‹ Des outils de pierreChapitre 2 sur 3 · MO · texte numérisé non relu

MO

i^rtageant

iAi-mesaite'^ufe'âes^dé^irs at^étéûdaiént, éùV infellîgénce I gagnait >Mi8Si. A^s* prefnflèTs oàt^s, U^ien avait ajouté ~d'«u4nes^^t la facHilé'tqù'il^ lui 'dônrnàtëùt 'ràValt conduit À d^aatnes OBUvres. ^Wc se 'coirtetitaiit ptùs'*'de ' Wb^i dès ^forêts ou 'des cavernes, il avait, à l'aiide de ôes mèinés outils, élevé la première hutte et consacré àtû'ài le foyer ^mestifq(ie,<i0e«aiïétiraire delà fflif^ille, ôe'ptiU'àiiium de lia eiif iiîsàtion.

tDeiQetiteciiiv41isatiOD, c'était dôtac l'otitil qui avait ouved;iia roHte.>PQiat^e dépsfi't^ la société' hlimaine, il est aussi la mesurctte^es^progHes: c'ést'âu perfectidhnemeilt de isesodtl^ls cm 'de ses libyens d^loetivres utiles «t (nourricières qu'on peut reconnaître 'la crôiss^ahce véritable d'un peuple, calr ne vou^ y trompez piâs, ce fi^stims à ses poèmes qti^o()*pëtft'apprécierta valeur isiÉellectuelie d'une vatieh. Un poésie et la 'barbarie peo^vieiit 'fort bien s^aDi^r eiisemble: toutes tes races dévastatrices otit eu leur Tyttète et IfeuVs bardés ; tous les sairvages^ les anthrôpôpbttgesè'ulc-inêmes ont encore leurs orateurs «et parfois leurs A'n^ôrédtis Ce ii'est pas à ces vains récits de combats, à ces chhnts d'iamour ou de triompbes vrais ou fhUjL (fttt nous ttahsrnet la tradition, tqa'on peut reconnaître les grands jpëù^tes; c'est à «es inventions uti'les à rhuilVianité, c'est bli |;)rogrès des arts4e la paix, à ceux qui tes «n^igtient et fes pèrlfectionnent, à ceux q>ui conlHfbtient, paf le biéïl-étre, à là moralisation de rhoAime, q\ïùù doit iré^séb des couronnes. Celui qui a découvert la 6h&t*ruë a céMainément mieux mérité de nous, que totts fes héros d^nt lès noms ornent nos légendes.

L'histoire des ustensiles de travail et des résultats de ce travail, deviendrait celle d'un peuple. On verrait, avec la baisse et la hausse de ses produits, celles de son activité et de son intelligence.

La source de toutes les fortunes est le travail; hors de là, il n'y en a d'autre que le vol ou la guerre. L'un est devenu riche par l'outil ; l'autre, par l'épée. L'un a gagné sa richesse; l'autre l'a dérobée ou conquise. Ici, le labeur; là, la violence. L'un fut un ouvrier; l'autre, un héros. L'un a aidé ses semblables à vivre; l'autre les a aidés à mourir.

Je me suis peut-être trop étendu sur ces considérs^tions générales et sur l'influence qu'ont eue les outils sur les destinées humaines, mais je crois n'avoir rien exagéré de leur importance, et ce rapprochement comparatif entre ceux de la barbarie et de la civilisation n'est pas ici hors de question. Les outils, même les plus simples, ont eu aussi, disions-nous, leurs jours de gloire et ils ont encore leurs titres de noblesse : leur nom souvent a fait le nôtre. Les maillets firent les Mailly. Us ornèrent les premiersblasons:ilssontdonc nos plus vieilles armoiries, et cela doit être. Le marteau du forgeron était né avant le casque et l'épée; aussi, plusjustes que nous, les anciens avaient de Vulcain fait un dieu : c'était un hommage qu'ils rendaient à l'industrie C'est que, nonobstant leur rusticité, ces outils et ce marteau lui-même n'en sont pas moins les pères, et les pères très-légitimes de nos machines les plus compliquées. Ce savant mécanicien qui a pâli des années pour exécuter cet instrument si parfait, aurait peut-être peine à croire que ces grossières ébauches de pierre que nous repoussons du- pied ne furent pas moins prisées de nos pères que sont aujour-

d'bui ces trégQns de l'art qjixe now payons «u poids de Tor, et qu'ils Unv furent protablemeiit plus utiles-

C'est roaixiteDant de ces outils, premiens essais Ae l'industrie humaine, que nous allons parler. Ces outils, qu'une simple eassure <^u la coupe aatorelle du siiex présentaient presque txMit faits, ont probal)lenveo t précédé les haches. Ces haches annonçaient déjà ui^e certaine expérience^ et conséquenament un progrès, tandis que beaucoup de ces outils ne montrent qu'une intention ou un début dans l'appËcation d'une idée. Tous ne sont pas ainsi ; il en est où la main de l'homme est manifeste* sauf pour ceux qui, inébranlables dans leur scepticisme, ne veulent pas ouvrir les yeux. Malheureusement, le nombre en est grand, et si la science a enfin adopté les haches du diluvium, elle ne s'est pas prononcée encore en ce qui concerne les outils.

Je ne me suis jamais expliqué pourquoi on ne veut pas croire aux outils de pierre. Cependant, si l'on admet que l'honune ne peut se passer d'outils, si l'on reconnaît aussi qu'avant la découverte des oiétaux force était bien de les faire d'une autre matière, que si le bois, l'os, le coquillage suffisaient pour quelques-uns^ ils n'étaient pas bons pour tous, dès-lors on compr^sndra qM cet homme ayant besoin d'un élément plus dur a dû avoir recours à la pierre, qui seule, convenait.

« — Tout ceci se peut, dira-t on, mais remonte à <les temps si reculés, qu'il est bien difficile, sinon impossible, de le démontrer ; ce n'est pas assez d'affirmer qu'il a pu y avoir des instruments de pierre» il faut nous prouver qu'il y en a eu. »»

Pour répondre à mon interlocuteur, j'en exhibe une collection complète. U la considère un instant d'un air

distrait. Quelquefois, par politesse, il ajwte : — Obi, efila a Map Tair travaillé -* Puis il en revieirt aax hadies, sans être cionvertâ atix outils. 11 est pourtant logÉKfie de croire que si les hofiimes antédiluviens ont fait les bâches, ils ont dA faire autre chose, parce que les haches seules ne pou^vaient pas suffire à leurs besoins.

Je conviens volontiers que l'apparence de ces outils n'est pas'fbtteuse (i); je dirai mémequ^il faut une ceKaine habitude, quand on n embrasse que Tensemble, pour apercevoir qu'il y a là un outil *, mais lorsqu^on en vient aux détails, et surtout si l'on consent à en faire l'essai, force est de reconoaitre quMl y a une intention, et que le travail tHMnain n'est pas là l'effet d'un simple caprice.

Nonobstant cette évidence, les préventions sont leHes, accoutumés que nou^ sommes à nos outils de fer, qu'il faudra des années encore pour qu'on o'oie qu'il y en a eu d'autres, disons plu^ pour qu'on admette quei^oiuiiie primitif ait eu des outiis (t).

(1) H ne s'agit ici que des outils de la période ant^dUuvienne et deç plus anoienpes toiirbière^. On trouye, en Norwégft, en Suède, en Dunep^arck et quelquefois dansno^ pays, des cout^auix^ des ciseaux, des gouges et des armes en sile^ d'un beau travail. Tous ces morceaux ne sont pas d'une grande ancienneté, et, dans le nombre, il en est qui sont contemporains de Page de bronze et même de cqlui de fer. Les Scandinaves s'en servaient encore durant les premiers siècles ^-o christiani^ioe.

(2) Nous «vous d^à p^rlé de ces outils primordiaux dan^ qq^ Antiquités celtiques et antédiluviennes, tome i*% chap. xvni, pi. 25 et 26, et tome ii% chap. xxiv, xxv, xxvi et xxvii, pi. 7, 8 et 9. Si nous revenons sur ce sujet, c'est que tii nos descriptions Qi nos dessins n'ont fait beaucoap de conversions. Peut-être ne serons-

II est vrai qu'il resterait à expliquer comment il aurait pu s'en passer? Nous avons vu que, jusqu'à présent, 6n n'avait pas rencontré une peuplade qui n'eût les siens.

De même que les premières armes, les premiers outils furent en bois. En sentant Tinsuffisance» Fhomme bientôt les fit en os, en corne de cerf ou du test de certains crustacés.

Ils manquaient encore de puissance ou de solidité, il en fallait de plus durs et de moins fragiles: on eût recours à la pierre.

Un caillou, qu'une brisure avait rendu tranchant, devint le premier couteau ; un autre caillou plus lourd, fixé par un lien à une branche en fourche ou fendue, fut la première pioche, et c'est ainsi qu'apparurent successivement la hache à manche et la cognée.

La scie, que la cassure dentelée du silex présentait naturellement, ne pouvait tarder à paraître.

La gouge, plus compliquée et qui exigeait uno plus longue main-d'œuvre, mais de laquelle le bec concave et à bords tranchants des oiseaux avait donné le modèle, vint ensuite.

Le marteau remplaça utilement la massue. Puis, parurent les instruments à égaliser et polir le bois, à nettoyer, assouplir les peaux et les rendre propres à faire des vêtements, des couvertures, des tentes.

Toutes ces inventions paraissent bien simples, et pourtant comment se fait- il que l'animal, même le plus intelligent et dont nous admirons l'instinct, la mémoire, la fidélité, n'a jamais pu les trouver? Il y a donc, comme

nous pas plus heureux aujourd'hui, mais nous ne perdons pas courage. L'erreur n'a qu'un temps; la vérité dure toujours.

nous l'avons dit, dans cette inspiration qui révèle Toutil à rhomme, une démarcation bien tracée entre l'homme et la brute (1).

Lorsque Dieu disait à l'homme déchu: Tu travailleras, il lui mettait de fait l'outil à la main, cet outil qui, dans cette main, devait devenir le sceptre du monde.

Du jour où il a posé le pied sur la terre, l'homme a donc travaillé; de ce jour aussi, en sentant l'utilité de l'instrument de ce travail et de l'aide qu'il en obtenait, il a dû chercher à l'améliorer, non-seulement en perfectionnant sa forme, mais en y employant la matière qui y convenait le plus.

Nous avons vu qu'il avait adopté la pierre. Mais il en est de bien des sortes: il y avait donc là encore un choix à faire. 11 essaya successivement le grès, le marbre, le granit, le porphyre, le jade, le jaspe, etc.

Le marbre et le grès n'étaient pas toujours assez durs; le granit et le porphyre Tétaient trop et présentaient à la taille de grandes difficultés; le jade et le jaspe étaient rares; néanmoins, il utilisa ces matières quand il n'en eut pas d'autres ou lorsqu'il s'agissait d'objets de luxe, car toute époque a eu le sien . Mais pour les outils sérieux, partout où il rencontra le silex, il lui donna la préférence. Les formes bizarres et capricieuses de cette pierre, dans

(1) L'ancienneté de rotilil sur la terre y prouve celle de la raison. Elle annonce aussi que les animaux, même les plus rapprochés de rhoiiiine par la Torme, les instincts et les passions, ne sont pas au même degré que lui. Le singe n'a jamais fait d'outils. L'outil, création raisonnée, prouve encore que c'est seulement sous la forme jhumaine qu'est apparu l'être raisonnable, ou plutôt que cette forme est la conséquence de l'éclosion de la raison sur notre globe.

leura variétés infinies, Ini 4!fn offraient qui, souvent, se rapprochaient de ^ustensile ou de Vafme qu'il voulait faire, et quelquefois lui en donnaient l'idée. Le snlex devint ak>rs l'élément favori de l'ouvrier^ et dans les pays où tt abonde, on découvre bietipeu d'outils qui n'en soient pas faits. Cet engouement s'étendaient même au loin 4 et dans ces pays aux silex on les travaillait nonseulement pour la consommation locale, mais aussi pour lescontrées lointaines où l'on retrouve encore ces preuves d'un antique commerce.

Dans cette partie des Gaules où les silex Sont si communs, la fabrication devait être considérable» et cela explique la quantité de pierres taillées ou ébauchées qtt'c« y rencontre, pour peu qu*On y creuse le sol (i ).

Celles qu'on m'apporte consistent presque toujours en haches et en couteaux ou éclats, mais il ne faut pas croire qu'il y ait moins d'outils. Malgré le peu de rareté des haches, lés silex ouvrés d'autres formes y sont plus communs encore, et jusqu'à ce jour, les savants, les curieux et les terrassiers eux'-méities n'en ont pas di-« minué le noûibre, cai* S'ils en ont reconnu, ils n'en ont guère ramassé, et lorsque ces derniers m'en ont présenté, ce n'est pas comme œuvres ^ mais comme eoriosités eu cailloux dont la forme et la cassure ne leur

(1) Lorsque, dans Tintérieur même d^iibbeville, ou fait qaelqu'exeaVatioD pour une tranchée, un puits, une cave, ou tes fondations d^une maison, il est rare quVm n'y trouve pas quelques silex taillés en hache, couteau ou éclat, soit dans la tourbe, soit dans le dilutium quVn rencontre ordinairement sous cette lôorheé J'ai dit qu'on recueillait aussi de ces haches dans les oampagnes énvironnaates, et sur les hauteurs comme sur les pentes.

semMaient pas ordinairoft. Quanta y voir un outil, c'est ce qui ne leur est pas encore arrivé

Rien d'étonnant à ceci : quoiqu'il y ait bien des variétés de haches, toutes ont un air de famille. Puis» pour dessiner une bâche, ne fàt*oe qu'une ébauche, il faut tailler la pierre dans tontes ses parties, tandis que pour avoir un outil fonctionnant, je ne dirai pas aussi bien que ceux d'acier, mais rendant un service analogue, il suffit d'obtenir une extrémité ou un angle bien tranchant et formant le ciseau, le biseau, le couteau, le poinçon, la scie, etc. (1). Ici donc les trois quarts de la pierre restent dans leur état brut ou naturel- H faut ainsi une grande habitude pour les distinguer parmi des milliers d'autres qui, au premier coup-d'œil, ea diffèrent si peu. Aussi ee

(I) Avec une apparence rustique, tous ces outils, et spécialement les scies dont on faisait un graud usage, car on en trouve de toutes les tailles et de toutes les formes, étaient parfaitement conçus. Là, le faiseur se préoccupait peu de la finesse de la pâte; souvent même il faisait choix de la plus grossière, ou celle dont la brisure présentait le plus d^aspérilés, lesquelles lui fournissaient naturellement une sorte de dentelure. Il ne s'agissait pas de flatter Tosil, ce n'était pas )à des objets d'échange, pas môme de ceux pour lesquels on avait recours aux fabricants, on y pourvoyait soi-même : c'étaient les instruments du moment. Cette inégalité des dents avait son utilité : on en ménageait qui, recourbées on crochet ou râteau, servaient de ratisaoires. Lorsqu'on examine tout le parti qu'on tirait de ces instruments si divers, ou paie un tribut d'admiration à ceux qui les inventèrent. Il est certaines haches, et ce ne sont pas les plus belles, qui peuvent servir à percer, creuser, scier» dégrossir et polir le bois, l'os, la pierre même. Elles servaient aussi à ouvrir et désarticuler les animaux tués à la chasse, puis à débarrasser leurs peaux des parties charnues, enfin k unir ces peaux, à les épiler et à les rendre flexibles. L«ur emploi culinaire ne se bornait même pas à découper les viandes: on les employait encore à entamer les fruits à éoorce

n'est pas en un jour que j'ai appris à faire cette distinction, et malgré la conviction où j'étais que les bancs diluviens devaient m'oiTrir d'autres formes que les haches, je ne découvrais rien qui ressemblât à ce que j'imaginais: j'avais rêvé des outils conçus et exécutés comme l'étaient ces haches, c'est-à-dire taillés dans toutes leurs parties. Je remarquais bien des pierres dont quelques portions enlevées semblaient l'avoir été de main d'homme^ mais pourquoi ce travail, quand tout le reste était brut? Il ne tendait pas à représenter une figure; ce n'était pas non plus une hache, pas même son ébauche, et pas davantage un couteau. Je n'y voyais donc qu-un silex qu*on avait essayé, puis abandonné, et je ne prenais pas même la peine de le ramasser.

dure, à ouvrir les huîtres, comme faisaient également ces couteaux de silex qui ont été utilisés dans le nord jusqu'à l'époque historique.

On s'est donc grandement trompé quand on a cru que ces haches n'étaient que des casse-tête, et qu'avec ces couteaux, elles offraient les seuls instruments dont s'aidaient nos pères. Dès ces temps éloignés de nous, ils possédaient, en pierre, à peu près tous les types des outils de fer dont nous nous servons aujourd'hui ; ce qui annonce qu'avec les mêmes besoins que nous et, sur beaucoup de points, des habitudes analogues, i!s avaient les mêmes moyens d'y pourvoir.

En retrouvant ici les insignes de leur métier, nos ouvriers peuvent voir que le travail date de loin, et que cette parole de Dieu à Adam : Tu gageras ton pain, ne fut pas vaine : dès ce jour, l'homme fut voué au travail.

Qu'il ne s'en plaigne pas, ce fut le signal de son émancipation : d'enfant qu'il était, le travail l'a fait homme. L'outil devint l'instrument de son indépendance. C'est l'outil et l'emploi qu'il en sut faire qui établirent une ligne de démarcation entre lui et l'animal; c'est par l'outil qu'il le dépassa, puis le dompta, et, de lui, (it un outil, quand il devrait y voir un associé ou un aide.

Ici, j^ai encore une fois eu la preuve qu'il ne faut négliger aucun indice, car si j'avais fait plus attention à ceux-ci, ma collection d'outils, si nombreuse aujourd'hui, le serait plus encore, et l'aurait été plus (ôt. Il a fallu qu'une circonstance heureuse, le hasard si vous voulez, me vint en aide. Un jour, deux de ces silex que je prenais pour des rebuts se trouvaient accidentellement réunis: leur forme était étrange; dans leur bizarrerie, bien qu'endommagés, ils se ressemblaient. Je les ramassai et je vis que les éclats de la partie non altérée avaient été détachés sur des points analogues. Ici, ce n'étaient pas des figures qu'on avait voulu faire; qu'était-ce donc? des armes? — Non. — Des outils, mais quels outils ! Ces pierres, d'ailleurs tronquées, étaient si grossières, si peu travaillées, qu'il était bien dificile de deviner à quoi elles pouvaient avoir été bonnes. Elles ne m'apprirent donc pas grand chose, mais elles me donnèrent à penser. Je les emportai pour me servir de point de comparaison avec d'autres qui pourraient me tomber sons la main .

L'occasion ne tarda pas à se présenter. On avait ouvert, aux environs d'Abbeville, une nouvelle sablière. Ne pouvant m'y rendre, je fis apporter chez moi une brouettée de sable et de cailloux pris dans les couches vierges, à 3 ou 4 mètres de profondeur.

11 y avait) dans cette masse de sable, plusieurs douzaines de silex, tels que les offrent ces bancs, les uns roulés, les autres intacts et encore revêtus de leur écorce; enfin, il y en avait de brisés, et parmi ceux-ci, j'en trouvai quatre dont les brisures ne me semblèrent pas naturelles. Je' croyais même y voir du rapport avec celles des deux cailloux dont la ressemblance m'avait frappé, et je me

félicitai de les avoir conservés, ce qui me permettait d'en faire une étude comparative. Hais la journée était avancée, et pour cet examen, il fallait le soleil. J'attendis le lendemain.

De bonne heure j'étais, une loupe à la main,. en fhoe de mes silex, et je restai convaincu que toute grossière qu'était leur forme, elle avait sa destination.

Ceci date de bien des années. Gomme ces quatre silex ont été pour moi le point de départ de bien d'autres trouvailles du même genre, car pour la recherche de ces produits grossiers que dédaignent les amateurs et que n'aperçoivent pas les ouvriers, je n'ai pu compter que sur moi même, je demande la permission d'en faire une description détaillée.

Le premier que j'examinai était long de \2 centimètres, large de 4, épais de 2, d'une forme oblongue y il semblait avoir été taillé en cinq coups hardiment frappés et par une main expérimentée*, sa base est coupée carrément, et sa tète en biseau est si fortement établie que pour entailler le bois et le polir, il vaut presque un outil de fer. Mais ce qui me frappa, c'est un éclat enlevé pour pratiquer un enfoncement propre à placer l'index et à donner de la force à l'outil, serré entre le pouce et le second doigt (pi. IV, 6g. i).

Le n^' 2 a 45 centimètres de longueur, 3 de largeur à la base,'! à la tête 11 est grossièrement arrondi à cette base, plat sur une face et, de l'autre, traversé dans toute sa longueur par une arête qui, de même que dans le précédent, a été adoucie à 3 centimètres avant la tête ou la brisure qui le termine

Cet outil est, comme l'autre, destiné à creuser et unir le bois et la pierre tendre, à y percer et agrandir des

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trous en le faisant agir perpendiculairement de gaoebeà droite, en façon de vrille. C'est encore un instruoient très^'biea conçu (pi. Y, fig. 2)«

Le n^ii également long de 15 centimètres, en a 4 de largeur à sa base qui est arrondie, et t d'épaisseur. 11 ressemble au précédent, sauf qu'an lieu d'être plat sur une face, il est bombé des deux côtés. Destiné au même usage que l'autre, là encore l'arête est adoucie à l'endroit où l'index doit être appuyé pour donner de la force à Footil ; de l'autre cdté^ une petite excavation a été ménagée entre deux éclats dans la même intention ou celle d'y poser l'index (pi lY, tig. 3).

Le n<^ 4 a id centimètres de long; il est arrondi à la base comme les deux précédents^ large à cette base de 45 millimètres, bombé d'un côté et concave de l'autre de 1 centimètre dans sa plus grande concavité* Sa tête est large de 2 centimètres L'arête longitudinale n'a pas été abattue, mais elle est portée à droite, de manière à laisser une large place pou r l'index conducteur de l'outil. Gelui-ct est également destiné à creuser, mais surtout à gratter, et trois petits éclats ont été détacbés sur la face concave pour aider à ce grattage par une légère courbure. Cet outil peut encore être utilisé comme scie: un éclat a anssi été enlevé sur la face opposée au tranchant, pour y placer l'index et en diriger le mouvement.

J'ai ensuite examiné des silex de formes analogues, mais venant d'autres bancs : sur plusieurs encore, j'ai trouvé la place destinée à poser le doigt et l'arête abattue quand elle gênait son application.

Je me suis demandé pourquoi elle ne l'était pas dans la circonférence, sauf à la base sur laquelle il faut peser fortement pour pousser l'outil en avant ?•- C'est que

raplanissement de l'arête n'est nécessaire qu'à la base ; dès que la paume de la main qui s'appuie sur cette base arrondie est garantie et que le pouce s'étend naturelle • ment sur la face de dessous où l'ouvrier lui a aussi ménagé une place, on peut hardiment et sans crainte de blessure, se servir de l'instrument (pi. IV, fig. A).

Voilà bien des mots au sujet de quatre pnuvres pierres qui, déjà, ont excité bien des sourires, et qui en exciteront probablement encore quand on comparera leur infériorité artistique à l'importance que j'y attache; mais l'examen de ces quatre silex fut pour moi une révélation : je compris alors pourquoi certaines pierres ayant d'un côté un tranchant et de l'autre un dos épais, représentaient assez une hache coupée en deux dans sa longueur. Cette forme était bien combinée; le dos servait à saisir l'outil en posant le pouce sur sa face gauche et en étendant l'index sur ce dos. De cette façon, on employait facilement le tranchant, auquel cette position donne une grande force (1).

(1) Voici une lettre que Tauleur écrivait le 25 mai 1849 au docteur Ravin, membre de la Société d'Émulation, sur ia manière de reconnaître et d'employer les outils de pierre :

« Je maintiens, mon cher docteur, ce que j'ai dit à M. Buteux : que les hommes de l'époque antédiluvienne, non-seulement n'étaient pas des géants, mais qu'ils devaient être d'une taille plus rapprochée de celle des Lapons que de la nôtre. Ce qui ne l'a fait croire, c'est la forme des haches et des outils de cette période.

« Dans ces haches, il y en a de deux espèces: 1* celles qui étaient destinées à être emmanchées; 2^ celles dont on se servait à la main. Or, si vous essayez d'employer ces dernières à couper, scier, tailler, creuser le bois ou l'os, vous verrez qu'elles indiquent une main plutôt petite que grande.

a Vous remarquerez aussi que ces haches non polies, quelque

Dans d'autres silex dont la ba3e avait été arrondie au moyen de quelques coups, et dont Tautre extrémité était taillée en pointe ou en biseau, il était évident, nonobstant le peu de fini du travail, que ce travail existait, en un mot, qu'il y avait bien là un outil. Si vous en faisiez l'épreuve, vous reconnaissiez que, moins grossier ou plus flatteur à l'œil, il n'eût pas été plus propre à sa destination ; probablement niême qu'il l'eût été moins : en le

grossières qu'elles semblent, sont disposées de façon à être facilement empoignées et à tenir solidement dans la main sans la gêner ni la blesser, précaution indispensable, puisque leur emploi comme outil exige un maniement commode et une certaine dépense de force. Ces haches-outils servaient à beaucoup de choses, même à fouiller la terre pour en extraire des bulbes et des racines, à découper les animaux tués à la chasse, à désarticuler les os, à gratter et assouplir les peaux pour en faire des couvertures, des vêtements, etc.

« Dans un grand nombre, vous apercevrez qu'en opérant le dégrossissement de la pierre et en enlevant les éclats au moyen d'une autre pierre, on ménageait sur une face de la hache une place pour appuyer Tindex, et sur l'autre face, une seconde place pour poser le pouce. Ceci était fait de manière à ce qu'on pût se servir facilement de la pointe de la hache quand elle en avait une, ou du tranchant, puis de la circonférence.

a Les haches ne sont pas les seuls outils de pierre, et il y en a bien d'autres auxquels leur forme brute empêche de faire attention. Ils sont cependant non moins bien combinés que les haches. S'ils ne sont pas destinés à l'emmanchement, ces mêmes places pour l'index et le pouce sont toujours soigneusement réservées. C'est ordinairement à ces signes que j'ai d'abord recours pour voir si la hache n'est pas une ébauche abandonnée, ou bien si l'outil dont les formes sont moins arrêtées et régulières que celles des haches, n'est pas un accident ou une brisure naturelle.

« Pour en revenir à mes conclusions sur la taille des hommes antédiluviens, je dis donc que ces haches et outils, ainsi que la disposition de ces places pour l'index et le pouce, annoncent une

InriMMt ou l« polisMnt, on Teut offailili et rendu moins toiide 6 la main.

Cette solidité «t ceÉte eommoéité étaient, oomnae j'ai crn le voir, le premier soin 4e l'ouvrier, car là encore on trouve ta place de Ttndex pour maintenir et diriger routil.

Sar ^elques silex ovales et plats, reoonaemsables par leur brisure faite d*»on seul coup, on voit qu'au milieu de Tovale on a ménagé une cavité, ou simplement qu'à cette place on a abattu l'arête. Ceci a Heu toujours dans cette intention d'indiquer la place du pouce, lequel, avec

nain «moyeane. Il e^t vrai q«e j*8i rencontré qaciqaes badies de €»rte dhnensiovi, maïs dles sont rares ; tandis qae chez les sauF^ges qui en fabriquent encore anjoard^hui, ces grandes haches sont fréquentes.

« Quant aux autres outils antédiluviens d'une dimension inférieure à celle de nos instruments de fer servont aux mêmes usages, ils varienit de trois ii vingt centimètres. En examinant avec attention ces outils informes en apparence, on y retrouve les types primordiaux de ceux de nos ateliers.

« Si je vous commiinique ces remarques, je ne m*y aventorerais pas avec d'autres, car tk n'y verraient que des chimères et n'y croiraient pas ; ou s'ils y croyaient, ils les regarderaient comme puériles»^ « A quoi bon, disait l'antre jour M. ^*, diercher des ontilsde pierre quand nous en avons d^aeîer? > ^ J'aurais pu lui répondne : Nous n'en «vons d'aoier que parce que quelqu'un a inventé ceux de pierre.

« Je n'adoipte pas entièrement voire opinion sur la oaloratiaa des pierres. La patine des silex taillés n'est pas toujours une preuve de leur origine aatédilu vienne, i'ai souvent jtronvé .sur le sol dm» fcafments de haches polies, et même des haches entières de l'époque celtique, ^revêtus d'une fa tine. blanche ou jaunâtre.

« D'un autre côté, j'ai reooeilli idans des tarrmns vierges, à l'Hôpital, à Saint-'fiilles, a MottltniQ<iignon ot notamment i Men* checourt, à oeuf ou dix mètre» de profondeur, et plus bas que les

l'itMiex, joue partout le gnainl rôi^ dws le laaiiittMiit des outils

Ces détaiU et cette intentioD ne s'apen^vtat pas tout d'abord» mais de remarque en remarqifte, m y arrive, U l'on acquiert la convictioa que quelqQ^agrestes, bizarnes», informes que paraissent ees silex-outiki 4û&t on coftieate encore le travail et qu'on n'bonore pas œéme du tilne d'ébauches, tous on^t été ainsi disposés avec une intention bien marquée et «dirigée vers <ua but qu'on finit par découvrir., but qui est toiijours l'utiliité. S'ite n'eussent été que des objets de parade ou de caprice, enfin de

os d'éléphants, des sriex qu'ion croirait travaillés d« la rélW.. Cela vient de la nature du 4erraTn plus on nïoins conservateur, principaiemeni dans 'le voisinage de ta craie. 'Sous cette-masse crayeuse et sableuse, Thiflaenee extérieare est nufte, et la dnrée sans effet, comme leFn peut le voir aussi -dans lu craie vierge oii les ceîlloax brisés par la pression à une époque des plus recn^s, sembtent PaToir -ét-é à fmstant méine. Ils ont conservé leerr fratcheor fît toutes les arêtes de leurs brisores.

« Il en est de même, je le répète, des silex taillés -de main d'homme^, cette apparence de jeu nef»seannofice seulement quMls n'ont pas été coulées, ni lt)ngtpmps exposés à l*air avant d'être entraînés par les eauxfni recouverts .par les 'bancs.

« J'ai fait Ja même remarque sur des os enfouis dans de bonnes conditions. Ils petweift remonter à la plus haute antiquité sans présenter à l'œil ni même à l'analyse, aucun des indices qui, diaprés la science, déterminent la fossilité.

« La patine des haches ne prouve non plus rien autre chose que leur long séjour sur le sol où elles ont é\é exposées à l'action ahernalive dn chaud -et du froid, dn soleil et de la f^ie, et surtaxa de la rosée qui, chacun le sait, Bid« à la décoloration.

« il est sans doute des terrains, quand les éléments métalliques y dominent, qui peuvent à la longue donner teur couleur aux silex; mais ces ottanees défèrent de la patine blanche, grise ou Jaunâtre qui résulte de l'exposition à Pair; elle a une épaisseur

simples joaets, on les aurait faits plus beaux, puisqu'ils n'auraient pas eu d'autre mérite.

Si j'ai présenté ce petit narré des circonstances qui m'ont conduit à découvrir ces outils de silex dont j'avais prévu et annoncé l'existence, mais que je ne savais pas encore reconnaître, c'est pour engager ceux qui voudraient se livrer à cette étude à ne pas se décourager. Je n'ai pas saisi tout d'abord leur spécialité, parce que je m'étais fait une fausse idée de leur figure et surtout de leur fini. Maintenant que je les ai signalés dans toute

appréciable, tandis que la nuance provenant du contact de la gangue sableuse, limoneuse ou argileuse ne Ta point, et qu'elle ne résiste même pas toujours à l'elfet des eaux.

« Les silex enfouis dans ces bancs revêtus d'une patine, semblent s'y colorer plus aisément que ceux qui ont gardé leur teinte naturelle : les haches et couteaux de silex gris foncé ou noir y restent ordinairement gris ou noirs. Les silex naturellement jaunâtres ou d'un gris très-clair, paraissent plus impressionnables aux effets des bancs, et en prennent plus aisément la teinte ferrugineuse.

a Je ne vous donne pas tous ces faits comme prouvés, je vous les indique seulement comme choses à examiner. Celte étude des silex, que j'ai commencée il y a plus de vingt ans, n'est pourtant qu'à sou début. C'est que j'y ai été fort peu secondé, et c'est grâce à vous et à vos bonnes paroles que je n'ai pas perdu courage.

« J'oubliais de vous dire -ce que vous savez probablement déjà, que certaines tourbières blanchissent les silex, mais c'est une exception . Il est aussi des argiles et des tufs qui en altèrent la couleur; ils agissent plus fortement encore sur les os. J'ai vu des tufs qui dessèchent ces os en peu d'années, et les font paraître fossiles. 11 ne faut donc pas déterminer la fossilité d'après l'apparence ni même l'analyse chimique; c'est la position géologique qu'on doit examiner, et le terrain qu'il faut analyser. 11 est prudent d'agir de même à l'égard des silex travaillés, et de ne pas en déterminer l'âge au coup-d'ceil. »

Imt vusÉicflé, <m a|iprefidra, 9^M tirop i^ pesM^ i les distiiigiiep» puiis è les apprécier, Qt à mesure ^'€iQ m recueilleira, ks: préwptioi^ tambeP€At.

6»ia& ceâ premiiers essais de Vmk, ua sior^eaii* u^lqiiQ, Hiéflie deux, môme trois, peuvent laissée des doutas; veuà^ qudod on en réuait dix, vingt, trente, qui msà semMables, ou du moins dont Vlotention est évidemment la même, alors il faut bien* se décider à croire. L'aceid^, ou ce qu'on nomme le hasard,, ne se répète paaaîns ^ Ws tffetsFQui en naissent peuve^tse rapprocher, mais nei sont jamais deux fois identiquement égaux. Mous iivoas ado^pté leshaobes, aous croirons aussi nux outils* Je suis convaincu* que, dans cette spécialité même, il y a de grandes découvertes à Sme^ et qu'un jour la çqUection de nos ustensiles et outils primordiaux sera considérée avec toute l'attention qu'elle mérite, car ces outils sont nos premières preuvesde raison, nos premiers titres au rsi^ d'homotô et de ces titres qu'aucune autre créature ter*^ restre ne peut montrer.

IHous allons maintenant décrire quelques autres de oes outils^. Moiis^ le ferons spmmairetnent; Içs dessins suppléeront à ce qui manquera à ces desciriptions^ qui deviennent d'ailleurs assez^ difficiles quand il s*agit de aiorceaux où le travail humain est si bien mêlé h celui de 1^. nature, que s'il est possible de les distinguer à l'œil il ne l'est pas toujours d'établir nettement cette distinction dans un récit.

J'ajouterai que quoique cette rusticité soit le caractère, du plus grand nombre, elle ne les comprend pas tous; on en rencontre dont on saisit sans peine, non-seulemept le travail, mais aussi l'application : là, on, u'a bespin que de ses yeux.

11 en edt encore une spécialité sur laquelle l'œil ne peut se tromper, mais dont je n*ai point parlé, parce qu'on en trouve peu en ce pays: ce sont ceux qui sont faits en d'autre pierre que le silex. J'en ai vu de fort beaux dans le nord, en Morwége, en Suède, en Danemarck. Dans ce nombre, il en est de très-anciens; mais d'autres appartiennent à l'âge historique; ils sortent dès-lors de la question. Nous nous renfermons donc ici dans celle des outils en silex de nos pays.

II est à remarquer que les pierres bonnes à faire les haches ne sont pas toujours celles qui se prêtent le mieux à la confection des outils. Sans doute l'ouvrier antique, quand il devait tailler une hache, s'appliquait à trouver un silex se rapprochant le plus de la dimension et de la forme qu'il voulait donner à cette hache. Néanmoins, cela n'était pas une condition absolue, et lorsque ce silex était sans défaut ni fissure, en faveur de sa qualité on passait sur sa forme. Mais quand il s'agissait d'outils, c'était presque toujours cette forme qui déterminait le choix de l'ouvrier. C'est qu'en effet il était de ces outils qu'on n'aurait jamais pu faire, si le silex ne présentait pas naturellement tel angle, telle courbe ou telle surface plane ou concave: Par exemple : l'ouvrier antique trouvait un silex demi ovale, plat d'un côté, convexe de l'autre, avec un creux naturel propre à y étendre le pouce, de manière à peser sur toute la longueur de la pierre et à lui imprimer un mouvement en tous sens Ce silex, qu'il recueillait avec soin, lui servait, s'il était sans fissure, à faire un instrument dont l'un des côtés, aiguisé longitudinalement et manœuvré de droite à gauche par une impulsion horizontale, égalisait et aplanissait le bois: ce fut le rabot primitif (pi. V, fig. 4).

Ud autre silex de forme oblongue, arrondi d'un côté de façon à bien remplir la main, et, de Tautre, se rétrécissant, était un instrument presque tout fait: il ne s'agissait que d'aiguiser en pointe la partie étroite. Cette pointe se brisait-elle, par une légère retaille on en faisait un ciseau

La série de ces ciseaux et biseaux est surtout trèsriche dans les bancs antédiluviens, et j'en ai réuni une belle collection. Il y en a pour les plus gros ouvrages comme pour les plus délicats. On a profité des silex de toutes les formes, afin de pouvoir donner à l'outil les courbes nécessaires pour atteindre et fouiller le bois dans tous les sens. En un mot, il est peu de nos instruments d'ébénisterie et même de sculpture dont on ne retrouve, en pierre, les types originels.

On reconnaît ces ciseaux à un tranchant affilé, mais fort, et qui, soigneusement préparé, puis fini parle frottement, ne ressemble en rien à une brisure accidentelle.

Les tranchants des outils à couper sont ordinairement faits avec beaucoup d'adresse et de patience. J'en ai vu auxquels on avait laissé une certaine épaisseur, puis qu'on avait affilés au moyen de petits éclats détachés, opération difficile, puisqu'en dentelant ce tranchant, il ne fallait pas Témousser. La confection des instruments en bec de canne ou en bec d'âne demandait aussi de l'habitude.

En outre des ciseaux au tranchant recourbé, il y en a de plus larges et dont la forme est précisément celle des castagnettes. Ceux-ci, communs dans les tourbières et les sépultures celtiques, et qu'on voit aussi dans le diluvium, s'emmanchent; mais il en est d'autres beaucoup plus rares et qu'on trouve, comme les premiers,

^fins le9 tecraina ceUiq^ue^ ^i (juatornairei^ ^^Vf-^i s^Qt a manche fixe et cie fa même pierre, dont Fenseinble représente ai^ez bien une cuillère.

De granç^ grattoirs, a^ant quelquefois jusqu'à 20 ^entin^etr^s dq Ign^ueur sur 8 à iQ de largeur et 4 d'épaisseur, figurant un carré long, sont d'une pierre Çlat^Q ^eçQurb^e à l'extrémité de la face ii^fériçure. Ils servaient à é^alisçr le fçnd, ^çs canots qu des aygesî, è racler les peaux Qt à Iqs dégager des parties, clvjirnuQS.

D'autres égalçnient plat$, çnais formant un ovalç alloipkgé^^evaient être employés à (ouiller la terre: ç'é* taient des ^steQsiles de jardinage.

Des couteaux triangulaires en forme de prisme, long de 15 à 16 centi;nètres» terminés par un tranchant eç quart de cercle et se relevan,t en pointe aiguë, devaient servir h Quvrir le flanc des victimes et à découper les cbairs^ Le de^in en est dan$ le tome i^' des Antiquités celtiques^et antédiluviennes, pi. LXXYll, fig. 4

Les Qpirv$ ^ fendre le bois ou la pierre sont copimuns dans le diiuviun^.. On en trouve de toutes les tailles, et, dan^ ce noml^re» d'une coupe absolument identique à cçUe de noa coins de fer. On en voit aussi en grès.

^ous avQUS cité <^es pierres taillées à quatre ou six pans, rei^çemblqnt en petit à des colonnes de basalte et variant dç 6 à 15 centimètres de hauteur, servant à enfoncer des chevilles. 11 en est de figure cylindrique. Les silex naturellement de cette forme ne sont pas rares; on s^est contenté d'en aplanir les deux extrémités. Ce sont des rouleaux qui ressemblent à ceux avec lesquels on étend la pâte (pL IX, fig 5).

Dec pierrefii aplaties, aiguisées dans toute leur circonférence, formant ainsi un tranchant continu et qu'on a,

je cttris, fttal i pt*opos noWthées pSerne^ tfk frtmie, cet

elles p^imlssenl trop itoignèusetiaetit ftites potii*ètH6 ainét

jfitées au vent, étaiient, à Pàtti^ 4é cié tranchant, proi^t-ëè

^«^ ^ ^ ^ • Wen des asiffes : ébréché d'on côté* ce trandiatit serh. ^ m. ** ^^ i aatrte. On tirait mêinte|>arti de tes «ebrechures»

d'an disqoe sertaat à ccoper, on faisait une «cie

«culttire (pi. IXk fig. «).

II est de ces pierres ayant jusqa'à f centimètres die imètre, mais lenr dîmeftsimi ordinaire est miiriiidre de )ili<é. Les unes sont rondes^ lem autres ée pr^ésentetit 'un demi-cercle. H en est aassi d*ova4es. Une de ce4lei^ longue de 46 eentiraètres, large ëe \k^ pourrait, si

; e était emmanchée, servir de pelle (pi. IX, fig. 7).

Le diiuvium fournit aussi abondamment des chevilles t tes d'un ^ilex qui se prMe à cette forme, mais les plas

I sindes txmt en silex en tabie^ Ces chevilles remplaiféieiit

I ut-étre nos clous. Cependant on trouve égaiement,

' (Wo. of 8Mt) pg jgg bancs, des Silex taillés en clous à tète. Qooique rv ^ j ^^^^ communs que les autres, ils n'y sont pas très*

'^' "" fes^ Ils n^atteignent pas les dimensions des chevilles

i ont jusqu'à 15 centimètres de longueur, mais il y en » le 10 centimètres La tète est formée soavent ipar un

] rident du silex qu'on choisissait à cet effet. La figure

,ces clous est très -diverse : il y en a avec crampons» d'autres représentent des chevrons.

Je dois pourtant ajouter que ces silex en chevilles et en clons sont ceux dont je ne me suis pas entièrement expliqué Tusage. Sans doute ils pouvaient servir, comme nos clous, à assemhler et joindre des pièces de bois, et on m'a assuré qu'on en avait ainsi trouvé dans la tourbe en Angleterre. Mais ici à qnoi bon la pierre, q«nnd le bois ponvatt remptir le même office et avec ptns d'avan^

tage, étant moins cassant que les silex et plus facile à travailler? Ces clous et chevilles en pierre avaient probablement encore quelqu'autre destination.

La scie, avons nous dit, était aussi fréquemment employée. 11 y en a de fort petites pour les ouvrages délicats, mais on en rencontre aussi de 25 centimètres de longueur, ayant un dos épais d'un côté pour y appuyer Tindex, et souvent, pour manche, une partie arrondie qui remplit bien la main. D'autres s'emmanchent par une extrémité, ou, comme les couteaux, au moyen d*une fente pratiquée dans une pièce de bois.

Les haches-scies, ou pouvant à la fois servir d'armes et de scies, sont peu communes. J'en ai une ayant 23 centimètres de longueur sur 6 de largeur, d'un travail très- remarquable. Elle a été4rouvée dans les environs d'AbbevUle, à Port-sur-Somme, à 1 mètre environ de profondeur; mais ne l'ayant pas vue en place, je ne puis dire de quel terrain elle provient (pi. Vil, fig. 2).

Les marteaux formés d'un seul silex, dont une partie sert de manche, sont assez rares. 11 y en a à face plane, comme les marteaux ordinaires; d'autres à pointe et servant probablement de casse- tète (4).

En outre des haches en amande, en ovale, etc., il en est dont la forme ne diffère pas de nos véritables haches, notamment de celle dont s'armaient nos pères et qui a hérité de leur nom : la francisque. La tradition en remonterait elle jusque-là? Je ne prétends pas Taflirmer,

(1) Ces morceaux sont toujours d'une assez grande dimension : 16 à 25 centimètres. On peul en voir le dessin dans le tome ii* des Antiquités celtiques, planche VIII, fig. 25. J'en ai trouvé un antre à Moulin-Quignon, en 1S63, avec des ossements humains.

mais ceci fût-il, je n'y verrais rien de bien étonnant, puisqu'il est tant d'autres outils dont le type n'a jamais varié (pi. XI,fig. 1).

Il y a de ces haches et hachettes de dimensions diverses, depuis 5 centimètres dans leur plus grand

développement jusqu'à 25 (Antiquités celtiques et antédUnviennes, tome i*', pi. LXXVIII, fig. 5). Les petites et les moyennes sont assez souvent munies d'un tranchant^ mais d'autres, et surtout les plus grandes, en sont dépourvues^ on remarque même qu'elles n'ont pas été faites pour en avoir. Les petites et les moyennes étaient des outils. Les grandes étaient des armes, de véritables assommoirs, ou si on les employait au travail, c'était plutôt pour briser que pour trancher.

Il y a également des outils pour des travaux plus délicats, pour coudre les peaux ou percer l'os, le bois, les coquillages destinés à la parure, car la parure aussi date des premiers jours du monde (1). Les uns étaient destinés à commencer le trou, les autres à l'élargir. Il y a même de ces poinçons en hélice ou spirale, qui ressemblent à nos vrilles (pi. X, fig. 4).

Beaucoup d'instruments étaient à deux fins: ils servaient à la fois d'armes, d'outils, d'engins de chasse et

(1) Il est à remarquer que les peuples les plus bruts sont ceux qui consacrent le plus de temps à leur toilette. Elle est, chez eux, une affaire sérieuse tenant, chez quelques-uns comme chez nous, à la politique et à la religion, mais émanant, chez la plupart, d'une vanité qui semble plus prononcée chez les hommes que chez les femmes. C'est sur ce sentiment bien connu que spéculent tous les marchands d'esclaves. La coquetterie est uà des premiers aliments de la traite : on donnera trois esclaves pour un collier de verrotterie de trois francs.

de pècfhc. Des trilex en fer dé lanc^ étaient empM^ 6(ymtne cooteâux à double tranchant, puis comme lan^^e^ à Faide d'un manche, enfin comme projectiles. La lôbgtreur de ces couteaux-lancer varie de 6 à 16 centimètres 11 y en avait aussi en tête de flèche avec «irête, pouvant servir de harpons (pi IX, fig. 1, 2, 5^ 4).

Outre les outils dont la poignée était prise dans la pierre même, on en feisait pour être employés à l'aide d'un manche en bois, en os, en oonie. L'usage de ces silex qai pouvaient être emmanchés s'est perpétué daM tous les temps. Ce sont eux qu'on trouve par centaines autour des vases cinéraires dans les tourbières et les sépultures celtiques, mêlés à une quantité d'os de quadrupèdes dont la diversité et les brisures annoncent que ces aniûiaux étaient dépecés quand on les y enterrait ; e'était la primeur o«i peut-être les restes du festin Chacun de ces lûlex dits éclais, placé là comme eœ voi^ «n l'honneur du défunt, devait être un outil, o« du moins sa figure. £n effet, vous y trouvez, plus où moins inis, des hachettes, des couteaux, des poinçonSi, des ciseaux, de petites scies, surtout de ces ricloirs en 'castagnette dont j'ai déjà parié, convexes d'un côté, un |>ett concaves de l'autre , et pourvus d'un tranchant recourbé.

Au milieu de ces masses de cailloux taillés des sépultures, vous trouvez des tibias, des fémurs, des canons de cerf, de chevreuil, de sanglier, etc., qui devaient servir à emmancher les mieux faits de ces outils. Chaque manche pouvait s'adapter à divers instruments ; voilà pourquoi on en trouve peu, comparativement au nombre de pierres à emmancher. Remarquez aussi qu'il fallait souvent renouveler ces pierres qui s'usaient et a'ébrécbaient ,

tnDAiii qùt te» tn&ti6hes en os èiifiiiefit i«)défitiî>mèlit (i);

P^irmi^ gfând nôttibre il'Mtflis élMiîMïhés, lestettfiiftft ôëttiqu^ ôffreât de lo\tï à loin «quelques baèbes^t^Uéft : ^'étaient les eilTràtièeis des thefs, fabriquées tsatis de>u«e à cette iMentioû, ctif M tecOAtititt tout d'ftt>ord qu'dtes n^ont jamais servi. Des instrtft&ebts semblable^, tréuvéi près des dolmens, et que f ai rapportél de Bretftguè) étaient également intacts.

Mais utie déeots'rerte assez fëfftârqtiieible qoe j'ai ftfite en Î8î5«, dans nos tourbières, est celle d'outîls ^en^iiâl à polir ces hacbea, et de pierres sûr teaq^èlles m «vee lesquelles on les frottait pour en faire âispBrattne les inégalités. Ces pierres, les unes eone«ives, les a^trefe^eo bodea et à faeettes, sont tootes en grè« griii ou ro«fe^ mais parmi les outils *et les demi-boules servant aussi

(I) Les «uvrierfe désignent tous ces silex des tQiu-bières ou des bancs, dont ils ne peuvent s'expliquer ni la forme ni remploi, sous le nom à^éclats. Les uns les regardent comme des pierres naturellement brisées; les autres y yoient les restes des si)èx ^ui ont servi à faire des haches, et bien des archéologues ont adopté cette opinion. Au premier abord, elle rh^avâit paru l'âtlonnelle, mais après examen, j'ai vu que, dans ces tuilliers d'éclats ()ui entourent les vases cinéraires des gisSenients celtiques et qu*ûa retrouve aussi dans les tombelles, il y a un certain nombre àé types toujours répétés: ce sont deà hachettes, des côuteairt, des scies, des ciseaux, des râcloirs, eXt»\ mais beaucoup Ont été fa^ briqués tellement à la hâte, quMs rappellent à pethe les types qu'on a voulu représenter.

Ces armes, ces outils en silex qu^oft fépandait avec tafit de profusion autour des vases cinéraires, étaient uhÈ suite dû cérémonial funèbre, un hommage au mort, dons offerts pour Vautre Vie et pour les besoins quMI y pouvait avoir : des outils pour ses serviteurs, des armes pour ses guerriers.

Dans ces masses d'éclats, on rencontre totiJOùfS quelque pKce de dMrit î t*étaH refffaade <du ehêf vivaai â«i «kef dMrtil, «m signe

-seau frottement, il en est d'une pierre volcanique noire, très- dure et poreuse, probablement rapportée de fort loin, car je n'en ai jamais rencontré d'autre échantillon dans ce pays. Tous ces outils étaient dans la tourbe, à plusieurs mètres au-dessous du niveau de la Somme, et non loin de vases cinéraires. Étaient-ce aussi des exvoto, ou avaient-ils appartenu à celui dont les vases contenaiomt les cendres? (PI. XI, fig. 2 à 1 1).

Les peuples antéhistoriques qui usaient de ces polissoirs et de ces haches, et que nous avons baptisés celtiques à défaut de leurs noms oubliés, faisaient, notamment dans leurs cérémonies funéraires, un grand usage de vases : la quantité qu'en ont fournie certaines tourbières de nos alentours est extraordinaire. Ce ne sont pas des tessons jetés au hasard, car on trouve toutes les parties de ces vases écrasés par le poids ou la pression descouches supérieures (1), à la placeoù ils ontété enfouis

représentHtif de sa dignité, devant orner sa sépulture en indi quant le rang du mort.

Les pierres ébauchées, armes, outils ou figures, étaient les dons de la plèbe. Chaque individu les apportait toutes taillées, ou les taillait sur place. Peut-être des hommes halntués à ce genre de travail se tenaient-ils à portée des lieux de rassemblement, et en fabriquaient-ils pour tout venant, moyennant salaire ou pour une part des victimes. La quantité d'ossements d'animaux découpés et parfois demi-calcinés, mêlés à ces éclats, annonce qu'un festin avait suivi ou précédé l'incinération et Tenfouissement des urnes, car on n'y trouve pas de cadavres, mais seulement, dans les vases« des cendres et des fragments d'os charbonnés.

Cette coutume d'entourer les morts des images de ce qui leur a servi dans cette vie, en espérant qu'ils en useront dans l'autre, est conforme à ce qui a existé chez bien des peuples, et qui existe encore aujourd'hui.

(1) Peut-être aussi était-ce par les efforts que faisaient ceux qui

dans un terrain alors non tourbeux, mais sur lequel une tourbe quelquefois épaisse de plusieurs mètres s'est formée depuis.

Faits à la main, d'une pâte mélangée de gravier et sécbéè au soleil, les plus anciens de ces vases achevaient de se dissoudre quand on les dégageait de la terre (1), du sable fluvial ou de la tourbe qui les entourait. Ceux trouvés dans la tourbe même , et d'une origine plus récente, d'une pâte moins grossière cuite au four, et fabriqués à Taide du tour, résistent mieux ; cependant il est rare d'en obtenir d'entiers.

Les hommes antédiluviens avaient, sans nul doute, aussi leurs vases. C'est encore un meuble commun à tous les peuples. Les premiers ont été des coquillages, des fruits à l'écorce ligneuse, puis des troncs d'arbres creusés, ou des pierres qui l'étaient naturellement. Le diluvium offre ainsi ses vases : les uns sont des accidents, mais dans d'autres on voit que la main humaine a aidé à la nature. Ces vases, qui ne pouvaient recevoir que quelques gouttes de liquide, devaient tenir à la religion ou à la médecine, car tous les temps ont eu leurs docteurs (pi. IX, fig. 8, 9, \0).

La plupart des types des tourbières sont évidemment copiés sur ceux des bancs diluviens, et ceci s'explique:

présidaient aux funérailles pour cacher la place où ils enfouissaient ces vases. Je pense qu'ils les enterraient souvent au-dessous du niveau des eaux qu'on retenait à cet effet et qu'on lâchait ensuite.

(1 ) A cette profondeur, c'est-à-dire à six ou sept mètres et même plus bas au-dessous de la superficie, on trouve souvent une couche d'humus dans laquelle des chênes, des aulnes ont poussé, et dont les troncs sont encore sur pied ou dans la position perpendiculaire.

tfêmi àhhs èè^ bafiès tu ^dr !è sol ^ai lèil èMbdMit ^ tes 'pèù(>1[^s cellî^ûtîs, dé vAHfït ^ûiè ceux d'àojodfd'hdi, allaient chercher leurs silex , comme bien ptëferablë^ à fcèux é[tii soHehtde là ^râïie. II est prôbéble que lorsque ^or ce sol Dû dans ceis bahc^, Ils redeohtraieht des hà^e^ tu de6 outils tout faite, tb ne li^s y iniësàléMptisi iK tei ^ecuei^aîeAt, noîi séutem^nt pottr ffeh senif , maî« peut ïèi ï miter.

Si ées outils étaièAt endofdmagés où tà la fortnê 6è tetf tîôntétiait pfts, ilà les retalHaieftt, téôftihie 6h le rcAi sur certaines haches polies qti^ôn fallait ainsi sèNir jiiêqd*àtt dernier tnot-ceau (1).

ti t^s ôlititis dits Mats, des tOQrbiè^és, n't)ht pas été ftôpiês Sûi- fcéii!t du dilûviuitt, cette identité de fortné «tt ënivèé par tt-aditioiî. D'ailleurs, les wèmes befeolhs 6d la nécessité des mêmes tfavauk doit amener les mèffiés fnùy&ùÈ, et tioufe avotis déjà fait observer que tièrtàins ihstruments et ostensîles faits par dès peuples qdi n'avàieht jamais eti dé cômmt^n'itiatron enlr^eux, ti'ttï étaient pas tnoins semblables.

Nous avons vu que ces outils dits éelôi», qu'on ne pouvait guère utiliser sans fnanche, étftiedt éomtiitins

(1) Vt\ réuni Ane R^mbred^ séàé de tei baeh^ hetbilMéft m. même repolies. Quand la matière manquait pour faire une autre hache, oa ^n fabriquait des outils ou d'autres petits objets qui ne pouvaient être que des amulettes ou des Jouets. On s'est servi de» haches polies jusqu'à Tépoque historique et même plus tard; cependant elles sont probablement plus vieille^ qu^n ne lé croit, puisque les ancienâ eux- mêmes en igiiôi^it^tft f origine. Oii a pensé que le diluvium devait en fournir, et j'en ni qnelqaesunes qu'on in'â présentées comme en proveùadt; mai§ d*e& ayant pâ6 la preuve, je ne puis Hed affirider. Je d^y en ai jadiàis trouvé.

Nijl dgutç 9.1|Qr^ (jii<j le* bomi»e% 4^ la prenjièçft péri94^ ne les emm^icbas^ent 4g«^çqQeot^ çt j'^ £|i qu ^ peu pr^ la eertitu^ p^r qy^lq^uçs os rQsçil^s. rççyeillis h, M^nçl^ecQ^rl, ayant w^ forwç analogue aux marche?. 4e^ tçurt^lçres et présiantajot les traças (i'uiv ^ra\QU bun^iPA

L^ haiçb^^ 4eslioéej» à, ^tre ço^ii^ançlié^ ^ rc^«OQn^iâs^pt ais4a)Qnt : çUe& sQ^t plus plates, mQm graQ4^ et l'on ^'y trçuve q^u'accidçnteUçiAqnt les placer. ré^e^ryçes pour le pouce et l'index. Elles sont d'aUlevLr^, %\ifij)A <^ vçi^t &'?P servir ^^ft^w^Aci^ç, vWQWïÇ^dç^ ^U in^ip,. et Qfi n'y retrouve pas lp$ pr^c^g,tioi^ pri,se$. 4«m$ l^^ p?c;^ mi^re^ pour qu^ç^ w SQ l^l.ei;$e p^s en les^i^ppîgnQ^t ; Ig tRWçbant q}è\ tou.cl^ç à la pdi|i»#^ dç L^ n^aw ?St énn^çtUM^ et U^ courte ^t plua prQfkoncf e ^ue celle du, bor4 9Ppp«i

L4» ptftr\el>e. VI piré^wte (fig, l à. 6>. ply^Uî^çs dç çc;;| ^çl)£â^-o^U^ qu'on eaipIpyaU saps. I#s ^mn^ia^Q^ç* k^i^ pjaijfibç^ (« ly, V, Yll, VIU çt î; Qffrent 4es ha^b« 4e forme pe^ ordwfi^ire, à depx, points qu, h une wute, Qt formant poignard; toutes provif^Pept dq dîlnyiufflu Vj^ piçrre oWoi<^.ue>4>esiSjnée e.^ i, pi. XUUest çenji^rqqa^le pejT uw spste de rigole pT^tiqvée de obeqgfi cOté da^ss^ Ipi^gW^r P^r un. travail qui a dû, être long. Elle a^t^

trpM v^^aMeAcbecpMçt, avec ^^ 0* d'éiépbont, a ^ wètres de profondeurs Çerwi lies, bacl^çs, à ># www U ^^^ ^«^ o^voijuç-wu^ dil;,

04 la position à/çs pla^ç^ çow le çoijce et l'iftd^x e^ l«

conçhe pliw. pçqnoncée 4'ma côté epwpçfiwt qu'^iieis $er-

(I) Ues planche^ f, Il el Ul se trouvent d»i|s \e troisième ?^luiu« 4«s A0m^ i f i cettig^M.e^ 9f»(^4Ujffi;tiefMi^,4« ^'%Mm qpi 1 lr«it^

valent à des gauchers; mais ces haches et ces outils soDt l'e^^ception. Les peuples primitifs usaient donc, comme nous, de la main droite, de préférence à l'autre.

H est à croire aussi que Thomme primitif, comme rindien d'aujourd'hui et comme le feraient aussi nos petits enfants si on les laissait agir à leur gré, se servait de ses pieds pour saisir les objets et exécuter certains travaux. Quelques-uns de ces outils de pierre pouvaient, d'après leur forme, avoir cette destination, mais je ne saurais rafSrmer.

L'os, la corne, la ramure de cerf faisaient les manches les plus solides et conséquemment les meilleurs, mais ils n'étaient propres qu'à des instruments d'une dimension moyenne. Quant aux grands, le bois seul, en raison même de leur taille et de leur forme, pouvait y convenir. C'est pour cela que, dans les tourbières, on ne trouve emmanchées que les petites haches. Les montures des grandes, étant en bois, ont dû se décomposer et se perdre dans la matière tourbeuse; cependant il n'est pas impossible qu'on en trouve un jour.

J'aurais pu étendre davantage la description de ces outils, mais déjà j'en ai signalé un certain nombre dans mes deux premiers volumes des AnXxquxXii celtiques et antédiluviennes, et je renvoie aux dessins qui les représentent. Réunis à ceux-ci, ils offriront toutes les indications nécessaires aux personnes qui voudront poursuivre cette étude que je considère comme n'étant qu'à son début, mais qui ne peut manquer de conduire à un résultat. Les faits qui se révéleront viendront, je l'espère, à l'appui de ceux qui me l'ont été, et ces preuves rejetées sous le boisseau auront aussi leur jour de triomphe. On reconnaîtra enfin que nos pères, ayant les mêmes sens.

les mêmes organes et les mêmes besoins que nous, ont dû y pourvoir par des moyens moins perfectionnés, mais analogues aux nôtres.

Nous finirons cet exposé par quelques mots sur ces symboles et figures de pierre qui ont suivi et peut-être précédé ces outils, et dont nous avons réuni une série non moins riche et non moins travaillée que celle de ces outils, sans convaincre les incrédules: la prévention, jugeant le passé sur ce que lui montre le présent, repousse l'évidence et ne veut pas voir une figure là où il n'y a pas un chef-d'œuvre.

Pour juger ici sainement les faits, il faut un instant oublier notre siècle, ses prodiges d'industrie et ses monuments, et ne nous attacher qu'à ces images que nous ébauchions étant tout petits, comme le font encore nos enfants : donnez- leur de la pâte ou de la terre glaise, ils vont en pétrir une figure. Ainsi ont fait les premiers hommes: ces statuettes, ces diminutifs d'eux-mêmes, ces apparences d'êtres ont été de notre goût dans tous les temps, et la première des filles d*Adam a certainement eu sa poupée.

Les figures en ronde- bosse ou les statues ont été conçues avant les images plates, et celles-ci .avant la demi-bosse ou ce que nous nommons bas-relief

Si l'on en croit les voyageurs, ils n'ont jamais rencontré, même dans les iles perdues de l'Océanie, de peuplade si arriérée, de horde si sauvage qu'elle n'ait ses symboles, ses images ou ses fétiches.

Alors, nous demanderons pourquoi les peuples primitifs n'en auraient pas eu, et s'ils en avaient, comment, lorsqu'on retrouve leurs armes et leurs outils, ne retrouverait-on pas leurs idoles? Aussi les retrou ve-t- on.

<Wt, reQiJiemi 4'abcHrd, Ci^mor^e nogs 1^ («i^ow e^oore^ celles qu'ils trouvaient toutes faites^^

Pao% Ifi^ pays, Qà, IjQs $Uex. ^ood^eAt^ Q'Q9t Is^ qu'ils purent rçHfcoiitrQç 1^ plqa 4^ 093 iwiges. Fav s^i q(M9P<^ sijkiQ» q:ioUq d^od I9 principe, puis de^venue di(ur€i ^ Qi^aat^ I^ $ile:»^ $oit par $qitQ 4e squ étï^ prirnitjl rQ^v.aa.t toutes kd ^ipp^eiates, SQit; par les. occid^ut^ ai}|Lq«e^ 4onQ& li^ii sa «assure vitreuseï affecte Lea Uèrme% \m p^9 bi^E^rreSt: 4e là ces caillO'MX si siQgqlièrement accidentés, ces apparensQQS faata3tiqaes de ijEiuit/;^ d'oiseau^,, d», ir^pUliesi^ 4e» sauriens, de poissoias, de pan^mifèr^a.

Çc^ fQri]Be$, ioeirtes H qui n'avaient jamais vécu (1)^ c^ppelaot, dm9i Uur I^i^arroris, çeUea 4^ la viç, avaient 4A frapcieç ces peuples nai$9ants. con^m^ elle^ nons^ l^appenjt now-m^mos.

Q^^i 4£^ cf goAb ie^ miniatures ou, de& réductions^ qua 4éri^e celui 4i9ft jo^ji^et»^ goût commun wx. peuple;» bairbafiea comme w% peup^s çiviUsq^ Il esit inné 4ansi rhomme : où est Tenfant qui ne les aime pa$.? Ils lui foiU oublier ménie ses bénins : pendu ag seiA de sa mère, Ia noui^ri^son s'arrête ébahi devant; un.pantin qu'on lui présentff^ «tt bondissant 4e j^aiç, il ouvre la main pour 1q ^isir.

(t) li ne faut pM oonloQdrQ 9T«c ce^ jeux» de U Battre, k^ «pvpreintes de corps marins eldies débrï^ d'êtres yéritables, tels que coquillages, madtëpores, dents de squales, etc. La craie, comme on sait, est formée de dëHritus de coquilles ; les silex qu'elle renferme ne seraientMis pas le produit de Panimal déoMnposé, ou de la ooBccnlfatioi», puis de» la yitritieaJtÎQ» de la aiati^te qbamnA^I visqueuso que cqnteqaiM^ ces caqiull^?

Cet amour du jeu, et conséquemnient ce goût des jouets, n^est pas même spécial à Thomme: les jeunes chats, les jeunes chiens, les jeunes renards joueront pendant des heures avec une boule de papier qu'on leur jette

Et Ton voudrait que Thomme enfant n*ait pas eu ses jeux et ses jouets! Qu'est-ce donc que des jouets, sinon des signes représentatifs? S'ils amusent l'enfant et l'homme lui-même, c'est parce qu'ils ont leur signification, c'est qu'ils parlent. Où est la nation civilisée qui n'ait pas ses marionnettes? où est le sauvage qui soit resté calme et froid en les voyant? C'est que, de toutes les images, la sienne est celle qui donne à l'homme le plus à penser : c'est un miroir dans lequel il se voit, se mesure et se sent.

La figure humaine est donc probablement la première dont il a cherché la ressemblance dans les objets qu'il rencontrait. Puis il a essayé d'en façonner lui-même. Alors, il s'y est d'autant plus attaché que c'était son œuvre. Ces ébauches qui n'avaient, dans le principe, été qu'un objet de curiosité abandonné aux enfants, prirent bientôt place dans la vie de l'homme : ce furent ses premières amulettes, son premier fétiche. 11 leur attribua des vertus préservatrices ou des qualités curatives : il y vit les protecteurs de la famille, et ce fut l'origine des lares ou dieux domestiques.

Longtemps il ne les considéra que comme des hôtes et des amis, mais en les croyant puissants pour l'aider, il en conclut qu'ils l'étaient aussi pour lui nuire. 11 en eut peur, il en fit des dieux, et les marionnettes devinrent un jour des idoles (4).

(1) Le temps approchait où il devait leur élever des temples. L^idolâtrie aussi est bien vieille, mais elle prouve que Thomme,

Gardons^nouadoiic^aiHkivrer la vuleur de ces inmges au dédm« <)U6aottfl(rBs^ir«nt4Miûowd'buileuP8«wlQ8UQ8^ TottUS'i^'Owièrea qu'étaient ces ébauche», elles ne scoh bluteni rlan moias qw cala w% yeux des* geoa qu& n'ao avaient jAioais viid.'autres; elles eiuHtaieiit à la fois leur adwiratioD et leur émulation, avec le désîr de les reproduire« Le goût des artei est dam la nature-, il est la coffséq^enee de celui de TimUation» ce fM*iâaGipe de toute sociétés méiae ofaes les aaiinaux

Avaot de cf éer, les premiers hommes copiaient dooe, d^abord en aidaat aux; ressemUanees aocideotelks ou celles qu'ébaoebait la nature. De là naqiuirent ces images où l'artiste sauvage n'a contribué à cette ressemblance que par quelques coups, quelques éclate enlevés plus ou moins heureusement au bloc qu'il voulait personnifier.

Ces premiers pas du dessin et de la sculpture ont été leats, el pendant bien des sièeles cet art, qui devait illustrefle monde civilisé et le couvrir de ebefs-d'autyre, esit demeuré statioanaire ; c'est, du moins, ce qiœ donnait à penser la quantité de ces ébauches qu'on retnouve encore de nos jours, ^ qui ont résisté à tousiles déluges, à toutes lies révolutions, et survéeu à tant de générations d'hommes, et d'événements oubliés (i)«

mime id»n9 ses plus grand» ëesrts, s toajoors gnàé Fidéede Dieu. taNoée en. lui, elle y es4^ donc indélébile: îLfKtiKl lafaisstr.^ mm Dqn la délvuire. L'homine peut se-dir« athée» mais qjuoi qu'il fasse, il ne Test point. L'idolâtrie n'est pas l'athéisme : c'est la niatërialisation de Tidée de Dieu. Mais un culte, quel qu'il soit, s'il n'eçt ni immoral, ni destructeur, ni cruef, ratitmieutqtie l'indifférence ou l'oubli de la Divinité.

(1) Que sa?ons-nous des nations, des.empires, des cités qui ont disparu lors du déplacement des mers, et dont les débris gisent

Nous en avons recueilli de nombreux spécimen plus ou moins ouvrés, et beaucoup aussi qui ne Tont pas été, mais qui n'avaient pas moins été remarqués par ces peuples qui leur succédaient. J'en ai rencontré dans les sépultures, et même dans une urne cinéraire. Peut être n'était-ce qu'un cas accidentel, et ce fait unique ne prouverait rien; mais ce qui est certain, c'est que dans ces masses de silex dits éclats, réunis dans ces gissements, il n'est pas un seul de ces morceaux, tous taillés de main d'homme, qui ne Tait été avec l'intention de représenter quelque chose, des armes, des outils, et parfois aussi des apparences de mammifères, de poissons, d'oiseaux. -^On répondra que ce sont de simples cassures et des accidents qu'on voit partout.— Oui, pour une partie; non, pour les autres.

Lorsque j'ai présenté ces éclats à l'examen des anti^ quaires, ils ont admis, sans grande difUculté, les hachettes et les couteaux. Quelques outils ont aussi trouvé grâce. Quant aux figures et symboIes,qu'ils appartinssent

au fond des océans? Si quelque nouveau cataclysme les rendait à la lumière, ou découvrirait là d'étranges choses. Mais sans sortir du possible ou des travaux que la vapeur et le perfectionnement de nos machiues nous permettent, que ne trouverait-on pas sous le lit de nos fleuves et dans le dessèchement de certains lacs qu'on rendrait à Tagriculture à laquelle ils ont jadis appartenu, ou bien dans la fouille et le draguage d'autres lacs dont les bords ont été habités dès la plus haute antiquité? Que de richesses le sol et les eaux de la seule Italie nous'cachent encore! Ses cendres, ses laves ont-elles été suffisamment étudiées? sait-on ce qu'elles recouvrent? Et nous-mêmes, savons-nous ce que cachent celles de nos volcans éteints, si nombreux, si peu étudiés, et certainement bien moins connus de nos savants que le Vésuve et TEtna? Mais nul n'est prophète en son pays, pas même les volcans.

à l'époque celtique ou aux temps antédiluviens, on y a peu cru, et les conversions que j'ai faites sur ce point ont été rares.

Je m'en suis peu préoccupé , ce n'était que chose remise : on finit toujours par croire a ce qui est vrai. Un peu de patience, et arrive le jour où Ton ouvre les yeux, et tout le monde y voit clair (1). Alors la réflexion nous dira que nos pères, ayant les mêmes sens, les mêmes organes, le même cœur, ont dû avoir les mêmes goûts, les mêmes désirs, et que, dès-lors, sur une échelle moindre, ils ont fait ce que nous faisons Seulement ils le faisaient moins hien: leur éducation, en industrie comme dans les arts, commençait : ils en étaient à l'instruction primaire.

Les premiers essais de la statuaire doivent donc dater de l'origine de la famille. S'ils ne sont pas les contemporains des outils, ils ont dû les suivre de près. Les ustensiles et outils aidaient à satisfaire aux besoins du torps; les images et les symboles, à ceux de Tinteliigence.

Ce sont ces figures et ces signes qui furent la première langue écrite, langue encore vivante, langue la mère de toutes les autres, et aujourd'hui dédaignée de tous, parce qu'elle est la plus simple, enfin la langue des rébus, prin cipe des hiéroglyphes et de tous les alphabets.

(1) Ces fossiles humains auxquels tant de personnes refusent encore d'ajouter foi, deviendront à leur tour une vérité banale: leur existence dans le dilnvium est une conséquence nécessaire de celle des silex taillés. Je suis donc bien convaincu que dans tous les bancs où Ton rencontre constamment de ces pierres ouvrées, existent, dans une proportion quelconque, des débris humains, et qu*on les y trouvera tôt ou tard.

Prenons donc ces pierres pour ce que les faiëtient no$ pères, pour des mémorandum « des signes indicatifs. Qui sait si, en les rapprochant, en étudiant les rapports qu'ils peuvent avoir entr'eux, on n'arriverait pas à en pénétrer l'ensemble ou à saisir les phrases dont ils sont les mots? Éfalt-on plus savant lorsqu'on 9k oommencé à déchiffrer les énigmes de la vieille Egypte?

Par ces pierres- figures, on pourrait obtenir aussi quelques indices sur la faune de ces temps. Quand ces hommes primitifs ébauchaient ces images d'animaux^ il n'est pas à croire qu'ils les imaginaient ; ils copiaient ce qu'ils voyaient. S'il n'y avait dans ces figures que des espèces inconnues, on pourrait penser qu'elles sont idéales, mais on y reconnaît celles qui vivent encore aujourd'hui. Je répète ici que ce n'est jamais sur un exemplaire unique que j'admets une espèce type ou l'intention qu'a eue l'ouvrier antique de la caractériser ; je n'y crois que si ces types se répètent dix, quinze, vingt fois (1). Alors, plus de doute ; il n'y a ici ni accident ni hasard : c'est bien la copie d'un être qu'on a voulu faire, et d'un être qui vivait alors, et probablement de la famille de ceux dont les dépôts diluviens nous présentent le plus souvent les débris.

La question intéresse donc non-seulement l'antiquaire et le géologue, mais aussi le naturaliste. Sans doute, d'après la charpente osseuse, on a pu déterminer la forme des sujets dont les espèces ou les variétés existent encore -, mais quand il s'agit d'individus sans analogues vivants, si les débris recueillis sont incomplets, la chose

(I) 11 est de ces imitations d*aniinaux dont j'ai pu réunir jusqu'à soixante analogues. .

devient plus difficile. Peut-être ces images de pierre, en donnant un aperçu dé l'ensemble de Tanimal, pourraientelles y aider.

Dans ces recherches, les plus petits indices peuvent conduire aux plus hautes conséquences C'est en commençant par un morceau de dent ou quelque débris d'ossement tombant en poussière, que ('uvier a pu reconstruire le mastodonte et tant d'autres espèces dont on ne soupçonnait même pas Texistence. Qu'on ne repousse donc pas ces images de pierre, qu'on n'en fasse pas un sujet de raillerie , qu'on les étudie et qu'on les juge.

AUMvilla. — Imprimerie P. Brtoi*

w^ucu^ <^ <Vuxn^AcAvU.

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