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inoculations chez les animaux que la contagion ne s’effectue pas directement, mais par l'intermédiaire des parasites qu’ils décrivent, après que ces parasites ont atteint, en dehors de l'organisme, dans le cycle de leur évolution, un stade jusqu'ici inconnu; toutefois il nous semble que cette conception ne s'accorde pas très facilement avec les faits indiscutables d’auto-inoculation directe du cancer ni avec les faits de propagation à distance et de généralisation.
En effet, quand on prend, sur un individu cancéreux, un fragment de son propre cancer, et qu’on vient le greffer sur lui-même dans un point du corps jusque-là indemne, comme l'ont fait Hahn et le chirurgien anonyme dont M. Cornil a publié les expériences, comme on peut le faire involontairement dans les ablations chirurgicales de tumeurs malignes, ce fragment greffé continuera à vivre sinon toujours, au moins dans beaucoup de cas, et, en se développant, il donnera naissance à un nouveau foyer néoplasique, et cela quel que puisse être le stade des éléments qu’on considère comme les agents de l'infection cancéreuse,
Qu’on greffe, d'autre part, un fragment identique en un point quelconque d’un organisme absolument sain, il ne donnera, dans limmense majorité des cas, aucun résultat analogue, il cessera de vivre et de s’accroitre alors que cependant les conditions étaient les mêmes que dans le cas précédent, au point de vue du stade des éléments considérés comme parasitaires.
De même, si ces éléments ne se rencontrent pas dans les tumeurs cancéreuses dans des conditions telles qu’ils puissent assurer l’inoculation directe du cancer, il faudrait admettre alors que les localisations cancéreuses secondaires sont le résultat, non pas d’émigrations directes issues de la tumeur
primitive, mais d’une infection incessamment renouvelée par des agents venus de l'extérieur. Or, il est bien évident que c’est le cancéreux qui s’infecte lui-même, et ce que l’on peut affirmer, d’après les résultats des expériences d’inoculation, c'est qu'il ne doit pas aussi facilement contaminer ses semblables.
Un autre argument, sur lequel reviennent constamment les partisans de la contagion du cancer, consiste à comparer sans cesse le cancer à la tuberculose et à rappeler, à ce propos, les résistances qui se sont produites, devant l'évidence mème, lorsque Villemin à fourni la démonstration expérimentale de la nature infectieuse et contagieuse de la tuberculose. Mais ces résistances, on doit le reconnaître, bien excusables' à l’époque où elles se sont manifestées, ne sauraient se renouveler aujourd'hui, devant des preuves aussi indiscutables que celles qu’apportait Villemin. Personne ne songe à en demander autant pour le cancer et d’ailleurs personne n’est actuellement en état d’en fournir de semblables en ce qui concerne la contagion du cancer. Quand, en effet, dans nos laboratoires, on inocule à des cobayes ou à des lapins des produits tuberculeux, l’inoculation produit ses effets pour ainsi dire à coup sûr; or, quand on inocule du cancer dans: les mêmes conditions, .en règle générale on n'obtient absolument aucun résultat.
Pour ce qui concerne la : {héorie parasüaire du cancer, et particulièrement la théorie psorospermique, nous croyons qu'elle ne reposa actuellement sur aucun fait nettement établi par l’anatomie pathologique. Les quelques résultats positifs qu’on à pu avoir à la suite d’inoculations n’apportent pas davantage une preuve absolue en faveur de cette théorie, et les arguments des partisans de la théorie opposée subsistent avec toute leur valeur, attendu que, dans les cas où l’on
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a réussi à produire des tumeurs cancéreuses expérimentales, dans une même espèce animale, on a inoculé en réalité des cellules cancéreuses, accompagnées ou non des agents parasitaires dont on à cherché à démontrer l'existence ; on pourrait donc, au besoin, en attendant une démonstration rigoureuse de la nature parasitaire des éléments sur lesquels l'accord n’a pu se faire, se demander si les cellules cancéreuses ne sont pas les seuls agents de l’infection. Enfin, comme l’a fait remarquer M. Brault dans un remarquable travail qu'il a consacré à ce sujet, ‘en 1885, les connaissances que nous avons pu acquérir sur les réactions que déterminent dans les tissus les agents parasitaires ne nous ont pas encore fourni d'exemple susceptible de démontrer que ces réactions des tissus vis-à-vis de certains parasites puissent aboutir, comme dans les cancers épithéliaux, à une néoformation de tissu épithélial.
En résumé, la question de létiologie des cancers est encore à résoudre entièrement, et, pour ce qui concerne la nature parasitaire des néoplasmes malins, il serait encore prématuré d'affirmer aussi bien que de nier.