PARALYSIES SYMPATHIQUES
Dans les paralysies sympathiques, outre le trouble fonctionnel du mouvement et du sentiment, il y a une lésion viscérale évidente ou une maladie locale déterminée dont la paralysie n'est qu'un elTet sympathique. Telles sont les paralysies urinaire.typhoïque, dysscntériquG, pneumonique, gastrique, dentaire, etc.
g 1. — Paralysie utinulrc.
M. Sandras regarde les paralysies urinaires comme des paralysies cachectiques développées à la suite d'afi^ections organiques profondes des reins ou de la vessie qui avaient appauvri l'organisme, ou bien encore des paralysies dans lesquelles le catarrhe et l'inertie du réservoir de l'urine, loin d'être la cause de la paralysie, n'en étaient que le symptôme initial. Il nie donc celte classe de paralysies, et, renversant les termes de la proposition, il dit que la paralysie produisant la rétention d'urine, la distension habituelle delà vessie, le catarrhe vésical, peut devenir à la longue lu source première de graves atleclions <les voies génito-urinaires. (Gaz. des hôp., 12 juillet 1852.)
Cette doctrine n'est pas adoptée par tous les praticiens, et, entre autres, par M. Leroy-d'Étiolles fils, qui a publié une bonne thèse sur la
paraplégie produite par les désordres des organes génilo-urinaires. (Paris, 1850.)
D'après les recherches de M. Raoul Leroy-d'Éliolles, le premier auteur qui ait menliouné la paraplégie urinaire est Adelinafonte, qui vivait dans le dernier siècle.
De nos jours, M. Edw. Stanley a lixé d'une manière spéciale l'attention sur celte maladie; il a rassemblé, en eflet, plusieurs cas de paraplégie survenue à la suite de maladies des voies uriuaires, et notamment de la néphrite sans lésion de la moelle épinière, et a ouvert ainsi déiinitivement une voie nouvelle à l'observation clinique. (London
MEDICAL TRANSACTIONS, t. XVIII, p. 260.)
M. Rayer, en France, a attiré l'attention des observateurs sur cette nouvelle espèce de paraplégie; et enfin, le 5 août 1850, M. Raoul Leroyd'ÉtioUes, comme nous l'avons déjà dit, a soutenu devant la Faculté de Paris une thèse sur cette affection ; c'est à cette thèse que nous avons emprunté en grande partie la matière de ce paragraphe.
Obs. I. — Un homme entra à l'hôpital Sainl-Barttiélemy en 1818, pour une parapléjîie avec rétention d'urine. La pression sur la troisième vertèbre dorsale causait de la douleur; le malade étant mort, on ne trouva al)solumcnt rien dans les centres nerveux et leurs enveloppes ; mais le parenchyme de l'un des reins contenait un grand nombre de petits abcès; l'autre était gorgé de sang, son tissu était ramolli; la muqueuse des uretères et de la vessie était injecti'e; les parois de ce dernier organe étaient épaissies. (Edw. Stanley.)
Obs. h. — Un homme de 28 ans fil une chute sur le dos ; il en résulte une forte contusion qui cependant parait, au bout de peu de jours, n'avoir pas laissé de traces.
Quelques semaines après, violent exercice à la suite duquel le corps, couvert de sueur, se trouve e.\i)Osé à un courant u'air froid. La nuit suivante, douleur vive dans les lombes, dissipée en partie par une saignée locale ; perte progressive du sentiment et du mouvement dans les membres inférieurs; l'urine s'écoule involontairement, la pression sur le racbis augmenle lu douleur; les symptômes vont en s'aggravant et le malade meurt.
Un des reins était transformé en une poche remplie de pus ; l'autre renfermait plusieurs petits abcès ; tout le reste du corps, y compris la moelle, était dans l'intégrité la plus parfaite. [Ibid.)
Obs. in. — Un homme fait une chute sur les reins. Paraplégie regardée comme symplomatique d'une myélite. Mort.
A l'autopsie, on trouva la moelle et le cerveau sains. Il y avait des abcès
dans les deux reins^, épaississement de ia vessie, engorgemeut de la prostate. {Ibid.)
Obs. IY. — a la suite d'injections faites dans le but de supprimer une gonorrhée violente, un homme de 22 ans est pris de rétention d'urine et de paraplégie; il indique du doigt le trajet de la douleur, qui, de la vessie, monte vers le rein gauche et s'étend au rein droit; elle est plus vive au niveau de la cinquième vertèbre lombaire; les membres inférieurs deviennent flasques; selles et urines involontaires. Ces dernières sont fortement colorées, muqueuses et fétides ; une large escarre se forme au sacrum et à la hanche droite; le pouls faiblit, la langue se sèche, l'urine se supprime, et la mort succède au bout de quinze jours.
Moelle et cerveau sains. Reins augmentés de volume, ramollis, gorgés de sang; petits abcès en grand nombre, disséminés dans les substances corticales et tubuleuses. Un pus épais remplit les bassinets et les calices; la muqueuse vésicale, épaissie, injectée, parait couverte de lymphe plastique, (/bld.)
Obs. V. — Un homme de 30 ans est admis à l'hôpital Saint-Barthélemy, pour une gonorrhée sur son déclin. Trois semaines après, paraph'gie sans cause appréciable; la perte du mouvement était complète ; il y avait encore un peu de sentiment; urine involontaire, en grande abondance par engorgement; la sonde en évacua trois pintes.
Mort seize heures après l'attaque de paralysie.
M. SlaHley annonça à ses élèves qu'on trouverait des désordres dans les reins. Il y avait bien, à la vérité, une turgescence vasculaire de la moelle et de ses enveloppes au niveau de la région lombaire, mais elle ne pouvait pas avoir produit la paralysie.
Les reins étaient presque mous et gorgés de sang ; la mucpieuse des calices, des bassinets, des uretères et de la vessie était injectée et livide. L'excessive sécrétion des urines, coïncidant avec l'afilux considérable de sang, est digne de remarque dans cette observation. (Ibid.)
M. Henry Hunt, que Stanley cite comme lui ayant communiqué un des faits qui précèdent, en a observé quatre semblables.
Dans son Traité des maladies des reins, M. Rayer relate cinq cas qui lui sont propres de paraplégie consécutive à des lésions des organes urinaires, et il en rapporte un sixième observé par M. Âmmon. Nous allons les relater ici sommairement, et renvoyons le lecteur, pour de plus amples renseignements, à l'ouvrage de M. Rayer et à la thèse de M. Raoul Leroy-d'Étiolles.
ÛDs. VI. — Un jeune homme, à la suite d'une maladie inflammatoire du tube
intestinal, souffrait tantôt d'une constipation opiniâtre, tantôt d'un pissement de sang. Plus tard, l'urine devint alternativement sanguinolente et d'un jaune-paille, mais épaisse.
Vers la fin de sa vie, ce malade ressentit des douleurs très violentes, qui se répandaient dans la jambe gauclie; les extrémités inférieures claient paralysées.
On trouva le rein gauche très-volumineux et représentant une masse lardacée, parsemée de nombreux tubercules. (Preuss. med. Zeitd.ng, 1836, n° 6.)
Obs. VII. — Une femme fut accouchée à l'âge de 27 ans par le forceps, et, depuis cette époque, elle eut souvent de la difRcultéà uriner. Vingt-trois ans après, c'est-à-dire à l'âge de 50 ans, jouissant d'une parfaite santé (elle n'était plus réglée depuis trois ans), elle ressent tout à coup, le 9 janvier 1839, une vive douleur dans toute la longueur du rachis, et surtout au niveau des premières vertèbres dorsales; en même temps, vomissements, violents étourdi ssements et faiblesse remarquable, avec fourmillement dans les membres inférieurs, surtout le droit; suppression complète des urines et des ■selles avec envie fréquente d'uriner. Forte saignée le soir même.
Le lendemain, elle entra à la Charité. Le membre inférieur droit est presque ■complètement paralysé du mouvement et du sentiment; le gauche incomplètement.
M. Rayer sonda la malade ; l'urine €st ammoniacale et alcaline, et contient des globules muqueux ou purulents ; douleur à la pression sur une grande surface du dos. Soif assez vive, constipation, vomissements glaireux dans la soirée; pouls petit, serré, à 103.
Mort le douzième jour après l'invasion de la maladie, malgré trois saignées, trois applications de ventouses scarifiées et de nombreux vésicatoires.
Autopsie. — Cerveau et moelle parfaitement sains ; vessie distendue par l'urine; les parois en sont épaissies.
Sur le trigone vésical, la muqueuse a une teinte bleuâtre, ardoisée, et est parcourue par un grand nombre de veines variqueuses gorgées de sang, qui convergent vers le col de la vessie.
Autour de cette surface triangulaire commence une fausse membrane jaune, épaisse, qui recouvre toute la muqueuse de la vessie, hormis la surface antérieure, qui est parcourue par un grand nombre de vaisseaux, le rein qui correspondait au membre complètement paralysé offre les caractères de la néphrite aiguë; le rein gauche ceux de la néphrite chronique.
Obs. Vin. — Un homme de 40 ans avait perdu sa femme lorsqu'il avait 35 ans; depuis lors, rapports sexuels rares, pollutions nocturnes, tube digestif en mauvais élat ; morc/je peu ferme: roideiir de la jambe droite disparaissant
peu il peu, s'^accompagnant d'un sentiment de froid, quelquefois de démangeaison.
La sanlo s'améliore à la suite d'applications de sangsues à l'anus, de préparations d'aloès et de fer ; amaigrissement. Pupilles fétides, contractées ; les pieds ne sont pas fermes, le gauche surtout. Lassitude, faiblesse dans les reins et dans le bassin, et excitation, avec envie d'nriner, dans les voies urinaires et les organes de la génération. Le sperme contient des animalcules en très-grand nombre. Urine souvent neutre, quelquefois alcaline ou acide, et toujours pâle, trouble, avec dépôt blanc, opaque composé de cristauv volumineux de phosphate ammoniaco-magnésien.
L'urine contient en outre un nombre considérable de granules paraissant doués d'un mouvement moléculaire, mais pas de traces de zoospermes. Sperme normal.
Ce malade offre évidemment un exemple de paralysie consécutive ù une lésion des voies urinaires; son état a été amélioré par des bains sulfureux.
Obs. IX. — Race, âgé de 19 ans. contracte une blennorrhagie ; durant lé traitement survient un rétrécissement qui exige l'introduction répétée de bougies, remplacées par une sonde à demeure; de là hématurie avec douleur dans la région du rein droit. On cesse les bougies.
Huit jours après, l'hématurie reparaît avec douleur au flanc droit, s'irradiant à la vessie, en suivant le trajet de l'uretère; bientôt après, faiblesse très-grande des extrémités inférieures, avec tremblement et fourmillement douloureux dans ces parties.
Le malade entra à ITiôtel-Dieu, y resta huit jours ; l'hématurie résista aux sangsues, aux bains, mais la douleur des reins et la faiblesse des jambes disparurent.
Quelques jours après, récidive; douleurs très-vives dans les membres inférieurs et le côté droit; urines légèrement colorées par le sang ; paraplégie incomplète, rétention d'urine ; les urines se troublent par la chaleur et donnent par l'acide nitrique un coagulum albumineux peu abondant ; elles sont tantôt acides, tantôt alcalines.
Peu de jours après, la rétention a disparu, et le malade urine très-fréquemment; la pesanteur spécifique de l'urine s'élève à 1063; celle qui a été rendue la veille est acide et celle du matin alcaline.
Peu à peu les symptômes s'amendent, les urines deviennent normales, et enOn le malade sort de l'hôpital vingt jours après son entrée, n'éprouvant plus de faiblesse dans les jambes et les digestions se faisant bien. (Rayer, t. m, p. 177.)
Obs. X. — Moret, âgé de 44 ans, ouvrier sur le port, entra à la Charité le 20
mai 1839. Blennorrhagie qui passe à l'état chronique ; écoulemeul blanc, Iransporent, qui lui succède et qui dure plus d'une année.
En 1838, douleur vive aux lombes, surtout du côté droit, dysurie ; engourdissement douloureu.\ et très-grande faiblesse dans les membres inférieurs. Il garle le lit trois semaines. Une application de sangsues et des bains améliorent son état.
Le 20 mai, une douleur brusque le surprend au milieu de son travail cl l'oblige de l'abandonner; il se fait traîner à l'hôpital, ne pouvant se soutenir sur ses jambes. Douleur vive aux lombes, au sacrum; la pression est pénible dans la région rénale, surtout à droite ; émission fréquente d'urine muqueuse cl fortement alcaline ; fièvre.
Le 22 et le 23, après ime application de ventouses scarifiées, l'administration de boissons diurétiques et d'un peu de nourriture, un mieux sensible se manifeste.
Le 24, les urines, pour la première fois, sont acides et d'une couleur naturelle. Cet état persiste jusqu'au 31.
Après deux jours de malaise, tout rentre dans l'ordre, et le malade sort guéri le 8 juin.
Obs. XI. — Un homme sujet à des flatuosités fut atteint, plusieurs années après avoir eu une gonorrhée, de douleur à la prostate, puis d'une cystite calculeuse. La pierre fut broyée avec succès, mais une rétentioa d'urine qui avait précédé l'opération persista. L'introduction de la sonde était doulourense.
Plus tard, la peau du périnée devint comme engourdie, et le passage de la sonde fut moins douloureux ; mais il survint des douleurs nerveuses dans les jambes, les cuisses, les fesses et autour du tronc; puis il se déclara une paraplégie qui résista aux ventouses scarifiées, aux moxas et aux bains sulfureux.
Obs. XII. — Le professeur Sanson, un an après avoir été opéré de la pierre à l'aide de la lithotritie, par M. Leroy-d'Étiolles, fut pris d'engourdissement et de fourmillement douloureux à la région fessière , et en quelques j.ours il se déclara une paraplégie presque complète, avec rigidité; le sentiment était également aboli dans les membres inférieurs et à la peau des parois thoraciques et abdominales, jusqu'au niveau des mamelons; flexion permanente avec rigidité des membres inférieurs, secousses convulsives brusques, énergiques et très-fréquentes dans ces mômes membres. L'illustre malade était obligé de se sonder trois fois par jour; les urines, d'abord cataiThales au point de contenir un quart de mucus purulent, devinrent limpides et restèrent ainsi jusqu'à la fin.
Cet état persista pendant quatorze mois, malgré l'application de plusieurs moxas le long du rachis, des ventouses sèches et scariQées, les frictions ir-
ritantes, les douches sulfureuses, etc., etc. ; et enfin, au mois d'août 1841, cet habile chirurgien fut conduit au tombeau en quatre jours par une dyssenterie.
On trouva deux pierres dans la vessie; la prostate, un peu plus volumineuse qu'à l'état normal, était transformée eu tissu très-dense, Qbreux; la membrane interne de la vessie était injectée.
Il y avait du pus dans les bassinets et les calices, et rougeur très-vive à leur surface interne ; les reins étaient granuleux et injectés ça et là à leur surface ; la muqueuse du gros intestin était enflammée : le foie contenait une tumeur enccphaloïde du volume d'une noix et plusieurs granulations, mais les vertèbres étaient parfaitement saines et la moelle n'était nullement lésée dans son tissu.
M. LalIemaDd, dans son ouvrage sur les perles séminales^ rapporte entre autres deux exemples de paraplégie qui paraissent dépendre plus encore des altérations des organes urinaires, comme le dit M. Raoul Leroy-d'Étiolles, que des pertes séminales, comme le croit l'illu&tre écrivain ; car, chez l'un des deux malades, il y avait désorganisation de la prostate et des reins, et, chez l'autre, catarrhe vésical efc dilacéralion du col de la vessie qui était sans consistance. Je ne les relaterai pas ici, parce que la moelle n'a pas été examinée et qu'une telle omission laisse place au doute. Du reste, le lecteur peut les lire tout au long dans l'ouvrage cité.
M. Raoul Leray-d'ÉtioUes a recueilli également deux observations de paraplégie, suite d'une lésion des organes urinaires. Nous allons les analyser rapidement.
Obs. XIII.— JuUemier, valet de chambre, à l'âge de 20 ans, contracta des chancres qui furent suivis de taches cuivrées sur tout le corps et de tumeurs sur le cuir chevelu. A 24 ans, il contracta plusieurs bleunorrhagies ; la dernière passa à l'état chronique, et le jet de l'urine diminua graduellement de Tolume pendant quelques mois , jusqu'à prendre celui d'une ficelle. Au bout de trois ans, incontinence d'urine incomplète, en môme temps les jambes /aibiirent, et cette faiblesse alla toujours en augmentant. Deux mois après, douleurs très-vives survenues tout à coup depuis la racine de la verge jusqu'au rectum, et en haut profondément et se montrant sous forme de crises. Huit jours après leur invasion, fièvre, et l'urine devint alcaline ; bref, cystite aiguë traitée par les antiphlogistiques à la maison de santé de M. Dubois. La cystite guérit, mais la faiblesse des jambes augmenta, la dysurie persista, la marche devint chancelante ; il entra alors dans le service de M. Rayer à la Charité. L'urine est alcaline, contient du pus, mais pas de zoospermes.
La muqueuse vésicale fut alors cautérisée par M. Lallemand sur Tinvilalion de M. Rayer.
Le lendemain 17, l'incontinence a diminué, urines troubles.
Le 22, incontinence comme auparavant, seulement l'urine est moins foncée et dépose moins.
Le 23, moins d'incontinence, faiblesse moindre dans les jambes.
Le 24, nouvelle cautérisation par M. Lallemand; on retire du pus delà vessie, urine acide ; l'incontinence disparaît.
Le 26, amélioration.
Le 28, diarrhée, étourdissement, céphalée, plus d'incontinence depuis trois jours, urines très-purulentes.
Le 7 mai, Jullemier sort de l'hôpital en bon état, pour aller à la campagne, où il prendra des bains sulfureux, boira de la tisane de bourgeons de sapin et avalera des pilules de térébenthine.
Au mois de juillet il était très-bien : embonpoint, plus d'incontinence ; seulement l'urine est toujours un peu muqueuse.
Obs. XIV. — Aug. Brauner, né en Hongrie, 65 ans, entré à la Charité, service de M. Rayer, le 24 mai 1849.
Cet homme, après avoir contracté dans sa jeunesse plusieurs chancres et plusieurs gonorrhées, s'aperçut, à 32 ans, de la diminution du volume du jet de l'urine, qui était souvent trouble. En 1840 (il avait alors 45 ans), nouveau chancre et nouvelle blennorrhagie. A 54 ans, le jet de l'urine qui avait toujours été en diminuant, cessa brusquement, et il fallut le sonder. A cette époque, urine purulente.
En 1841, douleur dans les genoux, suivie de faiblesse dans les jambes qui augmenta progressivement; en même temps, douleurs très-vives dans les reins.
En 1848, au milieu de la nuit, paraplégie complète, paralysie du bras droit, bouche tirée, prononciation difficile, embarrassée et inintelligible.
Ce malade courut les hôpitaux de Paris pendant plusieurs années, et au mois de juillet 1850 il était dans l'état suivant : paraplégie presque complète avec insensibilité ; les bras sont assez forts ; sensibilité normale depuis le haut du corps jusqu'au nombril ; dans cette région, elle commence à être plus obtuse. L'urine est alcaline, contient des globules purulents, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien et pas de spermatozoaires.
Évidemment la paralysie était ici sous la dépendance de la cystite chronique et non sous la dépendance d'une syphilis, comme on pourrait le supposer ; car elle s'est déclarée à la suite du catarrhe vésical. M. Leroy-d'Etiolles ne dit pas ce qu'est devenu ce malade.
Obs. XV. — M..., âgé de 55 ans, était depuis six ans atteint d'une réfen-
lion d'urine, lorsqu'il fui pris de paraplégie avec senlimenl de froid, iiui le força à garder le lit pendant un mois. La faiblesse des jambes cesse peu à peu, mais le senlimenl de froid persiste, ainsi que la rétention d'urine. L'urine est limpide et tout à fait normale. Pas de pertes séminales, fonctions génératrices en bon état, peu de douleurs dans la région des . rgins et de la moelle. ■ • : •
M. Leroy-d'EtioUes père constata nn engorgement de la prostate et pas autre chose. Cet engorgement était donc la seule cause de la rétention d'urine et de la paraplégie incomplètement consécutive.
Obs. XVI. — M. D..., à la suite d'une opération de lithotrilie pour une pierre, fut atteint d'inflammation latente de la prostate, de tuméfaction du col de la vessie, et partant d'une rétention incomplète et d'un catarrhe vésical par croupissement de l'urine, et les extrémités inférieures se paralysèrent incomplètement, avec refroidissement. Le malade apprit à se sonder trois fois par jour. Dès lors, l'urine reprit sa transparence et son odeur naturelle. Au bout de huit jours, les jambes se raffermirent et se. réchauffèrent, les forces générales qui étaient perdues reparurent peu à peu, l'intelligence reprit toute sa netteté, et M. D... se retrouva le même homme qu'auparavant; mais la sonde fut nécessaire, car il y avait ischurie.
Nous avons ici un exemple de paraplégie causée par un catarrhe vésical et une tuméfaction du col de la vessie, sans altération aucune des reins.
Obs. XYII. — Un homme de 40 ans, à la suite d'une blennorrhagie et d'un rétrécissement qui lui a succédé, a été affecté d'un catarrhe vésical trèsintense et de gonflement de la prostate. Au bout de deux ans, il survint une paraplégie. Nous ne savons pas ce qu'est devenu ce malade.
Obs. XVllI. — Un homme, âgé de 43 ans, entre à l'hôpital le 9 octobre 1B52, pour une dysurie causée par des excès de boissons et d'eau-de-vie. La miction est très-douloureuse. Depuis plus d'un an, ce malade a de fréquentes envies d'uriner, et la nuit pendant le sommeil il y a incontinence d'urine.
Le cathétérisme est facile jiisqu'à la portion membraneuse de l'urètre. Là commence la difliculté; elle va en augmentant jusqu'au coi de la vessie; celle-ci est petite, sensible et contient peu de liquide.
L'urine est muco-purulente, avec flocons épais, filants, son odeur est ammoniacale ; il ne tarde pas à survenir une fièvre purulente avec frissons vespertins, sueurs, pouls petit, dépressible. La peau devient terreuse, la face grippée jaune, et les sclérotiques offrent une légère teinte ictérique ; inappétence, soif, langue humide. En outre, ce malade accuse des fourmillements, puis de la faiblesse dans les membres inférieurs.
Malgré un trailement énergique (essence de térébenthine en potion, injec-
lions émollientes, sulfate de quinine) , tous les symptômes vont toujours en s'aggravant, et la faiblesse des jambes fait des progrès rapides; il y a paraplégie incomplète ; le mouvement est plus faible dans le membre pelvien gauche ; la sensibilité est légèrement émoussée.
Le 23 décembre, ce malade passe dans le service de M. Rayer qui ordonne des bains sulfureux, ressence de térébenthine en potion, etc., et l'urine d'alcaline qu'elle était devint acide, mais très-purulente. Enfln le malade succombe le 4 janvier 1853.
A Vautopsie, on trouva les lésions de la cystite chronique et de la pyélomyélite des deux côtés avec intégrité parfaite des centres nerveux. Les calices sont légèrement dilatés, la substance rénale est blanchâtre, rosée, ferme, sans granulations, parsemée de petits abcès dont plusieurs sont contenus dans le parenchyme sans communication avec les calices. L'uretère droit est très-volumineux ; une incision dans ce conduit donne issue à une grande quantité de pus jaune.
Vessie petite ; circonférence latérale interne, 10 cent. 1/2; hauteur, 5 cent.; surface très-irrégulière, colonnes charnues hypertrophiées, interceptant au bas-fond des cloaques qui communiquent avec le péritoine jusqu'auprès du rectum. La muqueuse, qui existe par lambeaux seulement, est tomenteuse et manque au bas-fond au niveau des fistules. Epaississement du tissu cellulaire ; la paroi qui avoisine le sommet a 12 millim. d'épaisseur.
Obs. XIX. — Mon ami le docteur Perrier, qui exerce àvec distinction à la Charité-sur-Loire (Nièvre), me fit voir la malade qui fait le sujet de cette observation.
Madame Rousseau, âgée de 56 ans, d'un tempérament lymphatique, d'une constitution molle, sujette depuis bien des années à des douleurs rhumatismales erratiques dans l'épaule et le coude gauches, a quitté depuis trois mois, à l'époque de son second mariage, le département de la Drôme pour venir s'établir à la Cliarité-sur-Loire.
Après avoir éprouvé, dans le courant de janvier 1854, tous les symptômes d'un embarras gastro-intestinal, que M. Perrier essaya en vain de combattre par les purgatifs et les infusions de camomille, la malade commença, le 22 janvier, à se plaindre d'un poids insolite dans le bas-ventre ; ses urines deviennent en môme temps rares, mais leur aspect n'a rien d'anormal. M. Perrier, après avoir constaté la plénitude de la vessie, pratiqua le calhétérisme le 31 janvier et obtint l'affaissement de la tumeur hypogastrique. L'urine s'écoula d'abord par la sonde, claire et limpide; mais celle qui sortit en dernier lieu contenait des mucosités purulentes. Un gramme de calomel fut prescrit pour le lendemain, à l'effet de combattre l'embarras gastro-intestinal et la constipation qui persistaient toujours.
Quelques jours après (le 4 février), la malade accuse des fourmillements et
-une sensation de froid dans. les membres inférieurs; la sensibilité deiait être en même temps fort émoussée, puisqu'en se chaulTant elle se brûla fortement les cuisses sans presque sans apercevoir ; et le lendemain 5 février la motilité avait considérablement diminué dans la jambe droite. La sensibilité était intacte au moment où M. Perrier examina la malade. La jambe gauche ne tarda pas à se paralyser à son tour. Tous les jours on est obligé de pratiquer le cathétérisme pour évacuer les urines qui deviennent de plus en plus floconneuses.
L'épine, examinée avec soin, ne donne que des signes négatirs ; pas de <iouleur ni à la pression, ni àla percussion ; pas de tumeur osseuse ou autre, pas de déformation, pas d'infection syphilitique non plus ; mais, comme BOus l'avofls déjà dit, il y a diathèse rhumatismale.
Les frictions avec le baume de Fioravanti, les vésicatoires appliqués sur la région lombaire et pansés avec la strychnine, le vin de quinquina et un régime tonique n'amenèrent aucune amélioration dans les symptômes, qui ■allèrent toujours, au contraire, en s'aggravant.
Le 9 février, M. Perrier, justement inquiet de l'état de sa malade, appela «n consultation M. Bonnet, médecin-directeur de l'asile d'aliénés de la Nièvre, €t M. de Crozant, médecin-inspecteur des eaux de Pougues. Ces honorables confrères, après avoir examiné attentivement la malade, tombent tous trois d'accord sur la nature rhumatismale de la paraplégie, et prescrivent un traitement général tonique, bain sulfureux, vin de quinquina, frictions sèches irritantes et à titre de médication symptomatigue, le sirop de térébenthine.
Malgré ce traitement, la paralysie fit de rapides progrès et ne tarda pas à devenir complète ; la sensibilité s'émoussa à son tour, puis disparut ; la sonde et les drastiques sont alors indispensables pour vider la vessie et l'intestin ; le météorisme s'étend à tout l'abdomen et cause de la dyspnée. Bientôt après, des escarres se forment au sacrum, la gangrène s'étend rapidement en largeur et en profondeur. C'est dans cet état que je vois la malade ; les parties sexuelles sont fortement œdématiées ; l'amyothénie et l'anesthésie sont complètes; le pouls est petit, misérable, à 90-100 pulsations par minute. Je juge le cas désespéré ; quelques jours après ma visite, en effet, le 6 mars, la mort vint mettre un terme aux souffrances de la malade.
L'autopsie n'a point été faite.
Quelle est la nature de cette paraplégie? Est-elle de nature rhumatismale, comme le croient les trois praticiens qui ont vu la malade ayant nous? Voici quelles sont les considérations qu'ils font valoir à l'appui de leur opinion: tempérament lymphatique de la malade, passage d'un climat chaud et sec du midi dans un climat froid, humide (au surplus depuis que la malade habile la Charité, la saison a con-
stamment été froide et pluvieuse), ehangemcnt de vie et de nourriture, ■et par-dessus tout diathèse rhumatismale. L'un d'eux cependant, le docteur de Crozant, n'est pas éloigné de l'attribuer aussi jusqu'à un certain point au catarrhe de la vessie. Eh grand Dieu ! pourquoi jw*- ^u'àun certain point seulement? Mais c'est précisément dans l'affection de la vessie que gît la cause de la paraplégie ; c'est à une véritable paraplégie urinaire qu'on a eu affaire ici. La chose ne saurait •être à mes yeux plus évidente. Avant l'affaiblissement musculaire des membres inférieurs, en effet, il y avait rétention d'urine, celle-ci était purulente : il y avait donc cystite. Or, je le demande, que faut-il davantage pour engendrer sympathiquemenl la paraplégie? M. Perrier m'objecte que la vessie n'était pas, dans ce cas, malade en propre, que la cystite a été produite mécaniquement par le séjour prolongé de l'urine dans son réservoir. Qu'est-ce que cela prouve? Nous consentons volontiers àadraettre, avec M. Perrier, que le séjour prolongé de l'urine dans la vessie a fini à la longue par irriter et enflammer la membrane interne de ce viscère, qu'en un mot il a été la cause de la cystite. Nous allons même plus loin : nous accorderons, si l'on veut, que le principe rhumatoïde, en se fixant sur la muqueuse vésicale, a donné naissance à une cystite rhumatismale; maie nous soutenons que l'effet devint ici cause à son tour, c'est-à-dire que la cystite produite par le séjour prolongé de l'urine dans la vessie a produit à son tour la paraplégie. Il me parait impossible pour tout lecteur impartial de ne pas adopter l'opinion que nous essayons de faire prévaloir. C'est, du reste, ainsi que les choses se sont passées chez presque tous les paralytiques urinaires dont, nous avons relaté les observations dans ce paragraphe.
Je pourrais citer un plus grand nombre d'observations de paralysies urinaires ; mais je m'arrête; celles que nous avons relatées succintement suffisent pour établir d'une manière incontestable que les désordres des voies urinaires sont une cause fréquente de paralysie sans lésion aucune des centres nerveux.
C'est d'après ces observations que nous allons tracer l'histoire de cette espèce de paralysie.
HISTOIRE DE LA PAUALYSIE UniNAlHE.
Dans l'état actuel de la science, il est impossible, ce nous semble, de donner une explication physiologique satisfaisante de la i)roduclion
lie la paralysie par les altérations de l'appareil urinaire. M. Slanicy l)ensc' qu'elle est provoquée par l'irritation transmise à la moelle. Graves l'explique par l'inlluence de la maladie vésicale, sur une portion limitée du système nerveux périphérique; il en résulte un trouble fonctionnel de la moelle épinière, etpar suite la paralysie sympathique dont il est question. Dans ce cas, la lésion d'un rameau nerveux ou de ses extrémités périphériques peut se réfléchir, en raison d'une action rétrograde , à d'autres rameaux et amener ainsi des paralysies dans des points assez éloignés du lieu primitivement atïeclé. Quoi qu'il en soit de cette explication , il est certain , comme le dit M. R. Leroyd'Étiolles, que le point de départ de cette paralysie est ordinairement au col de la vessie, qui se tuméfie, soit par le fait d'une blennorrhagie, soit par l'effet d'excitations souvent répétées (masturbation); cette tuméfaction détermine bientôt une barrière qui s'oppose à l'évaaiation complète de l'urine; la portion qui n'est pas expulsée, s'altère, devient îimmoniacale... ,1a vessie s'enflamme et s'ulcère, l'inflammation gagne les reins par continuité de tissu et aussi par la stase habituelle dans les bassinets et les calices d'une certaine quantité d'urine que la demi-réplétion de la vessie empêche de descendre librement. Bientôt il se passe dans le rein ce qui avait lieu dans la vessie. L'urine retenue s'altère , devient irritante; il survient une pyélite, une pyélonéphrite et la paralysie.
C'est ainsi que les choses se sont passées chez presque tons tes malades dont nous avons raconté l'histoire; l'inflammation, la tuméfaction de la prostate ont presque constamment été le point de départ de la paralysie.
Parmi les paralysies consignées dans la thèse de M. Leroy-d'Éliolles, on ne trouve qu'un seul sujet appartenant au sexe féminin ; il en rapporte un second dans son livre sur les paraplégies, couronné par l'Académie de médecine de Paris; nous-même nous en avons observé un exemple (obs. XIX). Cette rareté se conçoit aisément, car les femmes ont une cause de moins que les hommes de paralysie urinaire : c'est la rétention d'urine produite par le rétrécissement de l'urètre; d'ailleurs les femmes sont très-rarement affectées de n'importe quelle rétention d'urine. Chez la malade consignée dans la thèse de M. R. Leroy-d'Étiolles, les troubles de la fonction urinaire ont commencé , comme ils débutent chez l'homme, par un obstacle mécanique à la miction situé au col de la vessie (obs. Ml) ; chez la femme dont il est question
dans l'ouvrage sur les paraplégies du môme auteur, la paralysie élail sous la dépendance d'une affection des reins; eniin chez notre malade dé la dix-neuvième observation , il y avait catarrhe vésical.
La blennorrhagie et la masturbation poussées à l'excès sont les causes les plus ordinaires des désordres des voies uriuaires qui donnent naissance à la paraplégie.
" La faiblesse des membres inférieurs, dit M. Valentin Mott, à laquelle donne lieu la tuméfaction de la prostate, reconnaît aussi bien souvent pour cause première Içi masturbation trop souvent répétée. Cette faiblesse peut aller jusqu'à la paraplégie la plus complète , revêtant toutefois le plus souvent la forme dans laquelle la pointe du pied est relevée, parce que la puissance des muscles extenseurs l'emporte encore sur celle des iléchisseurs. »
Mais nous avons vu plus haut que la masturbation est souvent une cause directe de paralysie , qui a lieu alors par usure de l'incitabilité,sans aucune altération de l'appareil urinaire. Ainsi, il importe debien distinguer cette espèce de paralysie idiopathico-symptomatique de la paralysie urinaire, qui est une paralysie sympathique et qui réclame d'autres moyens de traitement.
Symptômes. — La paralysie urinaire frappe ordinairement les membres inférieurs et est toujours précédée d'une altération appréciable des voies urinaires; il survient ensuite des fourmillements, des crampes et des secousses convulsives dans les membres inférieurs, suivis bientôt de faiblesse qui augmente graduellement jusqu'à la paraplégie.
Celle-ci présente des alternatives de mieux et de pire, c'est-à-dice qu'elle diminue ou augmente d'intensité, suivant l'état des voies urinaires, et quelquefois elle se dissipe complètement si l'on parvient à guérir les altérations de l'appareil urinaire.
Suivant M. V. Mott, dans la plupart des cas, la puissance motrice est seule affectée, la sensibilité restant intacte; cependant nous avons vu celle-ci assez souvent abolie (obs. 111, VI, VII, XI, XII, XIV), cl d'autres fois exaltée jusqu'à la névralgie, comme l'a observé l'auteur que nous venons de citer. Il a vu, en effet, un jeune homme qui avait dans la jand)e droite une paralysie du mouvement et une sensibililé névralgique excessive; la jambe gauche avait conservé la faculté motrice , mais la sensibilité y était complètement abolie.
Suivant M. Henry Iluart , les malades éprouvent la sensation de lUs , niélajliques ou de cordes qui seraient serrés autour des membres en
différentes directions. Chez les malades qui l'ont le sujet de ce paragraphe, nous n'avons point remarqué ce phénomène.
Celle paralysie ne s'étend jamais, dit on, au delà des membres inférieurs ; cependant, chez le malade de la quatorzième observation , il y avait en même temps paralysie du bras droit et de la langue. Les membres sont quelquefois le siège d'un sentiment de froid très-marqué, au point de ne pouvoir les réchauffer.
Le rectum, suivant M. R. Leroy-d'ÉtioUes, ne participe jamais à la paralysie, et la vessie conserve son ressort, c'est-à-dire que si un malade urine à l'aide d'une sonde , il y aura projection du liquide; cependant, chez le malade de la sixième observation, les selles et les urines étaient involontaires; et chez celui de la deuxième observation^ îe rectum n'était pas paralysé, il est vrai, mais l'urine s'écoulait involontairement. D'autres fois, au contraire, il y a, rétention complète des urines ou des fèces, ou des deux à la fois (obs. I, IV, Vil, IX). Or, je le demande, à quoi attribuer ces phénomènes, si ce n'est à la paralysie de ces organes ?
Quelquefois enfin , les malades éprouvent de fréquentes envies d'uriner sans pouvoir y satisfaire. Ce phénomène tient au catarrhe de la vessie.
Les urines présentent constamment une alternative d'alcalinité et d'acidité. Au début, elles ne subissent aucune altération sous le rapport de la quantité et delà qualité, mais plus tard elles s'allèrent, deviennent fortement colorées, muqueuses, fétides, ammoniacales et purulentes j mais elles ne contiennent jamais de zoospermes.
Ce caractère sert à différencier la paralysie urinaire de toutes les autres paralysies dynamiques ou fonctionnelles; mais il peut la faire confondre avec la paralysie produite par la myélite, car les affections de la moelle épinière modifient ou altèrent aussi la sécrétion de l'urine, à cause des communications intimes qui existent entre la moelle et les ganglions du grand sympathique, au moyen des filets que leur envoient les nerfs spinaux antérieurs et postérieurs.
Les sujels atteints de celle paralysie ne présentent généralement aucune douleur le long du rachis. Quatre seulement offraient ce caractère. On éveillait chez euxi la douleur, soit en appuyant sur les diff'érenles régions, soit en promenant sur la colonne vertébrale un corps chaud, une éponge trempée dans l'eau chaude, par exemple. Il est possible, dans ce cas, de confondre la paraplégie urinaire avec celle
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produite par la myélite. Oq verra dans le tableau suivant les caractères qui différencient ces deux espèces de paraplégies.