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sur les centres comme un toxique, si l’on ne peut pas considérer ces troubles moteurs comme des paralysies toxiques, analogues aux paralysies alcooliques par exemple.
Cela est possible en soi ; mais cela n’a pas été démontré, et il y a des raisons de croire que cela n’est pas. D'abord il est possible qu'une critique approfondie des observations permettra de faire rentrer tous les cas dans le cadre tracé plus haut, qu’il est d’ailleurs peut-être possible d’élargir : force est d’avouer combien les notions acquises sur ce point sont incomplètes, et des recherches ultérieures combleraient sans doute bien des lacunes et éclaireraient bien des côtés obscurs de la question.
En second lieu, il faut remarquer, avec Heydenreich et Schwartz, à l'encontre de l’opinion de Büdinger, que le nombre de ces paralysies toxiques serait bien faible, invraisemblablement minime eu égard au grand nombre de narcoses prolongées qui se pratiquent chaque jour.
Enfin il serait étrange que le pouvoir toxique des anesthésiques, du chloroforme, le plus souvent employé, ne soit pas en raison directe de la quantité administrée : or les paralysies centrales observées sont survenues alors que la durée de l'opération avait été de quelques minutes, un quart d'heure, une demi-heure, tandis que bien des fois, au contraire, la narcose a été continuée pendant trois, quatre heures même, sans que la moindre paralysie ait apparu.
En somme, l'existence des paralysies post-anesthésiques toxiques n’est pas démontrée.
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$S 3. — Paralysies post-anesthésiques de canse indéterminée.
L'étude qui précède montre combien les causes des paralysies post-anesthésiques sont obscures. Il est donc souvent bien ardu au clinicien de remonter jusqu’à elles. Aussi reste-t-il à signaler des cas où il est difficile de classer l'observation parmi les paralysies périphériques ou parmi les paralysies centrales. Ce sont des paralysies d’un seul membre dans lesquelles l'attitude forcée et prolongée, la longue durée de l’anesthésie ne sont pas notées ; les conditions pathogéniques ordinaires des paralysies périphériques manquent. Ont-elles passé inaperçues ? Le tableau symptomatique et la marche semblent parfois en indiquer la possibilité et la guérison a lieu au bout de un, deux, quatre mois. Dans un cas de Garrigues au contraire la malade part non guérie au bout d’un mois, et dans un cas de Vautrin la paralysie persiste au bout de 5 ans. De sorte que parfois aussi la longue durée de l’évolution fait songer à une paralysie centrale analogue au cas de Büdinger avec autopsie (obs. 1), sans que pourtant il soit possi-
- ble de l’affirmer. En somme, ce sont des cas dans lesquels
le clinicien ne peut se prononcer sur l’origine de la paralysie, et force est donc de réunir ces faits en une classe de paralysies post-anesthésiques de cause indéterminée. Dans ces cas, deux fois (hommes) l’âge n’est pas indiqué, deux fois il s’agit de jeunes femmes, une fois d’un enfant de 14 ans ; les deux derniers cas connus se rappor-
tent à des femmes, l’une de 40 ans et l’autre de 44 ans.
L'hystérie n’est jamais notée dans les antécédents ; on peut seulement signaler qu’un cas se rapporte à un homme robuste, deux à des femmes très anémiques, un à un enfant cachectique en pleine fièvre. :
Voici ces cas, cités par M. Schwartz.
Quatre observations de GARRIGUES ; Elher.
Ons. XV. — Femme de 44 ans, très anémique. Curettage. Paralysie motrice de l’avant-bras et de la main. Guérison presque complète au bout de quatre mois.
O8s. XVI. — Femme de 40 ans, très anémique.Opérée d'une hématocèle. Il n’y a eu aucune pression exercée. Paralysie du bras gauche qui est améliorée et non guérie au bout d’un mois, quand elle quitte hôpital.
Oss. XVII. — Femme de 28 ans. Oophorectomie facile et rapide. Paralysie du bras gauche. Guérison au bout d’un mois.
Os. XVIII. — Femmede 34 ans. Hystérectomie vaginale. Paralysie du bras droit. Mort. Pas d’autopsie.
Deux observations de VauTRiN ; CAloroforme.
Os. XIX. — Homme robuste. Ablation d’un petit papillome de la langue. Anesthésie incomplète et #rès courte. Le malade se débat fortement. Réveil facile ; il fait remarquer que son bras droit est inerte et eugourdi. Paralysie persistant encore 5 ans après ; raideur très grande | des muscles de l’épaule, particulièrement du deltoïde et du biceps.
Os. XX. — Homme. Hydrocèle. Anesthésie courte et sans incident. Le soir de l'opération, il s'aperçoit qu'il lui est impossible de soulever le bras, de fléchir le coude, et de mettre la main en supination complète ; flexion des doigts facile. Les muscles paralysés paraissent être le deltoïde, le biceps et les supinateurs. Un mois après, il ne lui reste que l'impossibilité de soulever le bras au-dessus de l'horizontale,
Un cas de Casse ; Chloroforme.
Os. XXI — Enfant, 14 ans. Misère physiologique, émaciation extrême. Ostéomyélite des os et du tarse. Résection. Opéré en pleine fièvre (P.: 140, T.: 40°). 30 grammes de chloroforme en une demiheure. Au réveil, paralysie des extenseurs de l’avant-bras gauche. Gnérison en trois semaines, sans traitement. On pourrait songer à une paralysie radiale par compression ; mais celle-ci n’a pas été observée et l’anesthésie a été de courte durée.