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Les observations quenous donnons plus loin en sont une preuve manifeste.
Nous ne pouvons mieux faire que de résumer les nombreux travaux de M. le professeur Lannelongue sur ce sujet et de lui emprunter la technique de sa méthode en y ajoutant quelques modifications que nous croyons utiles.
C'est à l'Académie de médecine que fut faite pour la première fois, en 1891, une communication sur ce sujet. Il fit connaitre, qu'il s'était dès le début attaché à rendre réfractaires à la tuberculose certains animaux . au moyen des produits du bacille lui-même. LA
C'est alors que M. le professeur Lannelongue eut Ja pensée de « scléroser le tissu tuberculeux lui-même, de chercher, sous un° autre forme que la -cautérisation, l’ignipuncture, etc., à transformer les produits immédiats du bacille, voulant imiter le travail naturel de la guérison. Pour cela, il fallait un agent jouissant de certaines propriétés, sans être caustique au sens propre du mot ».
Qu'il nous soit permis de rapporter ici une circonstance particulière qui met M. le professeur Lannelongue sur la voie qu'il cherchait. Laissons-lui la parole :
« Une circonstance particulière m'a servi avanta- « geusement à ce point de vue. Ayant eu à traiter un « cas d'hypertrophie congénitale énorme de l’avant- « bras et de la main chez un enfant de quelques mois, « j'eus la pensée de recourir à des injections profon- « des de chlorure de zinc, et je commençai par des
« solutions étendues. Il n'y eut pas d'accidents eten « rendant les solutions plus concentrées, j'arrivai en « quelques mois à réduire de moitié le volume du « bras. Le tissu mou et abreuvé de sucs de ce « Iymphangiome avait été transformé en tissu dur « et comme fibreux ; on remarqua, durant le traite- « ment, que action du médicament ne s’exerçait pas « seulement au lieu de son application, mais qu’il y « avait des effets S’irradiant à une certaine distance : « on observa aussi que les solutions concentrées « au septième et au dixième, dont on injectait deux « où trois gouttes, n'amenaient jamais d’eschares « lorsqu'on déposait le liquide au-dessous de l’apo- « névrose superficielle : en un mot, il ne s’est pro- « duit de petites eschares que lorsqu'on a fait l’in- « jection sous la peau. »
La méthode sclérogène était trouvée. M. le professeur Lannelongue se rendit compte tout de suite qu'il fallait agir sur la périphérie des tissus tuberculisés. N’avait-il pas déjà fait voir quelle était la constitution anatomique et le mode d’accroissement des foyers tuberculeux.
Il était démontré qu'au centre des foyers on ne rencontre que des éléments vieux, dégénérés, frappés de mort et en voie de transformation en tissu fibreux, tandis qu’à la périphérie on trouve des produits jeunes qui propagent aux tissus sains environnants l'infection tuberculeuse par un processus nécrobiotique. Il était donc essentiel d’agir sur cette couche périphérique qui est en quelque sorte la couche
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génératrice des tubercules, la matrice élaborant sans cesse sous l'incitation du bacille le néoplasme tuberculeux qui se propage de proche en proche et par continuité du tissu.
Aussi doit-on modifier cette couche périphérique où se fait l’ensemencement et avec elle le terrain farci de tubercules des fongosités elles-mêmes.
C'est là le résultat certain et constant qu'on obtient en une, deux ou trois séances au plus par les injections multipliées d’une solution au chlorure de zinc. Onfait pénétrer cet agent thérapeutique non point dans les fongosités, non point dans les foyers tuberculeux, mais immédiatement en dehors d’eux et autour d'eux seulement. Telle est la méthode, appelée par M. Lannelongue, méthode « sclérogène. »
La méthode sclérogène a donc pour but la transformation des produits tuberculeux eux-mêmes, c'est-à-dire des tissus au sens desquels se sont formés les tubercules. On atteint, par les injections de chlorure de zinc dans les tissus sains, les sources vasculaires qui alimentent les synoviales et on crée un terrain nouveau de contexture fibreuse en premier lieu, celluleuse ensuite, qui va servir de matrice à la transformation des synoviales fongueuses et des foyers tuberculeux. Nous reviendrons plus loin dans un chapitre spécial sur l’action du chlorure de zinc. Parlons avant de la technique opératoire.
Le genou, peut être pris comme jointure type, en ce sens qu'elle permet de suivre et de constater par le toucher et par la vue les modifications qui sur-
Bo viennent. En premier lieu on fera des injections sur le fémur, au niveau de la demi-circonférence supérieure de la synoviale, d’une épiphyse à l’autre; le nombre des injections s'éièvera de six à sept au genou d’un enfant de six à dixans. Oùfera ensuite des injections immédiatement au-dessous des culs-de-sac inférieurs sur les tubérosités interne et externe de l'épiphyse supérieure du tibia. On se rappellera qu'en bas la réflexion de la synoviale est très près du bord articulaire de l'épiphyse. On évitera avec soin de faire des injections dans la cavité articulaire et pour cela on reconnaîtra de chaque côté l'interligne articulaire tibio-fémoral dont la direction est transversale. On s'arrêtera sur le fémur et le tibia aux limites externe et interne de la réflexion de la synoviale sur ces os, à au moins un centimètre de cet interligne. Ces deux séries d'injections en haut et en bas sont en général suffisantes chez les jeunes sujets. Si l'articulation péronéo-tibialeest prise, on fera aussi quelques injections autour de cette jointure. Pour des raisons invoquées plus haut à propos de la solidarité des diverses régions de la synoviale, on pourra faire une injection de deux à trois gouttes le long des bords de la rotule et même tout le long du ligament rotulien ; mais ici encore on éviteraavec un très grand soin de pénétrer dans le genou. On laissera reposer l'aiguille sur les bords de la rotule ou du ligament rotulien. |
On ne fera jamais d'injections dans le creux poplite.
La solution à injecter sera, d’après les conseils de
M. Lannelongue, une solution de chlorure de zinc | au dixième.
Il convient de faire ces injections immédiatement en dehors de la synoviale fongueuse, en dirigeant l'aiguille pas tout à fait perpendiculairement sur l'os, jusqu'à ce que la pointe rencontre la surface même de l'os. On dépose en ce point trois à quatre gouttes de la solution; on recommence à deux centimètres à côté, de la même manière, et ainsi de suite sur la périphérie de la synoviale tuméfiée par les fongo-. sités.
On peut faire de la sorte six, huit, dix piqûres, et déposer depuis 30 jusqu'à 80 gouttes de la solution selon l'âge des sujets et le développement des fongosités.
Il est absolument indiqué de faire, dès le réveil des sujets anesthésiés, une injection de chlorhydrate de morphine (solution à 1/100). On injectera deux milligrammes d’abord, et, autant toutes les deux heures jusqu'à ce qu'on ait atteint en tout une dose égale au nombre d'années de l'enfant, jusqu'à l'âge de dix ans. On s'arrêtera à la dose de 1 centigramme pour les enfants les plus âgés, et il ne sera pas toujours nécessaire d'y arriver pour faire cesser la douleur. Dans quelques cas, d’ailleurs, les douleurs après les injections sont nulles ou insignifiantes.
Quel est maintenant l'effet du chlorure de zinc ? Quelles sont les modifications apportées par cet agent thérapeutique ?
C'est ce qui fera l’objet du chapitre suivant.