OBSERVATION II
Ovaire droit divisé en deux parties réunies l'une à l'autre par un cordon blanchâtre, long
de 15mm.
Une femme de 40 et quelques années, mariée, mais restée stérile, succomba à une affection pulmonaire. La stérilité était due à une péritonite dont on trouva des traces sur les organes du petit bassin, comme aussi sur le foie et la rate.
Le canal du cervix utérin est très-étroit ; les lèvres sont saillantes, dures, en forme de bourrelet; elles circonscrivent un méat excessivement étroit, perméable seulement à une sonde déliée. Le corps utérin et la cavité utérine sont un peu obliques, et le coin droit forme un angle plus aigu que le gauche.
Les annexes du côté droit sont pareillement beaucoup plus longues qua gauche.
L’ovaire gauche forme un sac du volume d'une petite pomme ; ses parois sont résistantes, blanchâtres et longées en avant par la trompe. L'extrémité abdominale de celle-ci adhère à la paroi ovarienne ; elle a la forme d'une tumeur allongée, étranglée en plusieurs points par les adhérences ; les parois en sont épaisses et de couleur bleuâtre.
A la place de l'ovaire droit, on remarque deux corps séparés l’un de l’autre par un cordon blanchâtre et ayant la même apparence que le ligament ovarien : de ces deux corps, le plus extérieur ressemble complètement à l’ovaire gauche ; c’est un kyste à plusieurs loges, à surface blanchâtre résistante et à parois couvertes de cicatrices radiées. Quant à la partie interne, elle constitue une masse
épaisse couturée de cicatrices, et dans laquelle sont renfermés de nombreux corps fibreux. Dans les deux parties, comme du reste dans l'ovaire gauche, on trouve encore, mais en petit nombre, des follicules de de Graaf ; dans l’épaisseur de la portion bulbeuse, il y a quelques débris de cellules arrondies, restes de follicules atrophiés.
La trompe droite, longue de 9 cent., a son pavillon converti en une rangée de kystes à parois minces, et dont de dernier, et le plus gros, adhérait au kyste ovarien.
A gauche, l’ovaire et son ligament ont chacun 30mm.
A droite, le ligament ovarien a seulement 15mm, l'ovaire interne 20mm, le ligament inter-ovarien 15,n,n, et l’ovaire succenturié 20mm; ce qui fait eu tout 55mm pour l’étendue totale de l'ovaire. (Klebs ; Mon. f. Geburtsk.; 1864, tom. XXIII, pag. 405.)
Quelle était la nature du ligament intermédiaire aux deux fragments d’ovaire? C’est ce que laisse ignorer cette intéressante observation, traduite littéralement d’après l’original. L’auteur dit, il est vrai, qu’il avait l’apparence du ligament ovarien ; mais il eût été préférable qu’au lieu de s’en tenir à cette affirmation, il nous eut fait connaître sa composition histologique. On peut adresser le même reproche au fait suivant, dans lequel celte anomalie existait des deux côtés : on en donne seulement un extrait relatif à l'état des ovaires.