‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 27 sur 158 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

LA SOUVERAINETE DES ROIS FRANCS EST RECONNUE EN AQUITAINE JUSQU'A LA FIN DU VRe SIÈCLE

Nous entrons dans la partie vraiment ardue de notre sujet. Jusqu'ici, notre tâche s'est bornée, soit à écarter de cette histoire des matériaux sans valeur (v. notes V, IX, XIV), soit à mettre à découvert deux ou trois assises nouvelles, solides ce nous semble, telles que la dépendance politique de l'Aquitaine entre 612 et 638, les

conditions du partage de 638, etc Mais nous voici

arrivés au problème essentiel dont la solution ou l'approximation peut surtout donner à cette étude quelque valeur et quelque intérêt. Commençons par en poser les termes avec précision :

On vient de voir que l'Aquitaine, — après certaines

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tentatives pour obtenir un gouvernement particulier, pour constituer un royaume franc distinct dans l'empire mérovingien, — se retrouvait en G38 dans le même état qu'au vi*" siècle, partagée en lots entre les deux Etats francs du nord, soumise aux conquérants jusqu'aux Pyrénées, y compris même les deux Wasconies ; — quatrevingts ans après, vers 718, elle nous apparaîtra en pleine possession, non seulement de son autonomie, mais de son indépendance; non plus sous des Mérovingiens, mais sous des chefs nationaux, wascons ou gallo-romains. Gomment s'est opérée cette révolution? Nul témoin ne nous l'a racontée ; ces temps sont les plus ténébreux de notre vie nationale ; entre Frédégaire, qui se tait en 641, et les annales carolingiennes qui ne commencent véritablement que vers 708, nous n'avons, sur l'histoire de France en général, de TAquitaine en particulier, que des dépositions rares et confuses, dont on n'a pas même jusqu'ici tiré parti comme on l'aurait pu. Ouvrez Fauriel, par exemple; retranchez de son récit les circonstances delà charte d'Alaon, reconnues fausses aujourd'hui : que reste-t-il? Presque rien. Or, si pauvres que soient les sources du va'' siècle, elles ne le sont pas à ce point. Nous allons d'abord les exprimer soigneusement, si l'on peut parler ainsi, et en tirer des résultats d'une certaine importance :

Voici d'abord une série de faits, groupés dans l'ordre géographique, attestant qu'après 638 la souveraineté des rois francs fut encore reconnue en divers pays de la Gaule méridionale, — de l'Aquitaine et du bassin du Rhône (v. note XVlll), — au moins nominalement, jusqu'à la fin du vu'' siècle et même jusqu'aux premier reè années du v[ii' :

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Berry. — 695, Ghildebert III donne à l'église de Saint- Denis le domaine de Napsiniac en Berry ^

Poitou. — 689, Ansoald, évoque de Poitiers, assiste au concile de Rouen ^.

Auvergne, — En 688, après Testry, Bonitus est instituéévêque d'Auvergne par le roi Thierry III et le maire Pépin d'Héristall ^. — 699, lorsque Bonitus veut se démettre et laisser son évéché à Nordbert, il demande l'agrément du souverain (principem regni) ^

Qiiercy. — 638-636. La correspondance de l'éveque de Cahors, Desiderius, mort entre 654 et 657 ^, nous le montre sujet du roi Sigebert II et du maire Grimoald ^ : 680, à Moissac, une charte est datée du règne de Thierry III \

Vivarais, — Une inscription trouvée à Grussol prouve qu'en 69i, en Vivarais, on datait du règne de Glovis III ; une autre inscription, trouvée à Toulaud, atteste le môme fait pour 695 ^.

Toulouse, — Sous le règne de Glotaire III, en 657, Erembert est nommé évoque de cette ville « sub rege Hlothariojuniore... jussuRegum populiqueelectione... » D. Bouquet^ place cet événement en 657. Le pluriel regum désigne ou Glotaire III et sa mère Bathilde, qui

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