‹ Des paralysies dynamiques ou nerveuses [electronic resource]Chapitre 2 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Y a-t-il des paralysies indépendantes de toute lésion des centres nerveux? Voilà une question à l'ordre du jour.

Depuis l'impulsion que nous avons donnée à ce genre de recherches par la publication de notre mémoire sur la paralysie hystérique, inséré dans le numéro de janvier 1844 des Annales médico-psychologi- QUEs, les médecins s'occupent à l'envi des paralysies sine materia^ et les corps savants font tous leurs efforts pour appeler l'attention des observateurs sur ces affections, en les leur proposant comme sujet d'études. C'est ainsi que l'Académie de médecine de Paris a couronné, en 1854, un mémoire de M. Raoul Leroy-d'Étiolles, sur les paraplégies indépendantes de la myélite, et que l'Académie des sciences de Montpellier vient de décerner une médaille d'or au travail que nous soumettons aujourd'hui au jugement de nos confrères.

J'aurais désiré profiter des appréciations critiques contenues dans le rapport de la commission académique sur mon mémoire, mais le rapporteur, malgré mes sollicitations réitérées, n'a pas encore livré son rapport à la publicité, et, las d'attendre, nous nous sommes décidé à le publier tel, à peu de chose près, que nous l'avons présenté à la docte compagnie.

Dans ce travail, nous démontrons clairement, ce nous semble, qu'il est des paralysies dans lesquelles la dissection la plus minutieuse et

l'iavestigation la plus attentive ne peuvent faire découvrir aucune lésion matérielle appréciable, soit des centres nerveux, soit des nerfs qui en émanent, soit de leurs enveloppes. C'est ainsi, par exemple, que, dans les paralysies hystériques, rhumatismales, saturnines, etc., l'anatomie pathologique, interrogée avec le plus grand soin, reste complètement muette. Il en est de même des paralysies dyssentériques, typhoïdes, urinaires, etc.

Nous ne voulons pas inférer par là qu'il n'y a absolument aucun désordre dans le système nerveux, mais seulement que ce désordre échappe à nos moyens d'investigation.

Nous désignons ces différentes espèces de paralysies sous le nom de paralysies dynamiques ou nerveuses.

Les paralysies dynamiques ou nerveuses peuvent être indépendantes de toute affection, ou bien être liées à une maladie générale déterminée, ou à une lésion viscérale évidente. De là leur division naturelle en paralysies idiopatliiques, idiopathico-symptornatiques et sympathiques. Et comme il n'existe point encore de travail ex professa sur la matière, nous allons les étudier avec tout le soin dont nous sommes capable, dans autant de chapitres différents, et nous tracerons ensuite l'histoire générale des paralysies sans matière.

Une telle étude offrira assurément un vif intérêt, et servira à faire éviter les erreurs de diagnostic si funestes aux maladies, dans lesquelles sont tombés si souvent les praticiens les plus exercés.

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