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En même temps que ces surfaces présentent un aspect rouge et enflammé, elles sont encore fuméfiées el ce gonflement de l’hypoderme est très sensible à la pulpe du doigt qui cherche à y marquer son empreinte.
Nous devons ajouter cependant qu'il est rare que ce gonflement aille jusqu’à l’œdème proprementdit, dumoins dans cette phrase prémonitoire de l’eczématisation pour ce qui concerne les membres supérieurs ; une restriction s'impose tout naturellement pour les régions très fournies en tissu cellulaire lâche, diffus et s'infiltrant aisément et il est évident et d'observation courante que le scrotum, lesgrandes lèvres pourraient présenter un œdème franchement accusé, s'étendant assez loin, prenant même une importance considérable.
Il faut à ce propos mentionner certains cas spéciaux relatifs aux eczémas artificiels primitifs dans les régions susindiquées : tels sont les érythèmes vulvaires des accouchées dus au sublimé, les érythèmes de malpropreté des femmes atteintes de leucorrhée ou simplement grosses.
2° STADE. Vésiculation. — La période de rougeur et de gonflementest suivie trèsrapidement d'une véritable poussée de vésicules.
Cette éruption est constituée par un nombre considérable d'éléments de petit volume, semis extrêmement abondant pour une surface même très restreinte.
Parfois ces vésicules s'associent, confluent et donnent à la peau, par leur agglomération, un aspect inégal et chagriné caractéristique. Elles sont gonflées d’un liquide citrin, qui rompt facilement la frêle cuticule d'enveloppe qui le contient : bientôt un liquide poisseux s’exhale de toute
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une surface dépouillée d'épiderme et qui suinte abondamment. Les linges et les pièces de pansement en sont vite englués, empesés et on ne peut alors les enlever, qu'en causantau malade une douleur très vive. Sa vésiculation et le suintement sont deux phénomènes dont la constance de production est remarquable et qui constituent une phase en quelque sorte indispensable du processus d’'eczématisation.
Rapidement le liquide suintant se dessèche et on à bientôt aux places où il s’est exhalé une série de croûtes ou croûtelles pouvant former des placards continus, jaunes, mellicériques. Si on vient à les détacher avec l’ongle ou la pince, on met à nu sur toute la surface découverte un pointillé hémorrhagique. Si au contraire on respecte les croûlelles, tout un travail d’épidermisation se fera sous leur épaisseur, une cuticule épidermique se constituera, mais celle réparation ne se fera pas d’un seul coup, ni d'une façon définitive, la cuticule luisante vernisée n’est qu’une ébauche de l’épiderme définitif. Elle est fragile, elle tombe en fines desquamations, elle a besoin de se faire à nouveau et plus solidement, jusqu'à ce qu'après des temps successifs, elle arrive a un degré de consistance et de solidité suffisantes.
3° STADES. Desquamation. — Cette phase de réfection de l’épiderme demande un temps plus ou moins long pour aboutir finalement à la reconstitution d’un épiderme parfait, doué de toutes les qualités de revêtement protecteur.
Doncet pour nous résumer, la marche de l’eczéma aigu, qui est en somme le type de la dermite commune peut être divisée en trois périodes.
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1° Une période érythémato-vésiculeuse dans laquelle serait incluse la période d'exhalation de liquide séro-purulent. ;
2° Une période de formation d'épiderme de transition, épiderme d'apparence vernissée, épiderme cadue.
3° Une période de desquamation pendant laquelle le nouvel épiderme se fendille, s'exfolie, se détache en croùtelles, en lamelles ou en squames de plus en plus fines à mesure qu'on approche d’un épiderme définitif et de la guérison.
Ajoutons que pendant tout le temps que dure la poussée de dermite, le malade éprouve des sensations douloureuses.
Cette sensation de chaleur pénible, de cuisson peut prendre et prend assez souvent une acuité extrême ; des démangeaisons, des fourmillements, des picotements s'y ajoutent bientôt en sorte que la douleur résultant de toutes ces irritations devient en peu de temps un élément trèsimportant etdontil convient-de débarrasser le malade, surtout chez les enfants. Si on ne maintient pas, si on ne surveille pas d’une façon permanente les pièces de leurs pansements, ils en profitent pour se gratter furieusement et augmenter ainsi la gravité et l'étendue de leur dermatose.
Parfois même, lorsqu'on a guéri l’éruption, tout n’est pas fini, les sensations pénibles qui l’accompagnaient lui survivent, il en résulte pour le malade un élat de nervosisme extrêmement fâcheux, assez grave pour qu’on ne l'oublie pas et qui nous déterminera à apporter encore plus de soins dans le traitement.