‹ Des paralysies pneumoniquesChapitre 5 sur 15 · II. — ilKMIPLÛGII': IIES ADULTES ET DES EM'AATS. — NoUS · texte numérisé non relu

II. — ilKMIPLÛGII': IIES ADULTES ET DES EM'AATS. — NoUS

consacrons à cette variété d’hémiplégies un chapitre spécial parcequ’elles nous paraissent différer complètement de celles étudiées principalement parLépine, qui se caractérisent par l’âge avancé des sujets et sont toujours suivies de mort. Ici, au contraire, l’évolution est toute différente, la guérison est la règle. A l’époque où Lépine écrivait sa thèse, il ne connaissait qu’une observation de ce genre, celle de Macario; depuis, il en a paru plusieurs autres. Nous en devons une à l’obligeance de notre maître *M. Rendu.

A l’inverse de ce qui a lieu chez le vieillard où la pneumonie est précédée ou masquée par les accidents paralytiques, chez l’adulte, l’hémiplégie ne se montre que dans le cours d’une pneumonie confirmée. Le plus souvent môme, elle apparaît au moment où la défervescence va avoir lieu (obs. ii, vi, xxxiii) (1). Dans l’observation XXXVII qui a trait à un individu âgé de 43 ans, la paralysie s’est présentée comme nous avons appris â la connaître chez le vieillard: le malade bien portant jusque-là sauf un malaise léger perd soudain connaissance, il a une véritable attaque d’apoplexie à la suite de laquelle il est paralysé du côté droit et aphasique. On lui trouve en même temps une pneumonie.

Chez les enfants, les deux observations que nous avons pu recueillir (obs. iii etxxxviiij ontcecide remarquable que l’hémiplégie a précédé de plusieurs jours l’apparition de la pneumonie : elle coïncidait dans les deux cas avec une fièvre violente.

Ces paralysies de la période aigüe ont tous les caractères des

(t) &I.\ssALO.\Go, (Théorie inrectieii.se de la jnicnninnio. Auai. (î. .mko. 1885) a piildié un ca.s (riiciiii|)l6gie droite avec intégrité de la face et conservation lie ta seiisiiiiiité survenue vingt-ciiu| jours ajirès le début de ta |tncuinonie. (Irandcainélioralion.

paralysies de cause cérél)rale; le. lypo liéiuipl6gifpie esl le plus (rétpieiil. l ue lois cependant nous avons relevé une monoplégie du membre supérieur :

Ohskuvatio.n II. — Pneumonie du sommet droit. Monoplêfjie droite.

— .Aphasie. — Inédite, due ù la Inenveillanco de noire niai-

tre M. Rendu.

Le nommé P. H..., à<jré de3-2ans, entre à riiùpitalXeckerleGjuin 1885 ; il a été pris trois jours auparavant de frisson violent et d’un point de côté à droite; il a dd cesser tout travail : le 5 juin, délire.

A son entrée on constate, en arriére au sommet droit de la poitrine un souffle tubaire intense. A ce niveau, il y a une matité très nette, exagération des vibrations thoraciques et bronchophonie. Crachats striés de sang.

T. matin 39^ G. Soir 40° 8. Délire.

7 Juin. Les signes observés la veille ont augmenté d’intensité; le malade présente de la cyanose, du souffle en avant et dans l’aisselle. Saignée de 400 gr.

8 Juin. Le malade n’a plus de délire. T. matin 39<>.6. Soir 38<>.8.0n entend pour la première fois des râles crépitants de retour. Râles de lironchite à la base droite.

10 Juin. La température est redevenue normale; le souffle persiste encore mais très atténué.

11 s’est produit depuis la veille une complication. Le malade est dans V impossibilité absolue de remuer le bras droit. La figure est déviée du Coté gauche, le pli naso-labial a disparu à droite ; l’orbiculaire des paupières est respecté Rien absolument au memlire inférieur dont tous les mouvements sont conservés.

Aphasie. — L’intelligence est intacte; mais le malade a de la peine à trouver les mots qu’il prononce assez distinctement.

Il n’y a aucun trouble de la sensibilité .

Piagnostic. — Monoplégie du membre ei paralysie du facial

inférieur droit. Aphasie.

22 Juin. — .\pyrexie complète. Délire très léger pendant la nuit. L aphasie a considérablement diminué. 11 y a encore une très légère déviation de la face.

Pas d’anesthésie pharyngée.

Le malade se trouve bien ; il peut raconter que l’avant veille il n a pas perdu connaissance, mais il a senti que son membre supérieur droit devenait progressivement de plus en plus lourd.

Le.s seuls signes physiffues qui persistent sont les suivants: rudesse<lu

munmire vésiculaire en avant ; en arrière, après les grandes inspirations, houirèes de râles crépitants.

23 Juin. Il u’y a plus d’aphasie ni de déviation de la face. Au dynamomètre, main droite 24; main g. 34. Le malade était droitier.

2ü Juin. Guérison complète de la monoplégie.

Ainsi, dans celte observation, la monoplégie droite a coïncidé avec l’aphasie. Il en est de même dans l’observation xxxv. La coexistence de l’hémiplégie droite et de l’aphasie est un fait sur lequel il importe d’appeler l’attention puisque nous le relevons dans trois observations. Au total, sur 10 cas de paralysie à type hémiplégique ou monoplégique il y en a cinq où l’aphasie a été signalée. Cette aphasie a tous les attributs de l’aphasie vulgaire. Le malade de l’observation xxxv était dans l’impossibilité de parler, ou plutôt, il lui fallait un temps très long pour trouver ses mots; il y a des idées qu’il ne pouvait exprimer, des objets familiers qu’il ne pouvait désigner par leur nom. Il en est de même de celui de Carrieu (obs. vi); chez lui il existait de plus de la cécité verbale, impossibilité d’écrire un mot sans omettre une ou deux lettres, quelquefois même une syllabe.

Les troubles de la sensibilité ont été recherchés dans tous les cas, sauf dans l’observation xxxii qui est incomplète à ce point de vue. Deux fois seulement, il y avait de l’anesthésie.

Comme nous le disions, ce qui donne à ces paralysies de l’adnlle leur caractère distinctif, c’est leur bénignité. Ellesne persistent pas; quelquefois même elles sont essentiellement éphémères. Chez le malade de Carre qui succomba en huit jours aux progrès de sa maladie, l’aphasie et l’hémiplégie droite avaient disparu au bout de 48 heures. Dès le deuxième jour, il y avait amélioration chez le malade de M. Rendu. Le cas d’Aufrecht est encore plus cu-

rieux

Observation ni. — Pneumonie du sommet r/ouche. — Hémiplégie

gauche duvant quelques heures: AvinxKOH'v. Arch. f. Kinderheilhun-

de, 1889. S. 2'i:3 (résumée).

Fille, Agée de deux ans et demi.

Bien portante jusqu’au 24 mai 1884. Ce jonr-là, les parents remarquent sa pAleur. Dans l’après-midi, vomissements, le soir lièvre très-ôlevée et délire.

Le lendemain matin, la bouche est agitée de petites secou.sses convulsives; dans la soirée, paralysie complète de la moitié gauche du corps et mouvement de va et vient de la tête très marqué.

Quelques lieures après, disparition de la paralysie qui avait été constatée très nettement, mais les mouvements de la tète persistent.

Vingt-quatre heures plus tard, la toux apparaît — le lendemain, perte de connaissance ; l’enfant est tout à fait apathique.

Le31 mai, quand on examine l’enfant, elle est dans un état demi comateux; matité et souffle dans la fosse sus-épineuse gauche. Pouls fréquent et régulier. Pas de roideur de la nuque.

Au bout de quelques jours convalescence définitive.

Ici donc, la parah'sie qui s’élait montrée avec tout un cortège d’accidents fébriles et de troubles de la santé générale avait déjà disparu quand la pneumonie du sommet a pu être reconnue.

Une fois seulement le malade a quitté l’hôpital sans que la guérison fut complète. Dans tous les autres cas, l’iiémiplégie dûment constatée, n’a duré que quelques jours au plus, parfois même quelques heures.

Faisons remarquer que dans les deu.v cas d’hémiplégie pneumonique de l’enfant, il s’agissait de pneumonie du sommet. La fréquence des accidents cérébraux, est telle dans cette variété que Ilillietet Barthez ontpû lui donner le nom de pneumonie cérébrale ; ils lui décrivent deu.x formes, une forme éclamptique et une forme méningée et ils signalent ce fait, que très souvent les symptômes cérébraux éclatent bien avant que la pneumonie ne soit déclarée. Ils ont vu fréquemment le début de la pneumonie marqué par des convulsions à la suite desquelles il se produisait des paralysies des membres passagères, les signes physiques

de l’inflammation du poumon n’apparaissant souvent, on le sait, que du 3'’ au 3“ jour. La pneumonie ne doit pas être étrangère à quehjues hémiplégies de l’enfance. C’est du moins ce qui ressort d’une statistique que nous empruntons à Sachs et PetersonM). Ces auteurs ont relevé 83 cas d’hémiplégie infantile acquise qu’ils ont examinés au point de vue du facteur étiologique ; ils ont trouvé que la pneumonie devait être incriminée 6 fois, les convulsions 20 fois, la coqueluche 4 fois, etc. La cause de l’hémiplégie n’a pu être retrouvée dans 26 observations.

L’hémiplégie pneumonique infantile, quoique fort rare, n’est donc, peut-être pas absolument exceptionnelle. Mais sa cause véritable a dû être méconnue dans un bon nombre de cas ; la difficulté de l’auscultation chez l’enfant, la bénignité si grande à cette époque de la vie de la pneumonie franche, le peu de symptômes auxquels elle donne lieu, l’absence de toux et d’expectoration suffisent à expliquer cette erreur.

(1) Sachs and Petersox. .\ study on cérébral pasies of earlv life in Journal of nerrous and mental diseases, New- York 1890, |). 295.

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