Sur une longueur de deux centimètres, à partir du bulbe, le nerf optique était tuméfié, moins consistant, plus rouge qu’à l'état normal ; il y avait du sang épanché entre les faisceaux nerveux. La papille était rouge et saillante. Au voisinage, on apercevait une sorte de vésicule de la grosseur d’un pois, formée par la rétine

décollée ; la cavité ainsi produite contenait un liquide séreux, hémorragique.

IRIDO-CYCLITES SECONDAIRES ET FLUXION PÉRIODIQUE

Toutes ces lésions de l’œil qui font suite, chez le cheval, soit à la gourme, soit à la fièvre typhoïde ou à la pneumonie infectieuse, sont intéressantes, non seulement au point de vue de la pathologie pure, mais

également au point de vue de la jurisprudence vétérinaire,

MONC-ATE

En effet, elles ressemblent souvent étrangement à celles observées au cours de cette entité morbide encore mal connue dans son étiologie, qu’on désigne sous le nom de fluxion périodique, laquelle, aux termes de la loi du 2 août 1884, est au nombre des vices rédhibitoires chez le cheval, l’âne, le mulet.

Les lésions de l’irido-cyclite et de l’irido-choroïdite ne portent pas le cachet de la cause qui leur a donné naissance. (Nicolas).

L’irido-cyclite symptomatique d’une maladie infectieuse, ne se distingue pas, par ses lésions, des iridocyclites « idiopathiques ».

Et, quand l'expert observe seulement la contraction de la pupille, des synéchies postérieures avec ou sans opacités cristalliniennes, il ne pourra conclure à la rédhibition.

Dans ces conditions, l’expert mettra l’animal en fourrière, prescrira de le faire travailler et attendra le retour possible de l’accès. Si après deux mois, la fluxion ne se manifeste pas, il rendra compte de sa mission.

Si, pendant la durée de la fourrière, l’accès réapparaît, l’expert conclut à l’existence de l’ophtalmie rédhibitoire. Quand l’accès ne s’est pas reproduit deux mois aprs la mise en fourrière, lexpert se prononce pour l’inexistence de la fluxion périodique.

À l'appui de cet opinion, E. Renault faisait remarquer que la « loi, en accordant trente jours comme délai de garantie pour la fluxion périodique, a résolu cette question, sinon scientifiquement, du moins au point de vue de la justice : elle a supposé que l’inter-

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mittence des accès ne pouvait pas être de plus de trente jours ; conséquemment, lorsque deux fois trente jours se sont écoulés sans qu’un nouvel accès ait apparu, il y a présomption au point de vue de la loi, que la maladie rédhibitoire n'existe pas, et l’expert peut conclure en toute sûreté de conscience. Il pourra scientifiquement ne pas avoir raison, mais ses conclusions seront en rapport avec l’esprit et la lettre de la loi. »

Quoi qu’il en soit, il n’existe pas de signe crucial parmettant de faire la différence à coup sûr entre la fluxion périodique et les ophtalmies internes secondaires.

Pourtant, certains auteurs ont voulu voir soit dans la synéchie, soit dans la récidive, l'indice certain de la fluxion périodique.

Aïnsi, Rolland estime que l’expert doit conclure à la rédhibition lorsque l’examen de l'animal litigieux décèle la présence de synéchies postérieures déterminant la déformation de la pupille. Nous ne sommes pas de cet avis, car nous avons vu plus haut que les synéchies sont souvent le reliquat d’ophtalmies consécutives à la gourme, la fièvre typhoïde ou la pneumonie, de sorte qe, là encore, l’expert doit mettre l’animal en fourrière.

Du reste, la majorité des auteurs, et, en particulier Dessart et Schimmel, se refusent à accorder à l’iritis et à la synéchie postérieure l'importance que leur octroie Rolland.

Toutefois, il faut reconnaître que, si la synéchie postérieure n’est pas un signe pathognomonique de

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la fluxion, elle en est, néanmoins, un signe de grande probabilité ; parce que les cas où elle se rattache à des iritis secondaires survenus dans le cours des maladies infectieuses susdites, sont relativement rares.

En somme, on voit que malgré les progrès réalisés en ophtalmologie, le diagnostic de la fluxion périodique dans l'intervalle des accès, est très difficile, pour ne pas dire impossible.

Pour ce qui est de la récidive, d’après Nicolas, les inflammations de l'iris et du corps ciliaire, symptomatiques, ne présentent pas de tendance à la récidive — alors que les inflammations essentielles, idiopathiques, présentent une tendance manifeste à récidiver, : sans que pour cela la récidive soit une chose fatale, nécessaire.

Cette affirmation est vraie, d’une manière très générale, et la périodicité des accès ne saurait être négligée dans le diagnostic.

Toutefois, il n’est rien d’absolu en pathologie — on ne le sait que trop — et, à titre exceptionnel, les ophtalmies symptomatiques peuvent récidiver.

Guignard, vétérinaire à la Compagnie Générale des Voitures, à Paris, a vu des chevaux atteints, en 1897, de fièvre typhoïde, ayant présenté des symptômes oculaires mis sur le compte de l’ophtalmie symptomatique, qui, en 1899, ont été trouvés porteurs de « lésions congestives simulant un: accès de fluxion avec tous ses symptômes ».

La récidive ne saurait donc caractériser une inflammation quelle qu’elle soit, de tractus uvéal. Vouloir classer les inflammations uvéales d’après la réci-

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dive, ne serait pas plus scientifique que de classer les pneumonies en pneumonies à rechute et pneumonies

sans rechute.

De tout ce qui précède, il résulte que la cause de l'irido-cyclite ne se reflète pas toujours et sûrement dans les symptômes.

Evidemment, la synéchie postérieure et la récidive sont signes de grande valeur ; mais, le diagnostic certain ne peut avoir pour seule base certaine que les commémoratifs. On dira : irido-cyclite primitive ou fluxion périodique, quand les symptômes oculaires seront les seuls constatés.

A ce sujet, étant donnée l'incertitude étiologique vis-à-vis de la fluxion périodique, posons la question suivante sans chercher à la résoudre ici : « La fluxion périodique ne serait-elle pas une manifestation — la seule — d’une des maladies infectieuses qui nous occupe — maladie qui évoluerait alors sous une forme atypique et discrète ? »

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Les lésions morveuses de l’œil sont fort rares.

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