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OBSERVATION XXXIX

(Ollier. Traité de la régénération des os, t. II, p. 184.)

Carie du coccyx. — Ablation de l’os.

Reproduction d’une petite plaque osseuse.

Jeanne B. .., âgée de a3 ans, est couchée au n° 109 de la salle Saint-Paul.

11 y a sept ans à peu près, la malade étant en voyage, fut jetée avec violence sur l’angle du banc de sa voiture. Le coup

porta sur le périnée et le coccyx ; la douleur, au niveau de cet os, persista pendant huit jours, puis disparut pour revenir au bout de trois mois.

A cette époque, parut également une tuméfaction de la région qui devint le siège de douleurs intermittentes. Malgré les fondants de toute espèce, la tumeur s’abcéda et s’ouvrit spontanément; depuis ce jour, l’abcès ne s’est jamais fermé, du pus a toujours coulé en plus ou moins grande abondance, et, en fin de compte, l’état général s’est altéré. Ajoutons que de nouvelles fistules et de nouveaux décollements s’ajoutèrent successivement aux premiers.

Au commencement du mois de septembre 1 86 1 , la malade est dans l’état suivant : la marche ne s’exe'cute-plus qu’avec la plus grande difficulté ; le décubitus dorsal est impossible, la malade ne peut reposer que couchée sur le côté. La défécation est difficile et douloureuse. On trouve au niveau du coccyx et de la partie supérieure du sacrum des fistules qui conduisent sur ces os altérés, décollements cutanés multiples.

Un traitement général exerce une heureuse influence sur la santé; la suppuration diminue, la malade reprend quelques forces; mais la marche reste difficile, la défécation ne s’exécute qu’avec peine, les pressions exercées sur le coccyx sont douloureuses. Le toucher rectal ne permet de reconnaître aucun abcès en avant du sacrum et du coccyx.

Opération — Le g septembre, on réunit les deux principaux trajets fistuleux par une incision qu’on prolonge en haut et en bas sur une longueur totale de sept à huit centimètres, de manière à mettre à nu le coccyx et le tiers inférieur du sacrum. Ces os sont raréfiés, dénudés en quelques points. Avec la sonde-rugine, on dépouille complètement de leur périoste les deux tiers supérieurs de la face postérieure du coccyx: les ligaments sacro-coccygiens sont laissés adhérents au périoste. On introduit entre l’os et le périoste un élévatoire qui fait éclater le tissu osseux en deux portions: les deux tiers du coccyx formés par les trois pièces supérieures de cet os sont ainsi enlevés; le tiers inférieur du sacrum est

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ruginé avec précaution afin d’éviter l’ouverture du canal

sacré. L’articulation sacro-coccygienne existait toujours,

mais les trois premières pièces du coccyx, étaient presque

confondues ensemble. Les suites immédiates de l’opération

furent très-heureuses; il n’y eut que peu de réaction.

Le premier octobre. — La malade peut se coucher sur le dos ; la plaie était réunie dans la portion coccygienne : la portion sacrée suppura plus longtemps, puis finit par se cicatriser complètement.

Le 8 février 1862. — Etat local excellent, les fistules sont complètement fermées; la marche est facile, la défécation n’est pas douloureuse, et la malade repose sans gêne dans le décubitus dorsal ; depuis huit ans, cette position lui était interdite. En introduisant le doigt dans le rectum, on sent, entre le sacrum et la portion inférieure du coccyx, qu’on avait laissé une petite plaque de consistance osseuse. Cette portion, dont on évalue les dimensions à celle d’une pièce d’un franc environ, plus haute que large, est mobile sur le sacrum; elle est distincte de la portion terminale du coccyx qui n’a pas été enlevée pendant l’opération.

L’opérée est encore conservée quelque temps dans les salles, et sort définitivement guérie, le 29 février 1862.

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