OBSERVATION Î
En juin 1866, M. Thierry, interne de M. Potain, présente à la Sociélé anatomique une pièce montrant deux variétés d’ossification de la dure-mère. C'était un malade atteint de cirrhose du foie, qui ne présentait aucun symptôme cérébral ; sur la face du cerveau on remarquait une plaque osseuse qui avait déterminé une dépression sur l'hémisphère gauche. Les autres ossificalions étaient en aiguille ; on les rencontrait au niveau du sinus longitudinal supérieur ; elles avaient une forme allongée dans le sens du sinus, Ces deux ossifications contenaient des ostéoblastes et paraissaient développées entre les lames et la dure-mère.
OBSERVATION Il.
M. le docteur Legroux en 1869 rapporte l'observation suivante :
Chez un phtisique mort à la Pitié, dans le service de la clinique, j'ai trouvé une ossification partielle de la faux du cerveau, constituée par une plaque osseuse, longue de 4 centimètres 1/2, ressemblant assez bien à une lame de couteau très ébréchée et courbe de forme. Son extremilé antérieure est mince et figure la pointe émoussée de la lame, tandis que le bout postérieur, beaucoup plus épais (5 millimètres) en représente le talon. Toutefois, ce talon, en s’amincissant assez brusquement, devient très aigu tout à fait à son extrémité. Les deux faces de cette lame sont inégales, raboteuses, et offrent, à côté de surfaces planes, des bosselures arrondies ou des aspérités pointues. Cette production osseuse (je dis osseuse et non calcaire) est développée entre les deux feuillets
de la dure-mère qui forment la faux, et auxquels elle adhère assez intimement dans sa partie la plus renflée, tandis qu'elle est libre et sans membrane d’enveloppe à sa partie antérieure la plus mince.
Les parties du cerveau voisines de cette concrétion étaient saines et ne portaient aucune trace de compression ou d'irritation.
Le D' Legroux conclut de cette observation que l’on à attribué un rôle beaucoup plus important qu'il ne convient à l’ossification de la dure-mère dans la production des accidents cérébraux.
Selon lui,des ossifications considérables dela dure-mère pourraient se produire sans occasionner de phénomènes cérébraux ; lorsqu'ils se produiraient, ils devraientêtre dus à ce que l’ossification de la dure-mère s'accompagne soit d'un épaississement notable et d’une congestion de la piemère, soit d'un foyer hémorrhagique, soit d’un épanchement séreux qui distend les ventricules.
Toutefois il reconnaît que l’ossification de la faux du cerveau doit occasionner, moins facilement que l’ossification d’une autre partie de la dure-mère, des accidents épileptiques. En effet, la faux du cerveau n’a d'autre rôle que de soutenir et de contenir les hémisphères dans les diverses positions de latéralité de la tête.
De plus dans le cas du D" Legroux la dure-mère était restée intacte et elle pouvait par sa présence protéger efficacement le cerveau contre les froissements que pouvaient lui faire éprouver les aspérités de l’ossification.