‹ Des paralysies dynamiques ou nerveuses [electronic resource]Chapitre 10 sur 13 · PARAPLÉGIE SYMPTOMATIQUE DE LA MYÉLITE · texte numérisé non relu

PARAPLÉGIE SYMPTOMATIQUE DE LA MYÉLITE

1° Rien de semblable n'annonce la myélite et la paraplégie qui lui succède.

20 État fébrile assez intense et souvent vomissements.

3° Le ramollissement de la moelle se borne rarement à la région où il a débuté; mais il envahit les parties saines du cordon rachidien, situées au-dessus et au-dessous , et il en résulte une série de réactions sur les différentes fonctions.

4° Ici il y a un point douloureux fixe, constant, dans la région des lombes; douleur que la pression augmente, il est vrai, mais appréciable sans elle.

5° Le malade éprouve quelquefois des coliques vives, des contractions conviilsives des parois abdominales, et la sensation d'un resserrement pénible dans cette région.

6» La paralysie du rectum et de la vessie est, au contraire, très-fréquente et très-prononcée.

7° Contractions convulsives assez fréquentes dans les membres paralysés au début.

8» Anesthésie fréquente.

9° Elle attaque les deux sexes indistinctement.

10° La moelle est le siège de nombreuses lésions.

La paralysie urinaire pourrait encore être confondue avec celle qui

esl produite parles perles séiniiialcs; car il y a beaucoup de rapports, beaucoup de liaisons eotre les affections des organes urinaires, de la prostate particulièrement, et celles des organes de la génération, au point qu'il est souvent difficile de reconnaître la part de chacune d'elles.

« Il est rare, dit M. Lallemand, qne les pollutions diurnes ne soient pas compliquées de catarrhe chronique ou d'irritation de la vessie; c'est même ce qui rend souvent le diagnostic difficile, non-seulement à cause des symptômes propres au catarrhe, mais encore à cause des mucosités sécrétées par la prostate et la vessie. C'est pourquoi, quand je vois des urines troublées, je dirige toujours mes questions du côté des pollutions diurnes, bien que je ne confonde pas ces mucosités avec le sperme. » (Des pertes séminales, 1. 1, p. 88.) Et plus loin il ajoute : « Je ne reviendrai pas sur la coïncidence fréquente des deux maladies, mais je saisirai cette occasion pour faire remarquer combien le catarrhe chronique de la vessie jette d'obscurité sur l'un des principaux symptômes des pertes séminales involontaires. Certes je n'ai point regardé comme de la semence le dépôt de matière épaisse, souvent mêlée de glaires, etc., qui se formait dans les urines à mesure qu'elles se refroidissaient ; je sais fort bien que ces matières sont fournies par la membrane muqueuse de la vessie et par les follicules prostatiques, que le sperme ne présente pas ces caractères quand il existe seul dans les urines; mais c'est sur l'ensemble des symptômes et non sur un seul qu'il faut juger une maladie, et les cas obscurs doivent être élucidés par ceux dans lesquels les mômes phénomènes sont évidents.

» Ceci a plus d'importance qu'on ne pourrait le croire, à cause de la fréquente coïncidence des afTections de la vessie avec les pollutions diurnes. Le sperme existe très-rarement seul dans les urines ; il s'en faut de beaucouji qu'il conserve alors les caractères qu'on lui connaît dans l'étal de santé parfaite. Il ne faut donc pas croire qu'il soit souvent facile de constater sa présence à l'aide de réactifs chimiques ou des recherches microscopiques. Il ne faut pas s'imaginer non plus que ces caractères soient indispensables au diagnostic de la spermatorrhée. Ces illusions ne peuvent entrer que dans l'esprit de ceux qui n'onl jtas observé des cas graves et compliqués.

» Je désire vivement qu'on découvre un réactii assez délicat pour déceler la fréquence des moindres atomes de sperme dans les urines les plus chargées des autres matériaux ; je fais des vœux pour que les

observations microscopi(|uos deviennent assez faciles, assez sûres pour permettre de reconnaître lesdébris d'animalcules spermaliques au milieu du pus, du mucus vésical et des glaires prostatiques; mais en attendant faut-il nier la maladie' faut-il s'abstenir de la combattre par les moyens dont l'expérience démontre l'eflicacité? Je voudrais que tous les cas de spermatorrhée fussent parfaitement simples et toujours faciles à constater ; mais si la prostate, la vessie et même les reins participent souvent à l'alfection des organes spermatiques, si cette coïncidence est le résultat des connexions anatomiques et physiologiques qui existent entre ces parties, il faut bien s'y résigner. » (2* partie, p. 341.)

S. ce sujet, M. Leroy-d'ElioUes reproche à M. Lallemand de ne pas faire assez de cas du microscope. « Un bon microscope, dit-il, montre toujours des zoospermes quand il y en a, pourvu que les liquides dans lesquels ils nagent ne soient pas altérés et décomposés. Aussi depuis que l'usage de cet instrument est devenu plus général, a-t-on reconnu que bon nombre de malades, supposés atteints de perles séminales, avaient en réalité des prostatileset des calarrhesde vessie.» (Thèsecilée.)

Ainsi donc, lorsque le microscope ne décèlera point des zoospermes, on pourra hardiment avancer que c'est à une paralysie urinaire qu'on a affaire; mais il ne faudra pas confondre avec les zoospermes, comme on l'a fait, certains corpuscules brillants, doués de mouvements en apparence spoutanés, qu'on rencontre quelquefois dans les dépôts urineux et les écoulements prostatiques. Ces corpuscules, comme l'a démontré M. Leroy-d'Étiolles père, proviennent de la prostate, et on les voit au microscope dans l'urine fraichement expulsée des personnes affectées de prostatite, alors même que ces urines ne se troublent pas par le refroidissement.

Après tout, quand même on se tromperait de diagnostic, l'inconvénient ne serait pas grand, attendu que le traitement est le mémo dans les deux maladies.

Le traitement, comme on doit le concevoir, consiste avant tout à combattre les causes qui produisent la paralysie, eh vertu de l'axiome souvent faux en médecine : Sublata causa, tollitur effcclus

On évacuera donc souvent et complètement l'urine à l'aide du cathétérisme. on lavera la vessie à l'aide d'injections émoUientes, cti:.

Le docteur Smith (de Varsovie) préconise le sel ammoniac contre lo catarrhe de la vessie; il l'administre sous la forme suivanle :

Prenez : Feuilles d'uva urti . ; . . . \

Racine d'ononis sptnosa. . . V ùâ 15,00

Feuilles de diosma crenata. )

Faites cuire avec de l'eau de fontaine. . . . q. s. Réduisez la colature à 200,00.

Ajoutez ;

Sel ammoniac

Jus de réglisse ....

A prendre six à huit cuillerées par jour.

ââ 8,00 à 15,00.

L'effel de cette potion sur la sécrétion muqueuse de la vessie est, suivant M.Smith, des plus remarquables. Elle convient également dans la gravelle.

Les bains de vapeur térébenthinés, à température graduée, sont parfaitement indiqués contre le catarrhe vésical chronique. Il existe un appareil de ces bains dans mon établissement hydrothérapique; je les combine souvent avec l'hydrothérapie. Les malades, en sortant des cellules tout inondés de sueur, courent sous la douche ou vont se plonger dans la piscine. L'efficacité de ces bains est vraiment trèsgrande ; toute l'économie est en très-peu de temps saturée du principe résineux, et, huit jours après le bain, l'urine exhale encore une forte odeur de violette.

Si la prostate est le siège de quelque tuméfaction, de quelque engorgement, il faudra tâcher de la ramener à son volume normal par des moyens appropriés, et procurer à l'urine un libre passage en pratiquant des injections intra-urétrales avec la sonde à double courant de M. Cloquet, ou bien avec celle modifiée par M. Leroy-d'Étiolles père. On peut employer à cet effet des liquides de différente nature, des émollients, des résineux, des acides minéraux, etc.

Un bon moyen d'obtenir la résolution de la prostate consiste à la déprimer à l'aide d'un suppositoire en ébène que l'on introduit dans le rectum, et d'une sonde courbe qui se redresse avec un ressort. On peut enfin avoir recours aux incisions profondes sur le col de la vessie.

La cautérisation du col et de l'intérieur de la vessie doit être placée au premier rang des moyens curatifs.

Lorsque l'obstacle est un rétrécissement de l'urètre, il faut le traiter par des moyens appropriés.

Lorsque la paralysie est sous la dépendance d'une maladie des

reins, on combattrâ cette maladie en remplissant avec soin les indications.

Voilà pour le traitement de la maladie de l'appareil urinaire ; mais on ne s'en tiendra pas que là ; on combattra simultanément la paralysie par des frictions sur les reins et les membres, par la strychnine et la brucine, le rhus toxicodendron, les bains sulfureux, l'hydrothérapie, la galvanisation.

Enfin, OH fera suivre aux malades un régime hygiénique, physique «t moral, en rapport avec les causes de la maladie.

g II. Paralysies sympathiques de diverses affections algu'cs.

Les auteure citent plusieurs exemples de paralysies accompagnant différentes maladies aiguës ou leur succédant. Franck et Zimmermannont observé la paralysie dyssenlèrique. Le dernier auteur dit expressément que chez quelques sujets qui avaient été violemment attaqués de la dyssenterie, il arrivait une paralysie à la bouche, à la langue ; chez d'autres à toute la partie inférieure du corps; chez quelques-uns elle était universelle, au moment même où la maladie paraissait comme ne plus exister (De la dyssenterie, p. 13, trad. franc. Lausanne-, MDCCXCIV.)

Le docteur Graves cite un cas de paraplégie succédant à une entérite aiguë, un autre lié à une gastro-duodénite. D'autres praticiens ont eu occasion d'observer quelquefois la paralysie chez des malades atteints de fièvre intermittente. Nous-raême nous en avons observé un exemple dans le cours d'une fièvre typhoïde; M. Thénard en a vu aussi un très-remarquable dans le service de M. Cruveilhier, à l'hôpital de la Charité.

Nous avons rapporté dans le Bulletin de thérapeutique et dans le Moniteur des hôpitaux deux observations fort intéressantes de paralysie survenue dans la convalescence d'une pleuro-pneumonie grave.

Quelques praticiens ont eu occasion de remarquer des paralysies chez des malades atteints de cancer de l'estomac, de gastrite chronique, de maladies de l'utérus, etc.

Nous allons relater ici les ob.scrvations qu'il nous a été donné de rassembler.

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