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PARALYSIE COMPLÈTE DU DROIT SUPÉRIEUR DU CÔTÉ GAUCHE

Mobilité absolue. — L’œil droit étant fermé, si l’objet fixé vient à être porté progressivement de bas en haut dans le plan médian, la ligne visuelle ne peut dépasser la direction horizontale que d’une petite quantité, et cela seulement à l’aide d’un mode de mouvement contraire à la physiologie.

Nous avons démontré plus haut (voy. p. 107 et 108) que l’élévation de lal'gnevisuelle, sans mouvementde latéralité, s’opérant comme autour de l’axe transversal de l’œil, ne peut être exécutée que par l’action combinée du droit supérieur et de l’oblique inférieur. Si donc l’action du droit supérieur fait défaut, et que l’objet fixé ait un mouvement ascensionnel direct, il se produira de deux choses l’une : ou bien la fixation cessera complètement, en ce que la direction du regard obéira à la direction isolée de traction du muscle oblique inférieur, et il se produira, par conséquent, une déviation en dehors avec mouvement rotatoire négatif;

ou bien par l’action combinée de l’oblique inférieur et du droit interne, il est donné encore pour une faible étendue, satisfaction à l’exigence de la fixation, mais le reproche d’être un mouvement contraire h la physiologie atteint cette position d'une façon analogue à ce qui a été dit pour les positions intermédiaires produites sans le secours des forces latérales (voy. p. 11 Zi et 115). Si l’intervention du droit interne peut en effet combattre l’abduction de la ligne visuelle que produit l’oblique inférieur du côté gauche, il n’en est pas de même du mouvement rotatoire négatif produit par ce même muscle. Aussi, cette position manque-t-elle de la régularité physiologique, en ce que le droit interne, qui, pour l’élévation simple, est d’ordinaire inactif, ne fournit son concours que d’une façon restreinte et interrompue. De la faible influence que l'oblique inférieur exerce en général sur l’élévation de la ligne visuelle, en prenant pour point de départ la position primordiale, résulte le degré très-exigu de l’élévation encore possible. Enfin, la mobilité absolue devient infiniment petite et même nulle, si l’on cherche à faire exécuter l’élévation pendant que la ligne visuelle est dirigée vers la gauche. Au contraire, elle s’accroît sensiblement quand le regard est dirigé à droite. Ceci repose sur ce que, lorsque l’adduction se prononce davantage (voy. p. 110), la coopération de 1 oblique inférieur à l’élévation augmente, tandis que celle du droit supérieur diminue.

L’anomalie de projection , lorsque l’œil gauche est seul employé à la fixation, se montre aussitôt que l’objet, en s’élevant, atteint le voisinage du plan visuel horizontal, et s’accroît progressivement au fur et cà mesure que l’élévation.

augmente. La sensation de vertige se fait moins sentir ici, parce que pendant la marche l’élévation delà ligne visuelle n’est pas utilisée; elle se montre davantage lorsque les malades montent un escalier rapide ou une échelle. Ils s’y soustraient, en faisant exécuter à la tête une rotation en arrière autour de l’axe transversal, en même temps qu’ils la portent légèrement à gauche, afin de transporter les objets placés directement au devant de leur corps dans la moitié droite du champ visuel, dans laquelle l’élévation est encore proportionnellement plus exécutable.

Rapport des deux yeux de l' an à F autre. — L’objet vient- . il à être mû progressivement de bas en haut dans le plan médian, il se produit alors, déjà même un peu avant qu’il ait atteint le plan visuel horizontal , une déviation de l’œil gauche en bas, qui s’accroît à mesure que l’objet s’élèvera davantage. En même temps, la cornée gauche se dévie légèrement à gauche ; en effet, comme pour l’élévation simple du côté droit, le droit supérieur unit son action à celle de l’oblique inférieur, il en résulte qu’à gauche, l’action isolée de l’oblique inférieur se produira seule, comme effet des impulsions associées. Le mouvement rotatoire négatif qui se rattache à cette action isolée, peut également être constaté, vu le faible déplacement que subit la ligne visuelle dans ce cas, par la façon dont se comportent les vaisseaux conjonctivaux et l’iris. Somme toute, le malade, lorsque son plan visuel est dirigé en bas, se présente comme jouissant d’un regard normal, tandis que, lorsque son plan visuel est dirigé en haut, il présente un strabisme deorsumvergent et en même temps un peu extrorsumvergent. Le regard étant dirigé latéralement dans le sens positif,

c’est-à-clire à droite, l’objet vient-il à être élevé progressivement, les déviations ne commencent à se produire que vers une limite plus élevée que dans le plan médian, environ dans le plan visuel horizontal. Aussi, le strabisme deorsumvergent se fait-il moins sentir lors d’élévations identiques de l’objet. Enfin, l’œil gauche étant fortement mis en adduction, la quotité de la divergence diminue. Le mouvement rotatoire anormal devient moins frappant déjà à cause du plus grand déplacement de la ligne visuelle dans cette direction. Si, au contraire, l’objet fixé vient à être élevé petit à petit en même temps que la direction latérale devient négative, les déviations se montrent déjà avant le plan médian, c’est-à-dire plus en dessous de l’horizontale. Pour des élévations égales, elles atteignent des degrés plus forts ici que là. Les mouvements rotatoires anormaux diminuent si l’écartement latéral devient fort, tandis qu’en même temps la quotité de divergence diminue et fait même place à une légère convergence lors d’une abduction extrême.

La déviation secondaire de l’œil droit est naturellement inverse de la déviation primaire dans sa direction principale, c’est -à dire en hauteur (voy. p. 14), et ne lui est homonyme que dans la direction latérale. Lorsque l'œil droit sera caché, il sera dévié en haut et légèrement en dehors. Nous avons vu qu’une élévation de l’œil gauche jusqu’à un certain point, l’œil droit étant couvert, peut encore être produite par l’action combinée de l’oblique inférieur et du droit interne. D’après la loi d’association, à ceci se rattachera dans l’œil droit une coopération de l’oblique inférieur et du droit externe, à laquelle s’ajoutera encore le droit

supérieur, vu que ce muscle, inactif il est vrai dans l’œil gauche, ne cesse pas d’y recevoir les impulsions de la volonté. Il en résultera en somme une déviation à droite et en haut. Le mode de production des déviations secondaires pour les positions intermédiaires en haut à gauche, et en haut à droite, se déduisent facilement en appliquant rigoureusement d’après le principe d’association, ce qui a été dit eu égard à la défectuosité de ces positions.

La diplopie commence à se montrer dans le même point où les déviations se révèlent. Nous avons déjà montré que cette démarcation s’abaisse vers la gauche et s’élève vers la droite. D’après cela, le malade, pour éviter la diplopie, ne porte pas la tête en rotation en arrière exactement autour de l’axe transversal, mais bien, autour d’un axe à peu près transversal, mais à la fois légèrement ascendant à droite. De cette façon, il transporte les objets placés au devant de son corps, dans le quart inférieur droit de son champ visuel, dans lequel la vision simple est le mieux assurée.

Conformément à la direction des déviations, il s’agit ici principalement d’images placées l’une au-dessus de l’autre, de telle sorte qu’au fur et à mesure que l’objet fixé s’élève, l’image de l’œil gauche se trouve de plus en plus au-dessus de celle de l’œil droit. Par suite du degré de divergence, les images seront également plus ou moins croisées. On observe aussi parfois une différence apparente d’éloignement des images par rapport au malade lorsque, comme il arrive d’ordinaire quand le plan visuel est fortement élevé, la projection a lieu vers le plafond de la chambre. L image la plus haute tombe sur une partie plus rapprochée de cette surface horizontale et jusqu’à ce que les conclusions

se soient corrigées, elle est considérée comme plus rapprochée. Lorsque la direction latérale du regard est positive, les différences de hauteur des images sont proportionnellement moindres; de même pour de fortes directions latérales de cette nature, le croisement diminue aussi quelque peu. Dans les directions latérales négatives, les différences de hauteur deviennent au contraire relativement très-prononcées, tandis que le croisement diminue d’une façon continue.

En ce qui concerne l’inclinaison des images, elle est proportionnelle pour des objets horizontaux à l’anomalie du mouvement rotatoire. Comme cette anomalie a lieu dans le sens négatif, la rotation apparente de l’image sera dirigée dans le sens positif; vers la gauche, elle s’effacera, car le droit supérieur exerce ici une très-faible influence sur l’inclinaison du méridien ; au contraire, elle s’accroîtra vers la droite. Les choses se comportent d’une façon un peu plus compliquée pour des objets verticaux. Le regard vient-il à s’élever dans le plan médian, le méridien perpendiculaire à ce plan visuel fournira une image double inclinée à droite, à cause du mouvement rotatoire négatif que subit l’œil gauche par suite de la paralysie. Mais comme en outre, à cause de la divergence, cette image se trouve projetée à droite, dans une direction dans laquelle le méridien perpendiculaire au plan visuel fournit déjà pour son propre compte, sur une surface verticale, une projection inclinée en sens positif, il en résulte que deux causes s’associent ici pour produire l’inclinaison de l’image vers la droite. Dans la position intermédiaire à droite en haut, l’inclinaison commencera par s’accroître, puis, bien que le mouvement rotatoire se

prononce davantage, elle restera stationnaire ou diminuera même, parce que dans la direction latérale exagérée, le croisement des images disparaît. Au contraire, à gauche en haut, l’inclinaison disparaît rapidement et d’une façon continue, parce que le mouvement rotatoire et le croisement disparaissent à la fois. Toutes ces inclinaisons sont, du reste, rarement accusées exactement lors de grandes différences de hauteur, et elles se modifient du reste encore lorsque la fixation binoculaire ayant cessé, les lois de rotation s’effacent.

Pour corriger la diplopie, on doit faire usage ici de prismes à réfraction supérieure tenus devant l’œil gauche, en ayant soin d’en diriger tout à la fois le sommet plus ou moins à gauche, suivant les différents degrés de croisement. Gomme d’ailleurs l’étendue de fusion, lors d’élévation du plan visuel, est en général extrêmement restreinte, comparativement à la direction latérale, la correction tend à n’être chaque fois exacte que pour des positions déterminées ou renfermées dans de très-étroites limites. C’est pour la même raison que la différence entre la déviation dynamique et la déviation réelle est presque nulle, et, par conséquent, la coïncidence entre la limite de la diplopie et l’apparition de la déviation dynamique devient presque exacte.

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