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OBSERVATION XXXVII

(par m. larghi de verceil.)

Résection sous-périostée de l’os iliaque droit.

Régénération du tissu osseux

Jacques Pagano, de Ronceno, province de Verceil, scrofuleux, âgé de quinze ans, fut reçu à l’hôpital de Verceil,

(1) Traité de la régénération des os. T. I. p. 278.

(2) Sédillot. De l’évidement sous-périosié des os. 1867 p. s63.

dans la salle chirurgicale place'e sous ma direction, le 3o mars 1845, sous le numéro d’ordre général 801, et sous le numéro de lit 140. Le malheureux enfant se présente avec l’extrémité inférieure droite plus longue de quatre doigts en travers que la gauche. Il avait déjà passé, il y a maintenant sept ans, plus d’une année à l’hôpital, dans une autre section.

La crête iliaque droite est plus basse que celle de gauche ; le trochanter droit est aussi beaucoup plus bas que le gauche Il y a un sinus antérieur au grand trochanter ; la compression faite avec les doigts, tout autour de l’os iléon et sur lui, donne une sensation distincte d’élasticité. Je jugeai qu’il y avait luxation de l'iléon sur le sacrum. C’est l’os iléon qui a glissé en bas. Le sinus et la compression font voir que l’os est devenu mou, ce qui est prouvé par l’exploration faite par le sinus fistuleux qui conduit à l’os.

Le 22 avril, je me déterminai à entreprendre l’extraction de la portion iliaque de l’os innominé.

M. le docteur Gallifanti, chirurgien distingué de l’hôpital, est présent à l’opération. J’introduis une branche de forts ciseaux dans le sinus situé antérieurement au grand trochanter, et je la conduis en haut en incisant d’un seul trait ses parois. Arrivé à l’épine antérieure et supérieure de l’os iliaque, je porte autour du bord supérieur de l’os l’instrument tranchant jusqu’à l’épine iliaque postérieure. L’incision comprend non seulement le périoste, mais encore la table externe et une portion de la substance réticulaire de l’os, devenues molles. J’abaisse le grand lambeau cutanéo-périosté ; après quoi j’extrais, avec des tenailles en forme de double cuiller, toute la substance de l’os iliaque ; j’évide en dedans le bord antérieur de l’os, en laissant à sa place la substance corticale extrême. Il faut plus de temps pour décrire l’opération que pour la faire ; en procédant toujours avec d’autant plus de lenteur que j’approchai davantage de la face postérieure du périoste vers le péritoine, j’évidai toute la paroi osseuse de l’iléon jusqu’auprès de son articulation avec le sacrum, et jusqu’auprès de la portion qui s’approche de la

cavité cotyloïdienne. Les viscères du ventre se mouvant par la respiration comprimaient et poussaient en dehors la face interne du périoste. C’était une chose émouvante, même pour un opérateur de sang-froid. L’énorme cavité périostée, dont on avait évidé une partie si considérable d’os, était formée par le périoste changé en une membrane forte, épaisse et rouge écarlate. Je relevai le lambeau cutanéo-périosté, et le fixai à la place qn’il devait occuper, au moyen de six points de suture entrecoupée, faite avec un ruban. Je plaçai le membre sur un plan incliné ascendant. Il n’y eut pas de réaction. J’enlevai les points de suture le cinquième et le sixième jour. Je ne pratiquai aucune saignée. Il ne survint ni phlegmon ni érysipèle.

Dans les premiers jours la plaie sécrète une humeur sanguinolente copieuse, suivie d’une humeur jaunâtre albumineuse. Il n’y eut d’hémorrhagie ni pendant l’opération ni pendant le traitement. L’énorme cavité se ferma peu à peu.

Le 3o août. — Le malade quitta le lit et marcha à l’aide de béquilles.

Le 23 septembre. — 11 sortit de l’hôpital sans béquilles.

Je revis le malade au commencement de l’année 1 8 5 2 . Il rentra à l’hôpital, où il resta depuis le 17 février jusqu’au 3 mars 1 852, affecté, sur le trochanter droit, d’un abcès froid, qui s’ouvrit spontanément par une petite ouverture, et guérit rapidement.

Voici dans quelles conditions je retrouvai le malade à cette époque, et les réflexions que me suggéra son état :

La mollesse extrême de l’iléon nécessita l’extraction. On ne pouvait remédier à la triste condition de l’os iléon qu’en le renouvelant, c’est-à-dire en en provoquant la reproduction ; on ne pouvait cependant élever l’os de nouvelle formation jusqu’au niveau naturel de l’os iléon gauche correspondant. Quand le malade partit de l’hôpital, on sentait qu’à l’os ancien avait succédé un os nouveau ; mais voici quel est son état actuel :

L’os iliaque nouveau a repris en grande partie la forme de

l’ancien. Le bord supérieur de l’os nouveau est plus bas de om, 02 que celui de l’os iliaque gauche.

Il y avait déjà abaissement total de l’os avant l’opération, étant causé par l’ancienne luxation de l’iléon avec le sacrum. L’épine iliaque antérieure supérieure s’incline vers l’épine antérieure inférieure ; ce qui est un effet de la formation irrégulière et déprimée de l’os nouveau. L’os entier incline aussi un peu antérieurement, ce qui, je crois, dépend aussi de l’irrégularité de l’ossification nouvelle.

Le trochanter droit est moins saillant que le gauche, et il est plus bas que ce dernier de om, 07, par conséquent le malade a l’extrémité droite plus longue d’une quantité égale à celle que nous venons de nommer.

L’incision cutanéo-périostée fut exécutée tout autour de la crête de l’iléon : maintenant, la cicatrice est devenue antérieure, longitudinale et oblique de devant en arrière.

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