OBSERVATION VI
Due à M.le Professeur Lannelongue.
M. de X..., a eu une ostéo-arthrite bacillaire du genou, forme
grave traitée par la méthode sclérogène il y a neuf ans. La gué-
rison est obtenue, avec une ankylose fibreuse. Le malade revient à Paris l’an dernier porteur d’un'abces froid assez étendu, siégeant au-dessus de l'article, recouvrant les condyles internes, mesurant une dizaine de centimètres dans son grand axe vertical.
Le 13 octobre. — La ponction retire une cinquantaine de grammes de pus légèrement teinté par les matières colorantes sanguines ; apres lavages à l’eau phéniquée faible, on y laisse vingtcinq grammes d'huile iodoformée.
Le 25 octobre. — Répétition de la même intervention. L’examen attentif du malade fait alors découvrir dansla région externe de la cuisse, au-dessus du condyle fémoral, en avant le tendon du biceps, une région limitée, fluctuante.
Apres des manœuvres exploratrices multipliées, on finit par s'assurer de sa communication avec l’abcès de la face interne, tout en reconnaissant que cette communication est difficile et doit se faire par un trajet fort étroit et sinueux.
Etant donné, d’une part, la difficulté de faire pénétrer dans cette seconde cavité les injections modificatrices, et, de l'autre, le désir formel du malade d'en finir au plus vite, le 10 novembre, les deux abcès sont ouverts largement, les membranes tuberculogenes extirpées et en entier, le trajet tortueux découvert et cureté sous le tendon rotulien au milieu des tissus nodulaires quienveloppent les extrémités osseuses ; car on ne trouve plusde synoviale ; un manchon fibreux, résistant, tres épais, comblant tous les vides, s'étend du fémur au tibia, Le 22, soit douze jours après l'intervention, tout était fermé y compris le trajet d’un drain laissé quatre jours en place seulement et le 23le malade quittait Paris, sans pansement, et marchait parfaitement.
Goulard b
CHAPIER EMI
Conclusions.
1° Les ostéo-arthrites du genou sont une des manifestations les plus fréquentes de la tuberculose ostéoarticulaire ;
> Nombreux sont les traitements prescrits jusqu’à ce jour. Le traitement chirurgical seul peut donner un résultat ;
3° De tous les traitements chirurgicaux, celui qui semble le plus efficace, consiste dans l'emploi de la méthode sclérogène associée aux injections intraarticulaires, même quand il n'y a pas épanchernent .
Nous insisterons sur ce point : à savoir, qu'il faut faire un diagnostic précoce et intervenir promptement.
4 On se tromperait en croyant que la méthode sclérogène est d'une exécution très simple : elle présente au contraire un certain nombre de difficultés qui réclament qu'on l’étudie spécialement et avec attention. Elle réclame un bon outillage ;
5’ Elle expose à un certain nombre d'accidents, parmi lesquels le plus sérieux est celui de l'injection
de la solution de chlorure de zinc dans la cavité articulaire. Une arthrite aiguë peut en être la conséquence.
Les eschares peuvent aussi se produire. On en a citéun assez grand nombre d'exemples.
Elles sont en général petites, et sans la moindre gravité.
La méthode sclérogène occasionne parfois des douleurs. Les douleurs du premier jour du traitement par le chlorure de zinc seront combattues par les procédés anesthésiques et l'emploi de la morphine, du chloral.
Vu : le Président de la thèse,
LANNELONGUE Vu le Doyen,
DEBOVE Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,