PRONOSTIC ET TRAITEMENT
a été décrite (1) chez l'adulte; elle représente une véritable forme prolongée.
Cette facon de concevoir la valeur générale réelle des spinaventosa ne doit pas exclure un point incontestable de leur pronostic local : ces ostéites sont, avec les petits foyers tuberculeux qui Les accompagnent, les manifestations bacillaires qui guérissent le mieux (2). Non seulement elles guérissent souvent spontanément avant que de grosses lésions aient été créées, mais, à moins de conditions générales mauvaises réunies, elles guérissent toujours, peut-on dire, si l’on veut comprendre sous le nom de guérison, l'extinction de l’activité du foyer.
Le résultatde cette guérison reste essentiellement différent (p. 201), suivant la phase de l’évolution deslésions à laquelle elle se réalise.
Lorsque le spina-ventosa guérit, avons nous vu,avant la formation d’un abcès, ce quiest fréquent, et se voit le plus ordinairement dans les cas où les spina-ventosa, en petit nombre, sontles seules manifestations tuberculeuses perceptibles (3), le résultat est parfait, tant au point de vue fonctionnel qu'au point de vue morphologique (p. 143, 189). Le pronostic reste bon lorsque les lésions guérissent après abcès fermé ou suppuration ouverte de courte durée. Cependant des des-
(1) Nrcaïse et Reczus. Bull, Soc. Chir., Paris 1886, p. 147. (2) La moyenne de la durée du séjour à Berck, pour spina-ventosa est de 6 mois; la durée de ce séjour pour les autres foyers tuberculeux, est indiqueé, d’une façon générale, par les chiffres suivants, réunis pour l’année 1907 : Durée moyenne du séjour des enfants, se trouvant à l'hôpital en 1907: 8 mois.
mois jours. mois jours MalfdezPott 2eme 12 Spina-ventosa....-...... 6 CosalpIe RE AR ee oil 5 Arthrite du poignet. ...... 7 5 Ostéo-arthrite du genou... 10 Tuberculose ganglionnaire. 5 Tub, osseuses multiples.. 12 Rachitisme ........, CHR ATCENE V1 Artbrite du coude......... 11 Lymphatisme ...... ... 3 Tuberculose du tarse...... ñ DIVeT PRET RS TETES 6
(3) En consultant la statistique publiée par Claeys, j'ai remarqué qu'il a constaté une proportion très supérieure à celle qui se rencontre à Berck, de cas dans lesquels l'examen n'a révélé qu'un seul spina-ventosa ; il a trouvé, pour 3.750 enfants, 361 spina-ventosa des petits os de la main et des doigts, dont 136 foyers uniques ; sur 102 spina-ventosa du pied et des orteils, 68 foyers uniques. Cette différence tient évidemment à ce qu’une importante proportion des enfants n'ayant qu'un spina-ventosa ne sont pas envoyés à Berck et guérissent à Paris.
tructions graves seront déjà possibles dans cécas; mais elles deviennent beaucoup plus menaçantes si la suppuration, pour une raison générale ou locale (séquestre), se prolonge. C’est à une phase avancée des lésions que se produisent les dégâts essentiels que nous avons vus à l’origine des déformations définitives des doigts. S'il survient un envahissement articulaire, l’activité du foyer peut en éprouver une recrudescence marquée ; le fait s’observe pour les envahisements carpiens d'origine métacarpienne; leur pronostic est sérieux.
On devra ainsi concevoir le pronostic de ces ostéites comme étant essentiellement différent suivant la phase de leur évolution: lésions non suppurées, abcès fermés, doivent être traités avec l'espoir de les voir guérir sans opération ; abcès ouvertdoit être surveillé et examiné avec soin : souvent au bout de quelques semaines ou mois, la fistule se fermera etla guérison se réalisera ; parfois la suppuration sera entretenue par un séquestre dont l’ablation se trouvera indiquée s'il est trop volumineux pour que son élimination semble pouvoir se faire spontanément; dans quelques cas enfin le foyer progressera el menacera la gaine ostéo-périostique de destruction, les articulations et les gaines tendineuses d’envahissement. À ce moment sera incontestablement justifiée l'opportunité de l'intervention.
$ 2. — Traitement. ;
L’utilité du traitement général s'étend sur toutes les phases de l’évolution de ces ostéites tuberculeuses, pour lesquelles l’acte chirurgical doit rester le moyen d'empêcher une lésion dont la gravité dépasserait plus tard, dans la majorité des cas, notre puissance d’action.
Il nons faut donc, avant tout, traiter l'enfant porteur de spina-ventosa, commeun bacillaire chez quiles manifestations tuberculeuses locales guériront d'autant mieux que la résistance de l'organisme sera meilleure. La facilité avec laquelle s'éteignent les spina-ventosa isolés, est la démonstration de cette importance de la valeur de l’état général. Incontestablement, l'ensemencement, qui n’a pu être efficace qu'en de
rares points, a été ul ici comme chez les enfants porteurs de 20, 30 ou 40 foyers ; encore les quelques lésions qui, pour une raison locale mal connue, ont été les seuls résultats perçus de cetensemencement, partout ailleurs inefficace, guérissent-elles, le plus souvent, spontanément.
La première des prescriptions comporterait l'exposé des soins prophylactiques qui doivent présider à l'élevage des enfants; surveillance de l'alimentation par le lait, d’une part, éloignement de toute sorte de contagion tuberculeuse d'autre part; c’est évidemment dans les premiers mois de sa vie que l’enfant recoit les innombrables agents qui l’ensemencent. Nous avons vu combien les voies digestives, zones cutanéo-muqueuses, muqueuses naso-bucco-amygdalo-pharyngienne, intestinale, sont indiscutablement des points de pénétration dont la valeur est démontrée d’ailleurs, par la présence des ganglions auxquels aboutissent les lymphatiques de ces zones ; l'appareil respiratoire peut étre lui aussi la porte d'entrée vers les ganglions trachéo-bronchiques.
Ilest difficile de dire s’il est possible de soustraire Fenfant à la contamination par un agent aussi répandu que l’est Le bacille de Koch; du moins devons-nous chercher à éviter les. contaminations abondantes, comme l’est celle qui résulte de l'emploi d’un lait bacillifère ou du séjour dans un milieu contaminé.