‹ Des paralysies des muscles moteurs de l'oeilChapitre 18 sur 33 · PARALYSIE INCOMPLÈTE DU MUSCLE DROIT SUPÉRIEUR DU CÔTÉ GAUCHE · texte numérisé non relu

PARALYSIE INCOMPLÈTE DU MUSCLE DROIT SUPÉRIEUR DU CÔTÉ GAUCHE

Mobilité absolue. — Lorsque l’œil droit est couvert, la ligne visuelle gauche peut être plus ou moins élevée au-

dessus de la direction horizontale, suivant le degré de paralysie ; néanmoins, le maximum d’élévation reste audessous de la limite physiologique, fait qui se montre lors de faibles lésions, par la comparaison avec l’œil gauche. A part cela, l’élévation encore possible, contrairement à ce qui se passe pour le faible vestige qui en subsiste dans la paralysie complète, s’exécute suivant le mode physiologique, c’est-à-dire autour de l’axe transversal de l’œil sans divergence, ni mouvement rotatoire. Ce n’est qu’à la limite de l’élévation que surviennent le plus souvent des déviations de cette nature, et en même temps des contractions intercurrentes du droit interne (voy. p. 149). Pendant le déplacement latéral vers la droite, le manque d’élévation diminue, tandis qu’il augmente dans le déplacement à gauche. D’après cela, le trouble de mobilité absolu ne se révèle dans de très-faibles paralysies que par ce fait que, si l’on vient à faire parcourir successivement à la ligne visuelle les limites du champ de mobilité, la portion supérieure gauche paraît insuffisamment étendue, et le champ de mobilité rétréci dans cette direction. On voit la cornée passer pour ainsi dire de la position d’élévation la plus prononcée, par une voie plus rectiligne, se rapprochant davantage d’une corde, à la position d’abduction extrême. L’anomalie de projection et la sensation de vertige sont les mêmes que dans la paralysie complète, seulement moins prononcées. La rotation anormale de la tête pendant l’emploi exclusif de l’œil gauche se remarque à peine dans les degrés de paralysies peu prononcés, vu que les notables élévations de la ligne visuelle ne sont pas utilisées.

Je dois encore noter ici un symptôme qui aurait déjà pu

PARALYSIES DES MUSCLES DE L’oEIL.

être indiqué lors de la paralysie complète, à savoir l’excessive élévation de la paupière supérieure, lorsque l’œil gauche suit un objet s’élevant successivement. D’excessifs efforts se trouvent concentrés ici d’une façon analogue à ce que l’on observe après le reculement du droit supérieur, sur ce muscle dont l’action est imparfaite, et retentissent pendant l’élévation du regard sur l’élévateur de la paupière, supérieure, dont l’action y est combinée. Ce bâillement particulier de la paupière supérieure (1), pendant lequel la sclérotique devient visible au-dessus de la cornée d’une façon insolite, donne à l’œil cette expression étrange que Ton rencontre dans la maladie de Basedow.

Rapport clés deux yeux de l'un à l'autre. — Lorsque l’objet fixé s’élève, il se montre plus ou moins tôt, suivant le degré de paralysie, une déviation de la ligne visuelle gauche en bas et un peu en dehors. La limite danslaquelle les déviations se montrent s’élève vers la droite, et cellesci sont moins prononcées dans ce sens que vers la gauche. La déviation secondaire se comporte comme dans la paralysie complète, elle est seulement moins prononcée. Il en est de même de la diplopie et du port de la tête qui

(1) Cet état paraît d’autant plus frappant, lorsque dans une paralysie combinée du droit supérieur et du releveur de la paupière, ainsi qu’on l’observe si fréquemment dans les paralysies du moteur oculaire commun, l’affection a plus rétrogradé dans ce dernier muscle que dans le premier. Alors, à la vérité, la paupière supérieure, par suite d’un reste de ptosis , pend encore, d une façon anormale, lorsque le regard est légèrement dirigé en bas et même pendant le regard horizontal ; mais l’objet fixé vient-il à être élevé, cette paupière encore en partie paralysée se soulève d’une façon excessive, parce que les efforts concentrés sur le droit supérieur produisent un raccourcissement relativement trop prononcé de l’élévateur par rapport à la hauteur du regard.

en résulte, lors de l’usage simultané des deux yeux. De même ici, à cause de la faible étendue de fusion pendant l’élévation, la correction à l’aide de prismes n’a qu’un champ restreint ; néanmoins, quelques malades arrivent au bout d’un certain temps à utiliser l’influence volontaire dans ces conditions, à tel point que j’ai vu, dans des états qui avaient une certaine durée, le pouvoir de fusion équivaloir à un prisme de 12 degrés, alors que, dans le principe, les positions dynamiques ne pouvaient pas être modifiées d’une façon correspondante à un prisme de 3 à l\ degrés.

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