CHAPITRE
LI<:S WASCONS AVANT ()28
Il nous faut d'abord revenir aux Wascons et noter qu'il y avait dès lors deux Wasconies, si l'on peut parler ainsi :
La Wasconie proprement dite, celle où l'on parlait et 011 Ton parle encore basque, exclusivement peuplée de Basques ; elle correspond aux anciens pays de Soûle, Basse-Navarre et Labourd (arrondissements de Bayonne et de Mauléon i). Nous l'appellerons la haute Wasconie;
Le territoire compris entre la Wasconie proprement dite et la Garonne : il répond exactement (si l'on y joint les cantons de la haute Wasconie) à la Novempopidana romaine, à Tancienne province ecclésiastique d'Auch, à la Gascogne moderne. Cette région, peuplée alors d'Aquitains, d'Ibères romanisés, mais déjà ouverte aux ravages des Wascons, graduellement conquise par leurs armes, pénétrée par leur immigration, imprégnée de leurs mœurs, etc., avait échangé, dès la fm du Vf siècle, son nom romain de Novempopidana contre
1. V. Paul Broca, Revue cVanthropulof/ie, janvier 1875. — E. Desjar 'lins. Gcographie delà Gnvle romaine, tome IL p. 30-40;, 360-411.
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celui de Wasconie p et ce changement seul est significatif. Nous l'appellerons la basac Wasconie. Cette distinction des deux Wasconies n'a rien d'arbitraire : encore aujourd'hui nul ne confond le pays basque et la Gascogne, la langue basque et le dialecte gascon ^.
Suivons maintenant les progrès des Wascons montagnards :
En 602, nous ditFrédégaire 3, les deux rois d'Austrasie et de Burgondie, Théodebert et Thierry (qui se partageaient alors l'Aquitaine), envoyèrent une armée contre les Wascons, les subjuguèrent, les soumirent au tribut et leur imposèrent un duc appelé Genialis. Faut-il prendre absolument à la lettre les termes de ce récit? Rappelons-nous qu'à chaque grande guerre civile des Francs correspond régulièrement un recul de leurs frontières : après la vaste conspiration méridionale de 584, les Wascons font leur première irruption, repoussée à grand'peine, et l'épiscopat disparaît à Convenœ, Elloro, Benarnum^ Vasates, Aquœ *, indice d'une grande perturbation, probablement de l'entrée des Wascons à demi-païens dans ces cités pyrénéennes ; après les luttes désastreuses de Latofao et de Dormeilles, vers 600, on ne trouve plus d'évêques à Gonsorani et à Begorra, comme si les Wascons avaient fait un nouveau pas en avant. Que précisément alors, en 602, les rois francs aient repris l'offensive contre les envahisseurs et aient eu la victoire, assurément, sur la foi de Frédégaire, nous le tenons pour certain ; mais nous ne