‹ Des paralysies chez les choréiquesChapitre 7 sur 8 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I.

Hémiplégie gauche dans le cours de la chorée, (Extraite du traité de Todd). (Obs. 64.)

Un garçon de 9 aus me fut amené en décembre 1848, avec des signes bien neis d'hémiplégie gauche ; il traînait la jambe et avait une très grande faiblesse du bras ; les muscles étaient en résolution. La face était très peu paralysée, il projetait la langue par poussées choréïques. J'appris qu'il avait été atteint de chorée affectant surtout le côté gauche pendant quelques semaines. Les monvemenls choréïques existaient encore mais à un très faible degré.

Le malade fut traité par le citrate de fer, les douches froides, la gymnastique, et au bout de huit jours il était presque bien. Il se rétablit parfaitement.

Observation II.

Hémiplégie droite dans le cours d'une chorée. Guérison. (Obs. 65, de Todd).

Charlotte Platev, jeune servante, chlorotique, était admise salle Auguste, le 8 novembre 1854, avec des symptômes très accentués de chorée occupant le côté droit du corps seulement. Ni la malade, ni ses amis ne peuvent assigner une cause à l'attaque , si ce n'est peut-être que son travail journalier avait été très pénible et qu'elle se nourrissait trèsmal. Les règles apparaissaient régulièrement, mais elle avait souffert de leucorrhée pendant les six mois qui précédèrent son admission à l'hôpital.

Elle u'clait entrée à l'hôpital que depuis un jour ou dedx,

lorsque les mouvetueiits choréïques disparurent tout à coup, mais laissant après eux une paralysie musculaire du côté droit du corps. Son état fut retracé par mon assistant, M. Tcale, de la façon suivante : « La chorée semble en grande partie avoir disparu, mais a laissé après elle une hémiplégie droite; il y a à peine une agitation des muscles de la face ou de la langue, mais en marchant elle paraît maladroite de son pied droit ; le bras du même côté est paralysé, la prise avec la main droite est très faible et elle a une grande difficulté pour prendre une épingle ; elle se plaint de l'engourdissement du bras droit, de la main et des épaules, mais point de la jambe ui du pied droits. »

Le traitement auquel cette malade a été soumise était de nature tonique, consistant en une alimentation généreuse ; eu même temps elle prenait de petites doses de fer, trois fois par jour. Sous cette influence la santé générale se renouvela graduellement et l'hémiplégie disparut rapidement ; de telle sorte que, le 16 décembre, cinq semaines après son admission à l'hôpital elle était guérie et avait recouvré le complet usage de ses membres.

Je dois mentionner, en rapport avec ce cas, que la patiente fut, au début du traitement, soumise chaque matin à des lotions froides, mais vous trouverez en pratiqu*^ que la première application de l'eau froide a produit une frayeur très grande et qu'il paraissait impossible d'y recourir de nouveau.

Observation III.

Hémiplégie durant trois jours dans le coiirs de la chorée.

GaérisoB.

(Observation 66 de Todd),

Un autre cas qui jette un nouveau jour sur cette forme d'hémiplégie est celui d'un petit garçon, nommé Henry Windred qui fut admis à l'hôpital le 8 octobre 1852.

Cet enfant, âgé de 5 ans, avait toujours joui d'une bonne santé, lorsqu'il fut pris, 12 mois avant sou admission à l'hôpital, d'un mouvement de tremblement des deux bras, d'après ce que raconte sa mère, mais sans que les jambes fussent atteintes de la même manière ou sans que cela fût apparent.

Ces tx'emblements continuèrent trois mois sans amélioration ou aggravation, quand un matin, pendant sa toilette, il devint hémiplégique du côté droit, la paralysie n'étant accompagnée d'aucune perte de connaissance..

Deux ou trois jours après cette attaque, les muscles du côté droit du corps furent pris de mouvements irréguliers de projection de choréc et cet état se produisit sous mes yeux.

Traité par une médication réparatrice l'enfant se rétablit graduellement, les mouvements clioréïques deviennent de moins en moins forts et il récupéra peu à peu l'usage des muscles du côté droit et sortit guéri le 17 novembre, cinq semaines après son admission.

Observation IV.

Chorée molle.

(Observation extraite des leçons cliniques de Ch. West.)

En janvier 1872, une petite fille d'un tempérament excitable, qui avait eu pendant trois semaines de légères contractions dans les membres, lesquelles étaient devenues plus marquées depuis six semaines, à la suite d'une frayeur soudaine, fut admise à l'hôpital des Enfants. Les mouvements qui avaient ainsi augmenté brusquement avaient de nouveau diminué ; mais, en dépit de cette amélioration apparente,, l'enfant s'était trouvée dans l'impossibilité de plus en plus prononcée de s'aider elle-même et, à la fin, ne pouvait plus ni se tenir debout, ni manger seule, ni même parler.

L'enfant était en bonnes chairs, mais restait couchée dans son lit comme un jeune chien, ne pouvant s'aider en rien et transpirant d'une manière profuse ; incapable de s'asseoir dans son lit, de prendre ses aliments ; et même, lorsqu'on avait placé des aliments dans sa bouche, ils en ressortaient souvent. La pression qu'exerçait sa main était si faible qu'on la sentait à peine; elle ne pouvait tirer la langue que pour un instant ; le pouls était à 120, faible, très irrégulier, et il y avait, par instant, une prolongation du premier bruit du cœur. Pendant une quinzaine son état resta presque staiionnaire ; on ne pouvait pas précisément dire quelle fût aphone, car elle essayait de former dci» sons avec ses lèvres ; mais il ne sortait

qu'un très léger murmure, et habituellement elle était sans vo.ix. Son état s'améliora par degrés très lents, pendant l'emploi de la noix voraique et peut-être sous son influence, ce que je ne puis dire; après dix semaines, elle sortit marchant très lentement, d'une manière calme, et à la campagne elle retrouva ses forces.

Observation V,

Chorêe molle. Paralysie totale. Guérison. (Communiquée par le professeur Charcot).

La petite X... alors âgée d'une douzaine d'années, vue en 1879 avec le D'"Leven. Elle sortait d'avoir une chorée assez intense avec endocardite. — Mais le fait étrange était une paralysie des quatre membres, telle que l'enfant ne pouvait se tenir debout, à peine lever les bras en l'air, et que, sur un canapé, sa tête retombait inerte. Tous les membres flasques, pas d'atrophie, pas de traces d'anesthésie ou de raideur, pas de réflexes tendineux.

Malgré l'endocardite, j'ai conseillé les linges mouillés, après cela l'hydrothérapie, aussitôt que la marche fut redevenue possible; guérison complète, mais la petite malade a succombé deux ou trois ans après à la maladie du cœur.

Observation VI.

Chorée. — Hémiparésie cérébrale prodomique. (Communiquée par le professeur Charcot),

A la fin d'octobre 1881 la petite L..., âgée de 5 ans, fut prise d'hémiparésie des membres inférieurs et supérieurs avec participa lion de la face (parésie du facial inférieur), et légère déviation de la bouche du côté opposé. La langue tirée du côté paralysé ; des mouvements choréiformes dans le membre supérieur droit et même quelquefois la langue tirée involonairement.

Début progressif par des céphalées.

La question à se poser était de savoir si c'était de l'hémichorée, malgré la prédominance de la paralysie prodromique, Ollive. 4

malgré la pax^ticipation de la face à la pai'ôsic simulant une hémiplégie cérébrale. Malgré tout cela j'ai conclu à la chorée simple.

L'âge était aussi une anomalie, car cette enfant était plus jeune que les choréicjues ordinaires.

On ne sait rien des suites de l'affection.

Observation VU (Personnelle).

Chorée chez Une enfant de 2 ans j/2, avec prédominance des phénomènes paralytiques. — Guérison par le traitement arsenical.

Lucie M. . ., âgée de 2 ans 1/2, a toujours joui d'une assez bonne santé jusqu'à ce jour. Elle a eu la coqueluche. Elle a avalé une épingle qu'elle rendait quelques jours après dans les garde-robes. Née de parents bien portants, n'ayant aucun diathésique dans ses antécédents, elle a été élevée au sein jusqu'à l'âge de 20 mois. Cependant elle est d'apparence assez chétive, d'un caractère un peu irritable.

Le jeudi, 1^'" juin 1882, elle fait un faux pas en marchant, accuse un peu de douleur, de la difficulté à marcher, mais le lendemain tout a disparu. Le lundi, 5 juin, l'enfant commence à avoir un peu de difficulté à marcher, en même temps son caractère change, elle devient maussade, de plus en plus irritable, s'agite, crie ou pleure pour rien, elle porte fréquemment sa main à sa tête, et cependant elle dit ne pas en soufi'rir, elle se frotte les paupières et les fei-me à chaque instant. Pendant deux jours, elle a un peu de fièvre qui se traduit par une éruption d'herpès à la lèvre supérieure, puis l'état général rentre dans Tordre normal, la petite malade mange et dort bien, et n'étaient sa difficulté â se tenir debout et à marcher, l'irritabilité de son caractère, on pourrait la croire exempte de toute afi'ection.

Le médecin appelé auprès d'elle redoute le début d'une méningite tuberculeuse ; il n'y a pas de vomissement, pas de constipatiotlj pas d'irrégularité du pouls, il y a un peu de Inâchonnement.

Un autre médecin a les mêmes craintes et cependant il croit aussi à la possibilité des prodromes d'une danse de Saint-Guy.

C'est au milieu des événements fj^ue je rapporte, que je suis appelé à remplacer, près de notre petite malade, le D'' Lebreton, et voici les symptômes que je puis démêler en examinant cet enfant qui ne se prête qu'avec les plus grandes peines à notre examen.

14 juin. L'enfant assise sur les genoux de sa mère ne nous reçoit qu'avec répugnance ; veut-on lui parler, la toucher un peu, elle jette des cris, pleure et s'irrite. Dé temps en temps elle porte ses mains à sa face, et remue la tête, tous symptômes que l'on peut aussi bien mettre sur le compte de sou impatience. Si l'enfant est placée à terre et qu'on veuille la faire marcher, on constate des signes très importants. Il n'y a pas d'incoordination des mouvements des jambes, mais une faiblesse telle que l'on croit que la petite malade va s'affaisser et que, le plus rapidement possible, elle se précipite sur sa mèfe, Sur un meuble, sur tout ce qui peut lui procufer un appui ; mais les quelques pas qu'elle a faits ont été des plus incertains; c'est en pliant les jambes, c'est en titubant qu'elle éiât arrivée là où elle s'appuie,

NoUs prioiis alors là mère de dôuchef sou enfant et nous procédons à Un examen détaillé dés phénomènes que l'on peut observer. L'enfant étant dans le déCubitUs dorsal, la tête appuyée sur l'oreiller s'agite par" instants ; les membres infê^ rieurs et supérieurs sont immobiles, mais ils peuvent être remués sans difficulté. Cependant si l'on soulève les jambes eU léâ abandonnant eusUitô à elles-mêmes, elles retombent inertes sur lé lit. La tenapérature y est normale, il n'y a pas d'atr-ophie. Les réflexes tendineux sont abolis, la sensibilité y est intacte.

Lés parents nous racontent que si l'enfant veut prendre un objet, il y a une grande difficulté dans la préhension, et que biéniôt elle le laisse échapper. De plus, si elle veut parler, ce n'est qu'avec peine quelquefois) et cette difficulté semble l'irriter encore, quand elle ne trouve pas ses mots. Enfin si ellé mange ou boit, il lui arrive fréquemment d'aValer de tt^avers.

Aucun tfôublé du côté deia ofganes des sensj pas de diplopio, pas de strabisnae, pas d'inégalité pupillaire. lln'y a paS de céphalalgie. La langue a son aspect normal, l'appétit est conservé, pas de vomissements, ni de i constipation. La

température ne s'élève pas au-dessus de la normale; le pouls d'une fréquence modéré est luen régulier. La pression sur la colonne vertébrale ne détermine aucune douleur.

Eu présence de cet ensemble syraptomatique j'écartais tout d'abord la pensée de la méningite tuberculeuse, et, sans grande conviction d'ailleurs, je m'arrêtais au diagnostic de paralysie infantile à début anormal. De plus en raison du groupe de vésicules herpétiques apparues à la lèvre supérieure à l'existence, dans la rue habitée et par notre petite malade, de travaux de voirie, je pensais aussi à la possibilité d'une intoxication paludéenne ; et c'est en me basant sur cet ensemble symptomatique, que je conseillais le traitement suivant :

Calorael à doses fractionnées. — Sulfate de quinine. — Badigeonnages iodés sur la colonne vertébrale.

Je dois avouer que ce traitement eut un insuccès complet et je vis le parésie des membres inférieurs devenir de plus en plus marquée, au point que l'enfant ne pouvait plus quitter le lit, ou qu'on était forcé de la tenir sur les bras. Venait-on à la placer a terre, ses jambes fléchissaient immédiatement, et elle s'affaissait sur place. La difficulté dans la parole augmentait encore, le vocabulaire devenait de plus en plus restreint, enfin la mastication des aliments et leur déglutition devenait aussi plus difficile. Ajoutons que le caractère de l'enfant devenait de plus en plus difficile.

Ce fut au milieu de ce cortège de symptômes que la famille justement inquiète me proposa d'appeler en consultation un de nos maîtres des hôpitaux des enfants, ce que j'acceptais avec empressement.

Comme moi, le médecin consultant pensa à la possibilité d'une paralysie infantile, le pronostic fut réservé et la même médication fut continuée pendant plusieurs jours. Aucune amélioration ne se produisit dans l'état de notre petite malade. Les jambes restèrent toujours aussi flasques, et sans mouvements d'incoordination. Enfin, le 27 juin, j'amenais auprès de cette enfant le D"" Archambault, qui démêla, le problème, posa un diagnostic tout en se réservant un peu, mais i-assai'a les parents en portant un pronostic favorable « Ça guérira, disait le savant clinicien, et cependant je ne puis affirmer le diagnostic, tout en croyant beaucoup à la chorée

mollo )>. Ce diagnostic était nouveau pour nous, nous ignorions absolument ce qu'était la chorée molle.

Au risque de me répéter je tiens à bien préciser ici quel était l'état de l'enfant l'orsqu'elle fut visitée par le D'' Archambault : jambes flasques, mais pouvant encore se détacher du plan du lit, sensibilité conservée, pas d'atrophie, abolition des réflexes, pas d'incoordination, membres supérieurs immobiles, mais quand un mouvement était sollicité, un peu d'incoordination et de faiblesse dans la préhension. Si l'enfant était tenue sur les bras de sa mère, la tête était rejetée en arrière et animée en outre de mouvements de contorsion. Du reste l'état général est excellent, pas de fièvre, conservation de l'appétit et du sommeil.

Le D'' Archambault prescrivit l'usage de la liqueur arsenicale de Fowler en commençant par deux gouttes par jour et augmentant d'une goutte par jour. Ce traitement fut parfaitement toléré, l'enfant n'eut ni nausées, ni vomissements ni diarrhée.

Le 11 juillet, l'enfant commence à marcher et le 20 tous les symptômes de paralysie et d'incoordination avaient totalement disparu. Un mois plus tard nous eûmes l'occasion de revoir notre petite malade ; elle était complètement rétg-blie et il ne restait aucune trace de l'aftection qui nous avait tant intrigué auparavant.

Observation VIII.

Paralysie au début d'une chorée rhumatismale.

(Communiquée par mon collègue Dauchez, interne du service

de M. Labric).

Léger, âgé de 14 ans, entre le 20 juillet, salle Saint-Jean n» 12, dans le service du D'' Labric à l'hôpital des Enfants-Malades. Il a déjà fait deux séjours à l'hôpital, une première fois au mois de juin 1882 pour une légère attaque de chorée, sans troubles paralytiques, bientôt, suivie d'une endopéricardite rhumatismale des plus graves. Une seconde fois, à la fin de juin 1883, notre petit malade se présente à la consultation pour des douleurs articulaires avec œdème malléolaire, dont il souffre dans les genoux et les mains, à la pointe du cœur bruit de souffle rude correspondant à la systole ventriculairo.

I^nfiii htige.v nauis &si r.wepô une 3" fois lo §0 juillet, Les renseignements d'ailleurs trilîs précis que donne notre jeune loalfide sont les suivants ; peu de jours après sa rentrée à l'école, de iiQuvelles douleurs articulaires reparaissaient dans ggnqujf et les m^.\ns ; à peine cette crise fut-elle calmée que l'enfant s'aperçut d'un afTaiblissement très marqué des bras et des jambes; en même temps paraissaient du côté de la langue et du larynx des troubles fonctionnels analogues, savoir : une gêne notable dans les mouvements de la langue l'empêchant de parler, un abaissement très marqué du timbre de la voix.

Bientôt la marche devint impossible et le malade soutenu par deux aides nous est amené; sa pâleur est extrême et sa faiblesse est telle qu'il tombe à terre en arrivant dans la salle,

A la visite du soir, l'enfant se plaint de douleurs qu'il ressent sous forme d'élancements dans les articulations métacarpophalangiennes du côté gauche. Il est à peu près impossible de constater l'incoordination des mouvements de la chorée ; pourtant ceux-ci sont déjà perceptibles au brusque effort que fait l'enfant pour étendre la jambe.

Les mains, la face, et les bras sont absolument immobiles au repos; si l'on provoque des mouvements, il existe bien un peu d'incertitude avant d'arriver au but, mais la faiblesse du membre prime encore les troubles moteurs. Lj§ bras droi^ peut être levé, mais ne peut pas être soutenu en l'air au delà d'une minute. Quant aux doigts ils sont très inhabiles et surtout très faibles. Il pst absolument impossible £( l'enfant de tenir entre ses doigts une cuiller, de serrer la main : en outre on note une atrophie très accentuée des masses musculaires de la main avec aplatissement des muscles deséminences thénar et hypothénar. Ceux-ci répondent parfaitement à l'excitation faradique.

Pas d'anesthésié. Il existe plutôt de rh3qîeresthésie. Les urines ne renferment pas d'albumine. Apyrexie : tempéra^ ture : 38,8.

Eu somme : parésie très nette des deux jambes, des membres supérieurs, troubles fonctionnels passagers de la langue, amyotrophie des deux mains chez un rhumatisant.

Traitement. — Salicyiatc de soude 2 gr. Extrait de digitale 0,10.

^ ?J juillet. Même état. Pn outre quelques mouvements cho-

réiquea intermittents aymétinquos et très légers, grimaces, froncements de sourcils, mouvements imperceptibles d'ccartement d'un doigt. Par moments l'enfant soulève un peu le ronc, et reraqe sans raison les deux jambes dans son lit, Pour percevoir ses raouvenients il faut prêter une grande attention; ils s'aocusent d'avantage l'orsqu'on examine le malade. Les nuits son parfaitement calmes.

Le 27. Les mouvements choréiquçs deviennent très intenses à l'occasion des mouvements intentionnels; ils disparaissent au repos.

Le 2q, Extrait de digitale 0,10 centig.

Le 29. Reprise des douleurs articulaires, Salicjlate çle soude,4gr. Baume tranquille sur les articulations douloureiises. Le malade quitte l'hôpital complètement guéri le 25 août. La paralysie et les mouvements choréiques ont disparu.

QnSERVATION IX.

Chorée. Paralysie du début.

(Communiquée par moa collègue Dauchez.)

Ponrquet, âgé de 2 ans, entre salle Saint-Jean n° 50, le 20juillet 1883.

Anteee'dents Jie't'e'ditaires . — La mèr§ çle notre petit malade est vigoureuse, jeune et bien portante, a été çbqréique pendant six ans, alors qu'elle était enfant, n'a jamais été rhumatisante. Le père de l'enfant non plus.

' Anléçédents personnels. -. — Nuls, santé toujours bonne. Pas de fièvres éruptives. P^s d'angine,

Il y a six semaines, l'affection pour laquelle cet enfant nous est amené débuta brusquement par un aff'aiblissement très marqué du bras droit et delà main correspondante devenus inertes : quelques jqursaprès, claudication de lajambe droite, survenue insidieusement sans que la mère ait remarqué de mouvements incoordounés dans les membres paralysés.

Le croyant paralysé, sa mère nous l'amène et nous constatons ce qu'il suit. Placé sur ses jambes, l'enfant y reste immobile, les jambes écartées, sans oser avancer. Si ou l'invite à marcher il essaye, mais inutilement, de soulever le pied; au bout d'une minute ou deux il fléchit et il tombe si on l'aban-î

donne. On peut cependant, en le prenant vivement, le décider à faire un ou deux pas, mais alors l'enfant soulève rapidement la jambe et frappe brusquement le sol, tout en perdant l'équilibre. Ou remarque aussi, chaque fois qu'on tend la main à notre petit malade, un mouvement brusque et rapide d'exten» sion du bras. Mais il faut prêter une grande attention pour constater ces désordres du mouvement.

Replacé dans son lit, le petit malade retrouve son calme habituel.

Cependant si on l'examine attentivement on le voit faire par moments quelques grimaces très significatives, froncer rapidement le sourcil, etc.

Aucune des masses musculaires n'est atrophiée. La sensibilité est conservée. Rien au cœur.

Traitement. — Hydrate de chloral, 0,50.

25juillet. Les mouvements choréiques se prononcent davantage. Mais l'enfant reste accroupi pendant laplus grande partie de la journée, se remuant à peine. Hydrate de chloral, 1 gramme.

Cependant peu à peu la paralysie fait place à l'incoordination, mais le malade s'améliore peu à peu et sort guéri à la fin d'août.

Les cinq observations qui suivent sont extraites d'un article de Gowers sur la paralysie choréique, publiée dans leBritish médical Journal, et qui avait fait l'objet d'une communication au congrès de l'association britannique tenu à Cambridge en 1880.

Observation X.

Parésie du bras gauche précédant la chorée.

.John F..., 14 ans, demande a être soigné en juillet 1879, parce qu'il avait « perdu l'usage de sa main gauche ». Ce jeune garçon offrait les signes caractéristiques de la syphilis héréditaire ; bouche couverte de cicatrices, une incisive en cupule, cicatrice de vieille ulcération sur laluette, adhérence de l'iris, signe de choroïdite ancienne dans les deux yeux.

Le bras gauche pendait au côté. Il pouvait encore le remuer en faisant un effort, mais il était beaucoup plus faible que le bras droit, et ce bras droit lui-même était plus faible qu'il n'aurait dil l'être. Cette faiblesse avait commencé à se montrer graduellement environ quinze jours auparavant. Pas de paralysie de la face, ni des jambes. Au premier examen fait, l'on ne découvre ni spasmes (twitchings), ni mouvements choréiques. Les mouvements voulus s'effectuent sans hésitation. Plus tard cependant, en l'observant plus attentivement, l'on put découvrir de temps à autre un petit mouvement convulsif du pouce, ou encore un petit mouvement de pronation dans la main droite, mais non dans la main gauche. Si on lui faisait tenir les deux bras dans une position horizontale pendant quelque temps, il se produisait un petit spasme de temps en temps dans les deux mains.

On prescrivit de l'iodure de potassium et de la strychnine. Au bout d'une semaine le bras gauche était devenu plus fort, il pouvait s'en servir plus facilement. Mais cette médication n'empêcha pas qu'il se produisît des spasmes plus violents. Les mouvements spontanés dans le bras droit avaient augmenté d'une façon considérable et offraient maintenant les caraclères distincts de la chorée.

Le malade ne revint pas nous voir.

Observation XI.

Parésie du bras gauche précédant la chorée.

Jeanne P..., fillette de 13 ans amenée le 9 juin 1879, ayant perdu l'usage du bras gauche depuis trois mois. La faiblesse n'a progressé que d'une façon tout à fait graduelle. La main gauche ne conservait plus que la moitié de la face de la main droite, il fut impossible d'y découvrir le moindre mouvement spontané. Cependant on nous raconte qu'au commencement de la maladie elle laissait quelquefois s'échapper les objets de sa main ; mais nous ne pûmes nous assurer qu'il y eût eu des mouvements choréiques bien marqués. On nous dit qu'elle avait eu des rhumatismes aigus à l'âge de quatre ans. Le cœur est sain. Graduellement mais lentement elle recouvre en grande partie la faculté de se servir de son bras ; mais en

no —

mêiTio temps quo la force progressait apparurent aussi do petits mouvements spontanés, qui cependant disparurentensuite graduellement; les symptômes de la maladie ne disparurent que quatre mois après le commencement du traitement, de sorte que l'on peut bien se demander si celui-ci a vraiment eu quelque action efficace.

La malade avait pria d'abord de la strychnine, puis de l'arf^nic.

Observation XII.

Parésie du bras gauche dans le cours de la chorpe.

■ EmmaD..,, 9 ans, entrée en mai 1879. Faiblesse du bras gauche qui pend inerte le long du corps. Elle n'essayait jamais de s'en servir quoiqu'elle pût encore le faire par un petit effort. La faiblesse était survenue d'une façon graduelle quatre mois auparavant, nous ne remarquâmes pas le moindre mouvement spontané, la coordination des mouvements restait parfaite. Cependant lorsqu'elle nous prenait la main on sentait que le mouvement des doigts n'était pas tout à fait égal. Il y avait delégers spasmes dans les jambes, surtout la gauche. En prenant des informations nous apprîmes que pendant les premières semaines de la maladie il y avait eu des mouvements spontanés, mais que ceux-ci avaient diminué au fur et à mesure que la faiblesse augmentait, Il y avait un bruit très rude à la valvule mitrale. Oii lui donne de la strychnine et au bout d'un mois elle était on peut le dire guérie, quoique la force du bras gauche ne fût pas encore tout à fait égale à celle du bras droit.

Observation XIII.

Parésie du brag gauche.

Ellen B..., 14 ans, entrée le 15 mars 1880.Pei'te de la force du bras gauche. La maladie avait commencé d'une façon graduelle. Le bras pendait et elle n'essayait même pas de s'en servir. En faisant un effort elle réussissait à le soulever, mais n'y conservait que très peu de force, et la main était si faible qu'on n'en sentait pas du tout la pression. Jambe forte. La face n'offrait aucun signe de faiblesse, pas de déviation, aucun

— fil —

mouvement dans le bras, mais on lo surveillant attentivement pendant quelque temps, on aperçut quelques petits mouvements spasmodiqnes. On remarqua aussi que la malade poussait de temps à autre des soupirs. Pas de bruits anormaujç au cœur. Elle fut soignée chez elle pendant deux mois sans résultats, mais pendant ce temps, il se développait dans le bras droit des mouvements choréiques bien nets, sans perte de force appréciable. Elle fut admise à l'hôpital et son état s'améliora rapidement. Les mouvements du bras droit cessèrent tout à fait et le bras gauche devint beaucoup plus fort, sans pour cela empêcher des spasmes choréiformes bien nets de s'y produire. En trois semaines la force augmenta de 0 à 17 kilQgrammes.

Observation XIV.

Paré§i§ di^ bras droit.

L. W..., 7ans,entréàQueenSquareHospitalenfévrierl879, avait graduellement perdu l'usage de sa main droite pendant les deux mois précédents. La main droite était bien évidemment plus faible que la gauche. Pas d'incoordination des mouvements dès à première vue, pas de mouvements choréiformes. Cependant, en l'observant bien attentivement et en particulier, alors qu'il tenait un objet quelconque de sa main droite, Qn y dé'^ouvrait un léger mouvem.ent spasnaodique de temps en temps, On lui donna donc de la strj^chnine et son état s'améliora ; il recouvra de Ui force et les mouvements spontanés disparurent. Au bout de deux mois, il était bien.

Observation XV (résumée).

Paralysie des membres iriférieurs à la suite d'une chorée grave, (Commupiquée par mon collègue Renaut, interne des

hôpitaux).

M... Alexandrine, 7 ans 1/2, entrée le 1"'' mars 1883, salle Blache, à l'hôpital Trousseau. Pas de rhumatisme, rougeole à l'âge de cinq ans. Pas de chorée à la famille. Malade depuis quinze jours, cause inconnue. N'a pas de repos au lit, les mouvements occupent surtout les membres, le tronc et la faqe ;

ils ont des exacevbations momentanées qui s'accompagnent de cris et de pleurs. La force musculaire est assez conservée, mais l'enfant lâche immédiatement l'objet qu'il tient. Rien au cœur ni aux autres organes.

Le 29 août, les mouvements deviennent moins accentués et l'enfant peut se servir seule.

Le 6 septembre on commence à lever l'enfant, mais elle ne peut se servir de ses jambes qui plient sous elle, lorsqu'on la met à terre. Cette paralysie persiste jusqu'au 25 septembre, époque à laquelle elle commence à marcher. Dès lors, amélioration rapide, tellement que tous les symptômes choréiques ont disparu.

Observation XVI,

Chorée compliquée de rhumatisme aigu et de paralysie passagère

du voile du palais.

(Recueillie par le D' Jacob, médecin résident à l'infirmerie générale de Leids, placée sous la direction du D"" Cliffard Allbutt).

A. C..., âgée de 14 ans, admise à l'infirmerie le 2 janvier. Elle n'a jamais été robuste, mais était très bien depuis six semaines. Elle n'a jamais eu aucune maladie grave et il n'y a aucun souvenir d'accident, de refroidissement ou de rhumatisme. Depuis six semaines, elle a eu quelques douleurs et rougeur (décrite comme érysipèle), dans le piedgauche ; ce qui se termina en une semaine mais l'avait empêchée de marcher. Après elle commença à avoir des mouvements choréiques des bras et de la jambe gauche qui ont augmenté depuis : bientôt le côté droit commence à se prendre,

A son entrée le 3 janvier, les mouvements choréiques sont continus, mais pas très violents, affectant les deux côtés. Il y a un murmure systolique à la pointe du cœur. La voix est altérée, cependant elle peut répondre aux questions avec difficulté. Elle dort mal la nuit. L'appétit est faible, il y a de la constipation.

Le 10. Même état, pas de sommeil. Le soir à 6 heures, elle commença à être très agitée et ne dormit pas de toute la nuit. Elle prit'l5 grains d'hydrate de chloral et 35 de bromure de potassium en trois fois.

Le 12. Elle a reposé la nuit et est mieux le matin.

L«î 15. Se plaint de quelques douleurs dans la main droite.

Cet état dura jusqu'au 23, époque à laquelle elle eut une paralysie du voile du palais. Les liquides refluaient par le nez. Cette paralysie ne fut que passagère et dura trois jours.

Le 5 février, elle est complètement guérie et sort le 23.

Observation XVII.

Chorée aiguë suivie d'un état de paralysie généralisée.

E. R.., âgée de Tans, admise le 5 décembre. Elle n'a jamais été robuste et a toujours eu quelque difficulté à parler. Dit avoir eu froid à l'école. Depuis la dernière quinzaine elle a eu des mouvements choréiques constants des deux côtés du corps et a très mal dormi. A son entrée, le 6 décembre, elle a bonne apparence, la coloration bonne, les cheveux bruns. Les mouvements choréiques sont continus et violents. Elle parle avec difficulté et ne peut dire que yes. Il n'y a aucun bruit cardiaque. Elle a bien dormi la nuit précédente, mangé avec appétit et ne se plaint d'aucune douleur. L'urine contient des urates, pas d'albumine. On ordonne de l'extrait de ciguë, puis, le 7, une potion au chloral.

Du 9 décembre au 20 janvier, l'agitation continue et la malade est successivement traitée par le chloral, le bromure de potassium et les injections de morphine.

Le 20. Elle est tout à fait calme, mais reste dans un état de paralysie généralisée, quoique partielle. Elle ne semble pas sentir les attouchements ou les piqûres, peut à peine remuer très légèrement les bras, mais ne peut rien saisir. Il n'y a aucun réflexe. Elle ne parle pas, mange et avale bien.

Le 22. Elle paraît plus vivace. Peut dire son nom avec quelque difficulté.

Le 24. Il y a quelque réflexe dans la jambe gauche, ineu dans la droite.

Elle peut étendre les jambes, mais non les fléchir.

Le 31. Elle peut se tenir debout avec un aide.

Le 10 février. Elle peut marcher avec un aide. Depuis lors l'amélioration s'accentue chaque jour, et le 25 on l'envoie en convalescence.

Remarques par le D' Jacob. — Le premier cas montre bieu la coexistence de là chôrée et du rhumatiisme chez le môme sujet ; les bruits cardiaques ont été notés avant l'apparition du rhamatisme, iimoins nue l'accès antérieur de douleurs dans les pieds ait été dé nature rhumatismale.

L-a paralysie passagère du voile du palais établit une connexion entre ce cas et le second. Dans ce dernier cas, nous avons un exemple de phénomènes nerveux qu'on ne voit pas fréquemment. Le cas est intéressant aussi au point de vue thérapeutique, comme montrant l'insuccès des hautes doses de suc de ciguë, et l'avantage obtenu par les doses élevées de bromure de potassium et de chlofal.

Observation XVIII.

Chorée (secondé attaque) laissâut une iiarésie des membres.

(Par le Gye. Hôpital des Enfants-Malades. Great Orment street).

Anna E*.., âgée de 9 ans et 5 mois, admise le 9 novembre

Antécédents. — Père êii bonne Santé ; mèi-e, n'a jamais eu la danse de Saint- Guy, mais est très nerveuse. Trois autres enfants bien portants. Cette enfant a eu, dit-on, trente te une attaques convulsives de l'âge de 6 à 9 mois ; aucune depuis lors. La mère raconte qu'à cette époque, sa fille eut un écou« lement par l'oi-eille gauche, qui a continué de temps en temps, et a souvent senti mauvais. Elle a eu la scarlatine à 5 ans. La rougeole et la coqueluche à 6 ans, mais depuis lors aucune maladie. La mère assure que l'enfant n'a pas eu de rhumatisme. Il y a deux ans, après avoir été jetée dans une cuve d'eaU â l'école, elle est rentrée à la maison eh pleurant. Trois semaines aprèSj on remarqua qu'elle remuait la bouche, les mains et une jambe. Eîlle fut successivement à l'hôpital Saint-Sai'théleœy et à celui des Enfants pendant neuf mois, mais ne fut guérie qu'à la fin du douzième mois. Dans cette attaque, elle semble être devenue ti^ès faible. Après celaj elle resta bien jtisqu'à sa maladie actuelle.

Elle était capable de liioiltorj hniis avait (quelquefois des palpitations.

Elle restait immobile au lit. A l'école, le tapage, dit-oUc, lui faisait mal à la tête. Elle demandait à retourner ài sa maison, et les enfants l'appelaient idiote et cela l'affligeait.

C'était il y a trois semains. Elle commença alors à remuer, d'abord la bouché, puis les mains, les épaules, les jambes, et d'après la mère des deux côtés également. Jusqu'à il y deux jours elle parle bien, et dort bieii; il n'y a aucun trouble des fonctions.

A son enirt^e. — L'enfant marchait en faisant des zig-zags. Elle tombait^ elle remuait le pied droit de temps en tëmps, l-emuait constamment les doigts de la main droite, et parfois ceux de la main gauche. Elle tire bien la langue, parle presque naturellement. Cœur limité eîi hâUt par le 3« espacé, à droite par le bord gauche du sternum, à gauche à un travers de doigtde la ligne mamelonnaire gauche.

L'impulsion cardiaque se fait à un quart de poUce eh dehors) du mamelon, mais estplus marquée au-dessous du mamelon dans le 4° espace, qu'elle ne soulève pas. Quelquefois Id premier temps est redoublé à la pointe, le second bruit- pulmonaire est accentué; en outre du dédoublement, il y a des irrégularités dans le rhythme. L'enfant fut mise au lit et, pour la première quinzaine, on prescrivit 3 gouttes de liqueur de strychnine à prendre eh trois fois chaque jour; et pour la semaine d'après (la troisième), 3 gouttes de liqueur arsenicale. Après on revint à la strychnine, avec purgatif. Les mouvements n'étaient pas exagérés ; la température en général est au-dessous de la normale.

On ne prit aucune aittfe note jusqu'au 29 décembre ; elle était alors couchée ! il y avait de légers mouvements de la bouche, du cou, des deux membres supérieurs, à toutes les principales articulations, et un peu à celle du cou-de-pied droit.

Elle articule imparfaitement) souvent elle commencé àpaf- 1er en chuchotant, et. est longtemps à s'exprimer; elle tire la langue facilement, mais ne peut la garder dehors. Les mouvements du côté droit sont plus marqués que ceux du côté gauche , mais non violents. Le pouvoir moteur volontaire est certainement moindre à droite qu'à gauche; elle peut lever le bras gauche et le tenir dans cette position plus longtemps que le droit. Quand on lui dit d'élever la jambe, elle est quelque-

lOis incapable de lever" la droite ; elle marche plus mal qu'à son entrée; il y a un peu d'ataxie, et les jambes sont lancées avant que les pieds touchent terre, et cela plus à droite qu'à gauche.

Le pï" janvier. On trouva qu'il n'y avait, pas augmentation de l'irritation galvanique ; mais l'excitabilité faradiqnc était manifestement diminuée dans les membres inférieurs. On faradisa trois fois par semaine.

Le P"" février. La faiblesse est plus grande. Elle est incapable de se lever une fois snr dix et de s'y tenir. Tous les matins ou donne une douche.

3 février. Après les douches il semble que l'enfant est en état de mieux remuer ses membres.

4 mars. Les mouvements choréiques sont presque passés, il y a seulement par instants de légers tremblements des mains, mais la parésie générale est plus grande qu'elle n'était. Elle reste encore très faible sur son lit. Elle peut prendre un morceau de pain dans ses mains, mais ne peut le porter à sa bouche.

C'est plus pénible que l'incoordination. Il n'y a plus de bruit cardiaque, mais seulement parfois des irrégularités. Le langage reste ce que nous avons déjà signalé.

Elle fut envoyée à la convalescence et fut soumise au douches, mais ce ne fut que le 20 mai, plus de six mois après le début de la maladie, qu'elle fut rétablie.

Nous devons les deux observations qui suivent à l'obligeance du D' West, qui a bien voulu nous les confier lors d'un voyage que nous fîmes récemment à Londres. Ces observations, recueillies jour par jour, seraient un peu longues à reproduire in extenso, aussi avons-nous cru bon de les résumer.

Observation XIX.

Chorée avec prédominance remarquables de symptômes paralytiques. Amélioration lente.

Elisabeth R..., âgée de 8 ans, admise à Thopital le 5 octobre 1881. Les parents jouissaient d'une bonne santé. La mère avait eu autrefois un rhumatisme articulaire aigu. Toute la famille est rhumatisante. Il y a trois autres enfants en bonne santé.

Elisabeth a eu la rougeole et la fièvre scarlatine il y a un an, et après cette fièvre survinrent des douleurs dans les jointures.

Pas d'attaques convulsivês pendant la dentition.

Depuis deux mois les doigts sont agités de mouvements convulsifs, elle fait des faux pas en marchant, puis la figure grimace. Son état empire rapidement. EUe n'a jamais eu de rhumatisme et n'a aucun bruit anormal au cœur.

A son entrée : Enfant pâle, mal développée. Pupilles égales et grandes. Les mouvements choréiques des bras, des jambes et de la face ne sont pas très violents. Ce qui frappe surtout, c'est le manque de force. Lorsqu'on l'apporta à l'hôpital, elle reposait inerte dans les bras de sa mère ; la tête pendait en arrière, les bras flasques aux côtés du corps. Il lui était impossible de parler, de s'asseoir sur son lit, de manger seule. Voulait-elle quelque chose, elle ne pouvait le demander et pleurait à chaudes larmes. Cependant lorsqu'elle est au lit, elle peut ployer les jambes. L'amélioration ne se fit que très lentement, et la malade, d'abord soumise à des doses de noix vomique, fut mise ensuite au traitement arsenical.

On l'envoya en convalescence à Highate, mais au bout d'un mois elle eut une rechute qui la retint encore pendant plusieurs mois à l'hôpital. Elle finit enfin par guérir complètement.

Observation XX.

Chorée molle. Guérison lente.

Lucy F..., fille, 7 ans. admise à l'hôpital le 15 novembre 1872 et sortie le 18 mars 1873. La famille souifre en général de l'humatisme, mais notre malade n'en a jamais eu. Ollive. 5

Choroc molle ; pas de lésions cardiaques. Les symptômes de la maladie datent de sept mois, Guérison lente. C'est un cas caractéristique.

Le grand'père mourut de l'humatisme, le père a souvent des attaques. Aucun des membres de la famille n'a eu de chorée, ni d'autres névroses.

L'attaque actuelle a débuté par un changement dans le caractère, suivie de peur, d'irritabilité, puis au bout de trois semaines, apparurent quelques mouvements dans les bras et les yeux. Elle entre à l'hôpital Saint-Barthélemy. Cet état est bien vite suivi de paralysie musculaire, et même c'est cette paralysie qui domine la scène pendant toute la durée de l'affection.

Le 4 février, elle peut à peine "se tenir debout, et elle ne peut mouvoir un pied au-devant de l'autre.

Le 10, elle essaye de marcher, elle peut se tenir debout, mais chaque mouvement est incoordonné.

Le 12, la force commence à revenir dans les jambes, mais en même temps ;les mouvements choréiques s'accusent davantage.

Observation XXI.

Attaques de chorée multiples. Paralysie transitoire. (Bull, de thérapeutique, juin 1847).

Bonnet (Anna,) couturière, 25 ans, assez fortement constituée, a eu dans sa première enfance de fréquentes convulsions.

A l'âge de 7 ans et à la suite d'une vive frayeur, elle éprouva une première attaque de chorée qui dura dix-hui mois. La convulsion occupe surtout le côté droit ; le côté gauche est très notablement affaibli.

A 9 ans 1/2, seconde attaque qui dura quatre mois, avec prédominance de la convulsion à droite, affaiblissement très grand du bras et de la jambe gauches.

A 10 ans, nouvelle attaque du même côté et qui dure deux mois,

A 12 ans, quatrième attaque qui dure six semaines» toujours du même côté, avec faiblesse extrême du côté gauche. A 13 ans, autre attaque qui dure deux mois. Enfia à 14 ans,

sixième attaque qui dure sept semaines, avec prédominance des mouvements convulsifs à droite. Le côté gauche est complètement paralysé et l'esté dan^ cet état pendant quatre mois.

Pendant ces attaques, la malade n'avait jamais eu de délire, mais la mémoire paraissait singulièrement affaiblie. Elle éprouvait sous l'influence des moindres contrariétés des accidents hystériformes à la suite desquels la faiblesse du côté gauche s'exagérait.

Après quatre mois de paralysie, les règles s'établissent pour la première fois ; la paralysie disparaît avec une extrême rapidité. Pendant neuf ans les règles continuent à paraître régulièrement; aucun accident nerveux grave ne survient. Mais après ce temps et au milieu d'unë époque menstruelle, les règles se suppriment à l'occasion d'une très vive contrariété* La malade reste six semaines indisposée, éprouvant des agitations nerveuses continuelles. A la suite d'une saignée^ elle est prise d'une attaque hystérique qui amène immédiatement une paralysie complète du côté gauche. Portée à l'Hôtel-Dieu elle reste trois jours sans connaissance^ La bouche était déviée, les mouvements et la sensibilité tout à fait abolis, mais l'intelligence parfaitement conservée. Ce ne fut qu'après trois jours que la malade commença à remuer le bras ; elle ne put essayer de marcher qu'après quinze mois. Les règles supprimées pendant tout ce temps s'étant alors rétablies, la paralysie se modifia bien rapidement. Après deux mois environ, le bras gauche avait recouvré tous ses mouvements, mais la jambe traînait encore un peu.

Deux mois après, la jambe elle-même était revenue à l'état normal. Depuis ce moment, c'est-à-dire depuis cinq mois en viron, aucun accident nei'veux ne s'est reproduit, les règles sont venues fort régulièrement, et la malade a pris à chaque époque menstruelle les précautions nécessaires pour n'en point interrompre le cours ou même pour augmenter la quantité du .flux sanguin.

Observation XXII.

Parésie à droite.

(CommuDiquée par le D'' Gaucher, chef de clinique).

Jean G..., 9 ans, entré le 25 mars 1879, salle Saint-Louis, à l'hôpital des Enfants-Malades,

Pas d'antécédents rhumatismaux.

Déjà soigné deux fois pour la chorée.

. Chorée des deux côtés surtout à droite, depuis six semaines un peu de parésie de la jambe droite, pas d'anesthésie.

Cœur avec souffle au premier temps à la pointe ; se propageant dans l'aisselle.

Souffle vasculaire continu avec redoublement.

Traité par l'arséniate de soude, sort guéri le 11 mai.

Observation XXIII.

Parésie gauche.

(Communiquée par le D"" Gaucher).

Legay (Victoire), âgée de 11 ans, entrée le 25 mars 1879, à la salle Sainte- Greneviève, hôpital des Enfants-Malades.

Seconde atteinte. La première fois malade pendant un mois.

Pas de rhumatisme, ni de scarlatine.

Parésie du côté gauche. Mouvements peu marqués.

Sort guéri le 6 avril.

Observation XXIV.

Paralysie précédant une chorée rhumatismale. (Par le D"" Rockwell. In New-York Med. Journ.)

Alfred B..., âgé de 8 ans, me fut envoyé le 11 février 1882, " par le D"" William, C. Wile, de Sandy Hoock.

L'année passée (février 1883), il eut une attaque de rhumatisme articulaire aigu, qui atteignit les articulations du côté droit plus que celles du côté gauche. Comme l'état inflamma-

toire se calmait, il se trouva qu'il eut alors une paralysie très marquée des membres du côté le plus atteint, et au bou de trois semaines les membres paralysés, en même temps que les muscles de la face, commencèrent à être animés de mouvements choréïques. A la même époque, sous mes yeux, la jambe et le bras droits furent très faibles, et le désordre si marqué qu'il ne pouvait porter un verre d'eau à sa bouche sans en renverser. Selon les parents, le pouvoir de coordination était affaibli également des deux côtés au début de la maladie. La parole était quelquefois hésitante, et la pupille droite dilatée.

L'exploration révélait un murmure systolique, dû probablement à la valvule nitrale, et remarquable par son inconstance, disparaissant et reparaissant sans cause appréciable. On le traita par des pulvérisations d'éther, l'administration de l'extrait de ciguë, et les courants continus.

La guérison survint au bout de dix semaines.

Page 1