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Francs, Glotaire III, qui réunissait alors tout l'unipiro et souscrit ses diplômes ^
Félix succède à Genesius en 662; il paraît n'avoir été évoque que trois ans.
Quand il meurt, en 665, l'archidiacre Giroald aspire à sa succession et, malgré le clergé, avec l'appui des laïques, « clero contempto, laïcorum usus consilio », usurpe l'épiscopat ; mais il meurt au bout de quarante jours. Le peuple d'Auvergne veut alors élire le comte Genesius, le plus puissant personnage du pays : « vir
illustris , opibus opulentus , senatoria dignitate
prœclarus....,.., in urbe municipatum obtinebat »,
disent de lui les hagiographes, qui le qualifient aussi de comte : « Genesio eomiti ». Ainsi, il n'y a plus de duc en Auvergne, ce n'est plus qu'un comte, et môme son autorité semble plus municipale que politique ; on dirait moins un Ibnctionnaire royal que le chef laïque de la cité. Le pieux Genesius, bien qu'on se soit assuré d'avance du consentement royal, se dérobe à l'honneur qu'on veut lui faire, pour ne pas enfreindre les canons qui interdisent aux laïques d'arriver d'emblée à l'épiscopat. Alors clercs et laïques réunissent leurs voix sur Prœjectus, homme considérable, de race noble, né en Arvernie,, qui avait été élevé par l'évoque Genesius quand ce prélat n'était encore qu'archidiacre, et que Félix avait chargé du gouvernement d'un monastère. Prœjectus se laisse élire et remplit de son ambitieuse activité les neuf années de son épiscopat (665-674). Il réussit d'abord à persuader au comte Genesius, qui n'avait pas d'enfants, de prendre l'Eglise
1. J; Tflrclirj Mitsée des arcàités nationales (publié soiis la clu'eotion de M. AllVëd Màur.v); i). ]2.
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pour héritière, et le patricien, docile à la voix de son pasteur, fonde avec ses biens une abbaye de vierges à Ghamalières, aux portes de Glermont; Prœjectus, de son côté, fonde une autre abbaye de femmes dans un fîiubourg de la ville, bâtit sur ses domaines un hôpital, le dote, le pourvoit de médecins et de servants. Gomme saint Jérôme, il dirige la conscience de nobles et pieuses femmes, Gundilane, Gœsaria, Glaudia ; il fait tester celle-ci en faveur de l'église d'Auvergne, au préjudice de son gendre Hector, patrice de Marseille ; pour obtenir des immunités à son église ^ chose précieuse en tout temps, particulièrement dans un temps de violence, plus encore depuis que Dagobert avait remis l'impôt sur toutes les églises, sauf celles qui parvenaient à se faire privilégier, — il n'hésite pas à aller trouver le roi Ghildéric II au-delà des Vosges ^ et réussit à placer son église, avec ses biens et privilèges, sous la recommandation de la reine Innichilde. Enfin, pour défendre le testament de Glaudia, il ne craint pas d'entrer en lutte avec Hector et Léodegaire lui-même, et, à travers des intrigues que nous débrouillons mal, finit par l'emporter ^. Certes, à côté du bon comte Genesius, l'évêque Praejectus est le vrai chef de l'Arvernie.
Preejectus tomba assassiné, en 674, par une bande de meurtriers que commandait un certain Agricius; l'homme qui porta le coup mortel était un Saxon, appelé Radbert.
1. « Pro coiidilione Kc(Aeû-x... » Conditio, Facultatea étaient les termes légaux pour désigner Timmunité ecclésiastique.