‹ Des pansements simples dans quelques maladies communes de la peauChapitre 9 sur 23 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

Pathogénie.

L'action des divers irritants physiques, chimiques ou mécaniques a pour résultat final, l’effraction des couches superficielles de l’épiderme et l'envahissement consécutif des couches sous-jacentes par les microbes de l’eczématisation, de la suppuration qui pullulent toujours à la surface de la peau.

Nous aurions pu prendre pour exemple la phtiriase qui par les démangeaisons qu’elle occasionne, sollicite vivement les ongles des malades à érailler l'épiderme protecteur, à ouvrir ainsi une voie libre et facile aux microbes qui provoquent la dermite.

Ce que les parasites de la surface, épizoaires de tous genres, ont pu faire, l’action nocive de la chaleur ou des produits chimiques peut le réaliser également. Le procédé d'infection est sensiblement le même et les résultats sont aussi comparables entre eux. « Parmi les microphytes classés, les favus, microspores et trichophytes tinéogènes, microsporon minutissimum ont dans la genèse de l’eczématisation un rôle relativement effacé,mais ils constituent accessoirement des agents irritants et mettent en élat de prédisposition accentuée, les parties où ils subsistent (1). »

(1) E. BEsnier, Traitement de l'eczéma, p. 61.

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Ainsi, que les irrilants soient d'ordre physique, chimique, mécanique ou parasitaire, ils agissent toujours dans le même sens, ils percent la barrière protectrice du revétement corné et livrent ainsi les couches sous-jacentes à la merci des pyogènes de la surface. Ceux-ci, peut-on dire, après avoir attendu patiemment leur tour, entrent en scène et l'occupent alors bruyamment et presque exelusivement.

Nous nous rendons maintenant facilement compte de la façon dont agissent les divers agents énumérés plus haut : déterminant des altérations de la couche cornée, 1ls permettent aux nombreux micro-organismes de la surface de se développer, de gagner les couches profondes de la peau.

Leur présence donne lieu de la part des régions envahies à toute une série de réaction de défense : diapédèse, lutte de phagocytes contre les micro-organismes, exhalaïson de liquide séreux. Deux cas peuvent se présenter : ou bien les envahisseurs ont le dessus : des excoriations secondairement infectées naissent une série de complications, d'accidents à distance (Ilymphangite, adénite, voire même septicémie généralisée), ou bien les pyogènes succombent sous l'effort des cellules mangeuses qui les arrêtent dans leur invasion et finalement les font disparaitre:

Ainsi est-il permis de comprendre l’évolution de ces dermaloses communes, les envahissements microbiens de la peau s’identifiant en somme avec les processus ordinaires de l'infection dans les autres appareils.

Ajoutons encore que l’origine parasitaire de l’eczéma

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acquiert de jour en jour plus de faveur et rallie actuellement l'opinion dela majorité des dermatologistes français. Dans une récente discussion à la Société de dermatologie et de syphiligraphie, M. Leredde a discuté avec sa netteté coutumière les arguments qui militent en faveur de l’origine parasitaire de l’eczéma. Il a fait valoir comme raisons principales l'auto-inoculabilité de l'eczéma , son habituel développement sur les fissures cutanées et la multiplicité des causes externes, internes, l'identité des effets qui est, à son avis, une nouvelle preuve de la nature parasitaire de l'eczéma.

Qu'il nous soit permis de conclure avec lui : « Lorsqu'on

-aénuméréles causes, les unesexternes, les autres internes

de l’eczéma, ilme semble bien que leur action ne peut se comprendre d’une autre manière que celle par laquelle je l'ai expliqué, à savoir des modifications du sol cutané qui autorisent le développement parasitaire (Annales de Der-

matologie, n° 1, janvier 1899).

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