‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 110 sur 158 · Gesta regum Francorum. — Chron. de Moissac · texte numérisé non relu

Gesta regum Francorum. — Chron. de Moissac

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autres témoignages ; on dirait que le chroniqueur, probablement neustrien, ait voulu sauver l'honneur de son roi.

Eudes, en emmenant Ghilpéric, ne s'assurait pas seulement d'un précieux otage ; peut-être songeait-il aussi à se faire le chef du parti vaincu, supplantant Raganfrid, qui avait fui seul, par la basse Seine ^ vers l'Anjou, son pays. Ainsi la bravade de Lupus (« ut regem Francorum debellaret », v. p. 133) était accomplie et au delà : le roi des Francs était prisonnier du roi et Aquitaine.

Charles « poursuivit Eudes jusque sous Paris, puis, passant la Seine, le suivit jusqu'à la cité d'Orléans ~ ». Il semble que cette cité, où régnait de fait saint Eucher, neveu et successeur du belliqueux Sawarik, ferma ses portes à l'armée austrasienne (v. note XLIV), car la chronique d'Adhémar de Ghabannes ^, après avoir dit qu'Eudes rentra chez lui par Orléans, ajoute que Charles le poursuivit « jusqu'à Tours ». Quoique Adhémar soit un témoin bien moderne (xi'' siècle), il ne peut guère avoir inventé ce détail. On voit la marche du vainqueur : trouvant Orléans fermé, il descendit la Loire jusqu'à Tours pour rencontrer un passage. En somme, il échoua et revint sur ses pas, tandis que Eudes, échappé à grand'peine à cette vive poursuite « vix evadens », rentrait dans ses États et s'y retrouvait en sûreté.

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