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OBSERVATION XXIII

Absence apparente de la matrice (utérus bicorne embryonnaire) avec ovaires

rudimentaires.

Une femme de chambre, âgée de 24 ans, vint en 1853 à l'hôpital de la Charité, dans le service de M. Briquet, pour une fièvre typhoïde grave à laquelle elle succomba. C’était une grande et belle personne , blonde, ayant une belle chevelure, des mamelles bien développées et une peau très -fine et trèsblanche. Elle n’avait jamais été réglée.

A l'autopsie, le vagin se réduisait à un canal de largeur médiocre, long de 6 à 7 centimètres. Il se terminait par un cul-de-sac très-solide, au-dessus duquel il n’y avait qu’un tissu un peu rougeâtre, assez serré, d’apparence cellulo ou libro-vasculaire, se présentant sous la forme d'une membrane peu épaisse, aplatie d'avant en arrière, laquelle, après une étendue de 5 centim. à peu près, se continuait à droite et à gauche, à l’extrémité de ses deux angles supérieurs, avec deux cordons latéraux. L’examen microscopique de ce tissu démontra l'existence de fibres musculaires utérines normales. Les cordons latéraux , dans leurs parties terminales, représentaient les trompes.

Les ovaires rudimentaires, à tissu grisâtre, étaient dépourvus de l'élément glandulaire.

Le bassin était néanmoins bien conformé, large comme il l’est chez les femmes

Le pubis était garni de poils; les grandes et les petites lèvres étaient, ainsi que les corps caverneux et le clitoris, médiocrement développés.

Cette fille n'avait aucun des attributs du sexe masculin ; la figure était douce et les traits fort délicats ; il n’y avait pas de poils à la lèvre supérieure, et la voix était féminine. Les membres, assez ronds, avaient la forme de ceux d’une femme, et 11e présentaient pas de saillies musculaires. Les épaules étaient peu fortes et les hanches très-larges. On prit des informations sur sa manière d’être habituelle, et l’on sut que' ses habitudes et son caractère étaient ceux des femmes ; on sut depuis qu elle avait eu un amant auquel, par complaisance, a-t-elle dit, elle était dans l’usage de tout permettre. (Alby \ Bullet. de la Soc. anat., 1854, pag. 115. — Cruveilhier; Anat. pathol., 1856, tom. III, pag. 259. — Briquet; Traité, clin, de l’ hystérie. Paris, 1859, pag. 39.)

Eu regard de cette observation, qui est un exemple type et caractéristique du développement auquel peut arriver la femme dépourvue de matrice, nous rapportons la suivante, qui forme avec celle-ci le contraste le plus complet. Sans aucun doute, le cas est exceptionnel, et par suite l’opposition en est peut-être un peu trop tranchée ; mais dans certaines conditions il est nécessaire de tons criards pour faire ressortir une nuance qui sans cela passerait inaperçue.

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