‹ Des paralysies chez les choréiquesChapitre 6 sur 8 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Quel traitement doit-on faire suivre au petit malade qui est atteint d'une paralysie choréique ?

Nous ne pouvons nous adresser ici aux médicaments Ç3,lmants ou hyppsthénisants, et il est bien certain qu'il ne viendra à aucun médecin l'idée de faire prendre au paralysé des doses de bromure de potassium, d'hydrate de chloral ou encore de tartre stibié.

La petite malade que nous avons vue avec le D"" Arcbambault a pris dès le début la liqueur de Fowler, et le traitement arsenical paraît avoir eu en ce cas une réelle efficacité. Très facile à, doser, la liqueur de Fowler, dont deux gouttes représentent un milligramme d'acide arsénieux, doit être donnée à doses successivement croissantes, en commençant pg,r deux gouttes, pour augmenter d'une goutte par jour. Ainsi administré, l'acide arsénieux ne provoque ni vomissements, ni diarrhée, la tolérance est vite établie, et de plus la dose peut en être portée jusqu'à 25 et même 30 gouttes par jour.

Les observations que nous avons recueillies dans les auteurs anglais mentionnent assez fréquemment l'usage de la strychnine, sans d'ailleurs fournir des détails sur la façon dont le médicament est supporté par le malade, et sans nous en montrer de bien heureux résultats.

La strychnine ca eu son temps de vogue, surtout lorsqu'elle était recommandée par un clinicien et un thérapeutiste comme Trousseau; Moynier, dans sa thèse, a publié de nombreuses observations destinées à montrer l'heureuse influence de ce médicament. D'après lui, la strychnine agirait comme tonique et tétanisant, exerçant une action avantageuse sur les voies digestives, et par contre-coup sur l'état général ; de plus, augmentant le pouvoir réflexe de la moelle. Toutes ces propriétés sembleraient parfaitement convenir dans les cas de paralysie chez les choréiques. Mais on est revenu sur l'enthousiasme des premiers temps, et aujourd'hui on tend à ne plus prescrire l'usage de la strychnine. Il est vrai que c'est un médicament des plus difficiles à manier, dont il faut redouter l'accumulation; mais on peut cependant le prescrire, soit sous forme de granules d'un milligramme, soit en employant le sirop de Trousseau, qui contieni 5 centigrammes de sulfate de strychnine pour 100 grammes de sirop, et alors commencer par deux ou trois cuillerées à café par jour.

On a employé la faradisation, et nous croyons bon d'y recourir lorsque la paralysie est limitée à un membre ; mais que la paralysie affecte tout un côté ou à plus forte raison qu'elle soit générale, et l'emploi de l'électricité devient impossible. Cependant, pour juger ce mode de traitement, il faudrait de plus nombreuses observations.

Enfin, nous arrivons à une médication qui a l'approbation de tous les médecins d'enfants pour les cas de paralysie chez les choréiques. Si nous ne croyons pas

que kl paralysie soit le lait de l'atlaiblissement produit par la maladie, on est tout au moins en droit de penser et de recourir aux ferrugineux et à l'hydrothérapie.

Par l'observation que nous a communiquée le professeur Charcot, nous voyons que dans un cas de cliorèe mulle, bien caractérisée, ce savant médecin n'a pas hésité à recourir à l'emploi du drap mouillé, prescrivant, dès que la chose serait possible, les douches froides, et cet exemple devra être imité dans la plupart des cas.

Enfin, l'usage des ferrugineux, l'emploi d'une alimentation réparatrice, une bonne hygiène, viendront compléter le traitement. Il faudra aussi faire exécuter aux membres parésiés des mouvements, dès qu'ils seront possibles.

Pour nous résumer, nous dirons : si la paralysie survient au début de la chorée, traitement arsenical; si elle survient dans le cours ou à la fin de la maladie, plutôt recourir à une médication tonique.

Page 1