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Des ostéites du bassin

L’intervention dans les ostéites du bassin a été longtemps bien timide, bien restreinte. Ces affections présentent en effet une gravité extrême de par leur nature , leur siège , l’âge habituel des malades qu’elles frappent. L’inttervention elle-même , limitée à l’ouverture des abcès, formés par la suppuration des os du bassin, était aussi si pleine de dangers que bien des chirurgiens s’en abstenaient. Le pronostic était, dans la majorité des cas, considéré comme fatal : les observations anciennes en font foi. Laissait-on, en effet, la maladie évoluer, les patients étaient condamnés à une suppuration intarissable, à une lente cachexie et finalement à la mort ; ouvrait-on ces abcès ostéo-

pathiques, une septicémie à forme plus ou moins rapide emportait le malade.

Ce sentiment d’impuissance était éprouvé par les plus grands chirurgiens. L’expression même d’ostéite du bassin signifiait pour beaucoup une affection osseuse grave, dont le diagnostic ne demandait pas une plus grande précision : l’intervention devant être nulle ou presque nulle.

Cette impression nous a vivement frappé et nous a suggéré la première idée de ce travail. Quand l’antisepsie est venue changer le pronostic de tant d’affections chirurgicales , nous nous sommes demandé ce qui avait été fait dans les affections des os du bassin. C’est cette simple recherche qui constitue ce travail.

Depuis longtemps M. Ollier insiste, tant dans son enseignement clinique que dans ses publications , sur l'importance de la zone juxta-épiphysaire des os longs dans les ostéites et d’une façon plus générale dans la pathologie du système osseux. Qu’il s’agisse, en effet, de processus inflammatoires, aigus ou chroniques, simples ou infectieux, qu’il s’agisse de dépôts tuberculeux ou de productions néoplasiques , c’est dans la zone d’accroissement de l’os qu’il faut chercher les premières jetées de l’affection. Dans le traumatisme, c’est le

point faible sur lequel retentissent les chocs , les disjonctions, les efforts divers qui produisent l’entorse juxta-épiphysaire. L’ostéogénie a éclairé d’un jour nouveau les affections du squelette.

Avant donc d’entrer dans le cœur de notre sujet, l’intervention dans les ostéites du bassin, nous aurons à étudier son développement.

Nous diviserons ce travail en deux parties:

I. Des ostéites du bassin considérées au point de vue de la croissance.

II. De l’intervention chirurgicale dans les ostéites du bassin.

Nous avons été encouragé à entreprendre ce travail, par l'obligeance extrême de l’un de nos maîtres dans les hôpitaux, M. le professeur Ollier, qui a bien voulu nous prodiguer ses conseils et nous communiquer la plupart de nos observations. Qu’il daigne recevoir l'hommage de cette étude.

Nous prions M. Charpy , professeur agrégé, qui nous a dirigé dans nos recherches anatomiques ; M. le professeur Tripier , qui nous a communiqué des observations intéressantes, et nos chefs de service, M. D. Mollière, chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu , et M. Fochier, chirurgien-major de la Charité, de vouloir bien accepter ici le témoignage de notre vive reconnaissance.

Que nos excellents amis, M. Mondan, chef de laboratoire de la clinique chirurgicale , et M. F. Leclerc, interne des hôpitaux de Lyon, veuillent bien agréer nos remercîments sincè res pour le précieux concours qu’ils nous ont prêté.

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