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OBSERVATION XVIII

(Chassaignac. De la suppuration et du drainage chirurgical, T. I, p. 5g8)

Carie des os du bassin. Albuminurie.

Guérison de la carie par le drainage.

Nicolas (Emilie), 21 ans, domestique, entre à l’Hôpital Lariboisière, le 24 janvier 1857. Embonpoint, fraîcheur, apparences extérieures de la santé.

A diverses époques des abcès ostéopathiques se sont développés sur différents points de la surface du corps et notamment au niveau du bras gauche et de l’extrémité interne de la clavicule. Ces abcès ont donné naissance à des trajets fistuleux, qui, après avoir suppuré pendant deux ans environ, ont fini par se fermer. Il n’en fut pas de même de ceux que la jeune fille portait au niveau des parties postérieure et moyenne de l’os coxal, qui était fort douloureux.

Ier février. — Après une exploration qui permet de reconnaître que l’os est carié, on pratique le drainage. Un premier tube introduit par le trajet fistuleux est placé dans le sens horizontal à quelques centimètres au-dessous de la crête iliaque, un second tube est établi dans le sens vertical et croise le premier à angle droit. A l’intérieur, régime fortifiant.

Au commencement de juin, amélioration. Tout faisait espérer une prompte guérison lorsque la malade fut prise d’accidents inflammatoires aigus accompagnés de fièvre et de phénomènes d’embarras gastrique. Puis survint une infiltration des membres inférieurs avec œdème des paupières et de toutes les parties riches en tissu cellulaire fin et lâche. Les urines traitées par l’acide nitrique donnent un abondant précipité d’albumine.

La malade passe en médecine pour y être traitée de sa néphrite albumineuse.

Trois mois après, la malade rentre dans nos salles non guérie de son albuminurie, qui était passée à l’état chronique.

Cependant les fistules étaient presque cicatrisées; le travail réparateur dont les os étaient le siège laissait peu de chose à désirer.

Le 3i décembre, les reins continuaient de sécréter de l’albumine, mais l’affection ostéopathique était complètement guérie.

Il est un abcès intra-pelvien sur lequel nous voulons insister. Dans les suppurations du voisinage de la symphyse sacro-iliaque, le pus fuse le long de la face antérieure du sacrum, et sur ses bords jusque dans le petit bassin : l’abcès devient alors accessible au toucher rectal. M. Ollier donne issue au pus par une incision spéciale , correspondant au point déclive de l’abcès. Cette incision est parallèle au bord du sacrum et sectionne les insertions du ligament sacro-sciatique. Ces insertions opposent en effet, une résistance infranchissable à l’issue du pus sur les parois du petit bassin. (Obs. XXIV).

De la trépanation de l'os iliaque

La trépanation de l’os iliaque a été assez souvent pratiquée. De nombreux faits de trépanation pour fractures esquilleuses ou pour extraction de balles, sont cités dans la thèse de Weiss (i).

(i) Étude sur la trépanation de l’os iliaque. Thèse de Paris, 1880.

Manné (i) semble avoir conseillé le premier la trépanation de l’os iliaque pour donner issue au pus dans les ostéites du bassin. Mais c’est à Boucher que revient l’honneur d’avoir le 'premier exécuté cette opération.

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