CHAPITRE II
Historique.
Büdinger (1) (1894), puis Krumm (2) (1895) cherchent les premiers expérimentalement à mettre en lumière les conditions dans lesquelles se produisent les cas de paralysies du membre supérieur, survenus à la suite d’une narcose, qu’ils trouvent épars dans la littérature médicale. Ils rapportent les faits de Nonne, Brœdemaker, Bernhardt, Braun, Krœn, Bardenheuer, Weinlechner, Pernice. Après eux, Vautrin (3), Garrigues (4), Casse (à) publient de nouveaux faits.
Quincke (6), Senger (7), Franke (8) avaient en outre fourni chacun un cas de paralvsie centrale, quand M. Schwartz (de Paris) réunit d’une façon complète tous les documents connus jusque-là sur la question dans une communication au congrès français de chirurgie (1897). 1]
(1) Bunincer, Ueber Læhmungen nach Chloroformnarcosen. Archiv. für klinische Chirurgie, Bd. 47, S. 121, 1894.
(2) Kauwm, Ueber Narcotenlæhmungen. Sammlung klinische Vorträge, n° 139, 1895.
(3) VauTRIN, loc. cit.
(4) GarriGuss, loc. cit.
(5) CassE, loc. cit.
(6) Quincxe, Deutsche Zeitschrift f. Nervenheilkunde, IV, 1893. (7) Sencer, Deutsche medizinische Wochenschrift, n° ST, p. 722, 1894. (8) Franke, Ecrerreun, Mediz. Gesellschaft. et Tribune méd., 17 juillet
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classe les faits en paralysies périphériques et paralysies centrales, et aborde leur étude pathogénique en signalant les obscurités qui appellent des recherches sur l’étiologie des paralysies centrales. Il expose et discute une observation personnelle.
Depuis cet important mémoire, K. Bought (1) publie deux nouveaux cas observés à la clinique du professeur Engstrom d’Elsinfort. Il reconnaît l'importance de ces accidents paralytiques, malgré la rarelé de ceux qui ont élé publiés, rareté qui s'explique peut-être parce que l’attention n’a pas été attirée sur ces faits épars qui ne permettent pas une statistique sérieuse et complète. Ni l'état général des opérés, ni la qualité, ni la quantité du chloroforme employé, nila durée de la narcose, ni la pression « insignifiante » exercée sur les troncs nerveux dans les deux cas de paralysies périphériques qu'il relate ne suffisent à l’auteur pour expliquer ces accidents. Et en Lerminantilse demande « s’il n'existe pas un facteur encore inconnu ? »
M. Phocas, dans le Nord Médical (1° août 1898), expose deux observations se rapportant à deux de ses opérées. Il insiste lui aussi sur les incertitudes de l’étiologie de ces paralysies, étiologie en tous cas très complexe. Il repousse la dénomination de post-anesthésique et croit impossible de distinguer les paralysies périphériques des paralysies centrales. Car, dit-il, dans tel cas cliniquement la paralysie peut être considérée comme périphérique, par
(1) K. Bouanr, Two fale of S. K. narkosfærlamning. Finska Läkaresallskapets Handlingar. Bd XXXIX, p. 1095. Résumé in Centr. f. Chir., 1898, p. 908, n° 35.
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compression, et l’autopsie vient démontrer l'existence d’un ramollissement localisé au centre moteur correspondant à la région paralysée (cas de Büdinger); dans tel autre l’évolution clinique même a réformé le diagnostic, quand tardivement est apparue une paralysie analogue portant sur un groupe musculaire d’un autre membre {cas de Schwartz). Pour nous, ces deux cas ne semblent pas permettre de généraliser ces vues à l’ensemble des faits jusqu'ici observés.
A la suite de la communication de M. Schwartz, MM. Chipault et Reboul ont fait part chacun d’un cas de paralysie centrale.
On trouvera enfin plus loin deux observations inédites.