ST
chimiotaxie négative, dont le résultat est de les éloigner du champ de bataille où ils devraient lutter avec succès contre les microbes.
Ce sont toutes ces considérations qui ont conduit les chirurgiens à l'application de l'asepsie, et qui peuvent être reprises par nous au point de vue de l'action exercée sur les microbes par les pansements simples et les pansements antiseptiques faibles et forts dans le traitement des dermites superficielles.
Voyons ce qui se passe, dans Le cas d’un pansement antiseptique fort appliqué sur une surface cutanée irritée et suppurante.
.. D'abord par le lavage, un certain nombre des microbes sont entraînés, l’action directe de l'antiseptique en tue un grand nombre d'autres. | |
Mais cet antiseptique fort coagule l’albumine des liquides sécrétés par les tissus irrités, il se combine parfois à eux, comme le fait le sublimé qui donne un albuminate de mercure insoluble et par conséquent sans action. De plusil est caustique, il tue Les cellules superficielles et forme avec celles-ci et l’albumine coagulée une sorte de vernis protecteur à l'abri duquel les microbes des anfractuosités, des culs-de-sac glandulaires, où l’antiseptique n’a pu pénétrer, tous les microbes en un mot restés vivaces, reprennent de plus belle leur pullulation.
L’antiseptique fort, non seulement empêche le processus vital de lutter avec avantage contre les microbes, qu'il ne peut atteindre lui-même, mais en irritant grâce à la chaleur et à la macération qui favorisent son action caustique, en des points restés jusque-là indemnes, il crée de
Le 0er
nouveaux foyers de dérmite sur lesquels il n'aura pas plus d'action, que sur le foyer qui a primilivement nécessité son emploi. .
C’est grâce à cemécanisme, que l’on peut voir avec slupéfaction, si on y réfléchit sérieusement, de nombreux follicules, jusque-là indemnes, suppurer sous un pansement au sublimé à un pour deux mille, dont la puissance microbicide est énorme in vitro.
Que se passe-t-il au contraire avec le pansement simple, quel qu’il soit? Certes, dans la majorité des cas, il n'empêche pas la pullulation des microbes, il semblerait plutôt a priori devoir la favoriser. Il guérit cependant les dermites beaucoup mieux que le pansement antiseptique fort, nos nombreuses observations sont là pour en témoigner et il guérit les lésions causées par l’antiseptique. Le secret de son action est bien simple, il ne fait rien de ce que fait l’antiseptique. Par les lavages il enlève le pus qui souille la place, mais surtout il respecte l'intégrité des cellules chargées de la défense de l'organisme, l’atmosphère tiède et humide permet aux tissus de conserver leur vitalité et aux globules blancs de faire leur œuvre. La natura medicatrir fait ici comme partout très bien les choses, il faut se contenter de ne pas la contrarier autant que le comporte le grand respect dù à son action.
Mais la guérison des plaies ne dépend pas seulement de la destruction desmicro-organismes, noussavons à l’heure actuelle que, dans bien des cas, les toxines peuvent causer les mêmes effets que les microbes qui les séerètent.
La rétention des toxines sur la plaie sera donc nuisible. et nous dirons comme corollaire que les qualités de capillarité d’un pansement jugeront sa valeur.
y Des
Que les liquides sécrétés par la plaie soient immédiatement pompés par le pansement, toxines et microbes sont entrainés au loin, c’est autant de moins à lutter pour les cellules chargées de la défense de la peau ; la plaie bien détergée se cicatrisera vite. Si, au contraire, les liquides ne peuvent s épancher librement au dehors, ils gagneront en dedans et la lutte continuera.
Il faut ici encore reconnaitre le bien fondé d’un vieux principe, fruit d’une observation prolongée : s’il se forme du pus, il faut l’évacuer.
Les expériences sur les animaux prouvent surabondamment la nécessité de cet écoulement large des produits morbides (Préosarenskr, Les bases physiques du traitement antiparasitaire des plaies. Annales de l’Institut Pasteur, 1897).
Les expériences que nous relatons plus loin prouvent que de deux cobayes inoculés dans des conditions identiques avec le même microbe pyogène, celui dont l’abcès était ouvert à temps guérissait beaucoup plus vite que l'autre chez lequel l’abcès était abandonné à lui-même. Or le pansement antiseptique fort en coagulant les produits de sécrétion de la surface entamée suppurante, s’en imbibe mal et s'oppose en quelque sorte à leur évacuation. Le pansement simple au contraire s’en imbibe bien et les attire loin de la plaie dont il favorise le drainage.
Ce que nous venons de dire s'applique aussi bien aux poudres et aux pâtes. Si leur action caustique esten général moindre que celle des antiseptiques en solution, en revanche leur solubilité moindre et surtout leur tendance à former avec les liquides sécrétés une croûte sous laquelle
> UE" pulluleront les microbes expliqueront facilement leur fréquent échec. Qui n’a pu voir par exemple du salol, appliqué en poudre sur une plaie suppurée, former une croûte sous laquelle s’amassait abondamment le pus sécrété ?
Ainsi donc voici expliqué à l'aide de la chimie et de l’expérimentation Le soi-disant paradoxe qu'un pansement antiseptique peut favoriser el entretenir la suppuration de la plaie cutanée qui constitue la dermite.
En résumé, avec le pansement fort nous, voyons :
Difficulté d'atteindre des microbes.
Diminution de la vitalité des tissus.
Gêne des cellules destinées à lutter contre les microbes.
Manque de capillarité.
Irritalion des parties saines.
Avec les pansements faibles nous constatons peu ou pas d'action directe sur le microbe.
Mais il n’augmente pas les dégâts.
Il respecte la vitalité des cellules.
Il draine la plaie par faitement.
La contradiction entre lelaboratoire et la clinique n’était donc qu'apparente. Le pansement antiseptique, excellent pour empêcher les microbes d’atteindre une plaie non infectée primitivement ou qu’on a pu désinfecter à fond, est insuffisant quand il est appliqué sur une surface cutanée infectée.