DIAGNOSTIC
Le diagnostic de la paralysie même, ainsi que le diagnostic des muscles paralysés (1) ne peuvent être absolument faits qu'à l'aide du laryngoscope. Le diagnostic
(1) Diagnostic des paralysies motrices ùcs nmsi les du larynx, i)arP^. Diiranty (On/,, iiiéd., 187"2).
des causes, au contraire, repose sur l'interrogation et sur l'examen même du malade.
Quels sont donc les lignes laryngoscopiques qui nous indiquent si une corde est ou non paralysée.
Dans le cas de paralysie complète, les signes sont absolus. La corde vocale paralysée est immobile ; son bord libre, le plus souvent, occupe la ligne médiane et divise l'aire glottique comme une perpendiculaire abaissée du sommet sur la ba^e, diviserait un triangle isocèle. En même temps, l'aryténoïde correspondant n'opère plus ses mouvements de rotation sur son axe. La corde vocale frappé d'immobilité parait être plus courte que sa congénère, et cela tient à deux raisons. D'une part, la corde est lâche, détendue, d'autre part, l'aryténoïde semble avoir fait en avant un mouvement de bascule, et masque le quart postérieur de la corde qui semble être raccourcie. La coloration est généralement normale.
Lorsque les deux cordes sont paralysées, la paralysie semble porter uniquement sur les muscles contricteurs de la glotte, car dans tous les cas que nous avons observés, nous avons toujours vu les cordes écartées comme pour la respiration tranquille.
On comprend parfaitement que si la paralysie portait dans ces cas sur les muscles dilatateurs, l'asphyxie ne larderait pas à. se produire. Dans ces cas de paralysie double que nous avons signalée comme étant presque toujours le fait de l'hystérie, en particulier, la coloration des cordes est toujours normale lorsques les thyro-aryténoïdiens ne sont pas atteints; dans le cas contraire les cordes sont rosées.
Il arrive souvent, do rencontrer dans le cours de la
syphilis et surtout de la tuberculose l'immobilisation de l'une ou de l'autre des deux cordes vocales inférieures. Dans ces cas, il n'y a pas paralysie, il y a simplement une lésion de l'articulation crico-aryténoïdienne correspondante qui se révèle par du gonflement, de l'œdème de voisinage des ligaments ou mieux des replis ary-épiglottiques et souvent par des ulcérations. Les signes objectifs de ces lésions sont trop connus pour que nous attirions sur eux l'attention du lecteur. En un mot, il est toujours facile de reconnaître au laryngoscope la paralysie complète de l'une des cordes ou des deux en même temps.
Il n'en est plus de même des paralysies incomplètes. Pour faire ce diagnostic, il faut avoir une grande habitude de l'examen laryngoscopique et savoir reconnaître si l'une ou les deux cordes sont animées de mouvements incomplets.
Quant aux paralysies partielles, ce sont les connaissances physiologiques qui nous permettent de les diagnostiquer. En d'autres termes, c'est la physiologie qui nous permet de dire que la paralysie porte sur tel ou tel muscle ou sur tel ou tel groupe musculaire,
Ce diagnostic peut être facilement exposé dans un tableau.