‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 109 sur 158 · Annales Nazariani, Alamannici, Laureshamenses · texte numérisé non relu

Annales Nazariani, Alamannici, Laureshamenses

TUOISIÈMK SECTION 185

taille, ou bien Raganfrid et Ghilpéric, laissant Eudes en réserve, affrontèrent-ils seuls le choc des Austrasiens? Le deuxième continuateur de Frédégaire et l'auteur anonyme des G esta rcgum Fraiicorum (deux contemporains), qui ne mentionnent pas la bataille deSoissons, semblent dire qu'il n'y eut pas de rencontre entre les Austrasiens et les Wascons ; que l'arrivée de Charles suffit pour déterminer Eudes à la retraite. Les annales de Metz, écrites, il est vrai, dans les dernières années du x"" siècle ^, et qui n'ont guère que l'autorité d'une glose généralement intelligente, sont encore plus explicites :

« Gum audisset Eodo Karolum esse in itinere terri-

tus aufugit »

Eudes devait être alors entre Paris et Soissons : à la nouvelle du désastre de Raganfrid, il rentra précipitamment à Paris : « Parisius civitate regressus est ^ » . C'est là sans doute qu'il trouva le roi Ghilpéric, soit que celui-ci, échappé à la défaite de Soissons, vînt l'y rejoindre, soit qu'il n'eût pas quitté la ville. Eudes fît alors un coup de maître (de maître fourbe) ; à défaut des fruits de la victoire, il voulut recueillir au moins ceux de la défaite ; sans essayer de défendre contre Charles, qui s'avançait victorieux, ni la cité de Paris, ni le cours de la Seine, il regagna Orléans et la barrière de la Loire, mais en emportant avec lui, et le trésor royal, déposé dans cette capitale, et le roi Ghilpéric luimême. Toutes les chroniques s'accordent là-dessus, sauf l'auteur anonyme des Gesta, d'après lequel Ghilpéric se serait retiré de lui-même au delà de la Loire avec son trésor. Cette assertion est contredite par tous les

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