‹ Des paralysies toxiquesChapitre 3 sur 26 · IBRAIRES CE LA FACULTÉ DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

IBRAIRES CE LA FACULTÉ DE MÉDECINE

DES

viM INTRODUCTION.

peu près tout ce beau chapitre de la pattiologie future.

Enfin l'organisme humain fabrique lui-même des substances toxiques, dans l'état normal comme dans l'état pathologique. La résorption de ces substances laisse entrevoir déjà et expliquera peut-être un jour la raison d'être de certaines paralysies fugaces, qu'on observe dans quelques maladies chroniques, l'ictère, l'albuminurie, le diabète, etc.

Mais à côté de ces auto-intoxications, ne voit-on pas qu'un grand nombre d'états morbides, les fièvres ou la suppuration par exemple, peuvent s'accompagner, surtout dans les formes graves et à leur période ultime, de phénomènes paralytiques, dont la pathogénie nous échappe souvent? Ces paralysies, qui sont loin d'être rares, ont été étudiées par M. Landouzy dans une remarquable thèse. Or, la fièvre, la suppuration, les septicémies, etc., ne sont pas des intoxications au vrai sens de ce mot. Ce sont des états infectieux. Ici, c'est le parasite microscopique (qu'il s'appelle bactérie, ou bacille, ou microbe) qui joue toujours le principal rôle. Toutefois, du moment que nous n'avons à envisager ici que la paralysie, sommes-nous en droit d'affirmer que c'est le microbe qui, en quelque sorte par action ae présence, paralyse les organes nerveux? ÎNe devrions-nous pas soupçonner plutôt que telle substance, — produit encore indéterminé d'une sécrétion

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microbienne, — provoque ces paralysies à la façon d'une vraie substance toxique, c'est-à-dire d'un corps soluble absorbé ou résorbé?

Au premier abord, il semble peut-être excessif de I vouloir poursuivre si avant l'enquête pathogénique ; [cependant, par l'exemple d'une maladie, encore à ï l'élude, il est vrai, mais appelée à jeter un grand jour fcgur les faits en question, nous montrerons que cette l-distinction est légitime et bien .fondée. Nous voulons 'parler de la maladie pyocyanique, dont l'histoire est presque tout entière l'œuvre de M. Cbarrin. Le microçoccus. pyocyaneiis, qui en est l'agent, donne naissance I à la pyocyanine, produit chimique défini, cristallisable, et à réactions sûres et faciles, qui colore en bleu le ' pus de certaines plaies. Les animaux inoculés avec une culture de micrococciis pyocyaneus contractent t une maladie, tantôt aiguë, tantôt chronique, sur les I symptômes et l'évolution de laquelle nous n'avons Ipas à insister ici. Il est cependant un point qui nous I intéresse : c'est que, fort souvent, vers la fin de cette \ maladie, ou même pendant sa période d'état, c'est-à- I dire après douze à vingt jours environ, les animaux inoculés présentent des paralysies localisées aux membres I postérieurs. Ce sont des paralysies flasques, ne s'ac- I compagnant pas de troubles trophiques, ni de troubles bien appréciables de la sensibilité. Elles se compliquent

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parfois de rétention d'urine. Elles peuvent gagner les membres antérieurs (elles ont donc une certaine tendance à se généraliser d'arrière en avant, ce qui est un des caractères principaux des paralysies toxiques). Enfin dans un cas (unique jusqu'ici), une seule patte postérieure avait perdu sa motilité. La durée de ces paralysies est courte car le dépérissement est rapide et la mort survient assez tôt. Chose curieuse, on ne les voit jamais chez les animaux qui ont été inoculés par injection souscutanée quelques jours auparavant. Quel est le mode patliogénique de ces paralysies? Deux hypothèses s'offrent à l'esprit. Ou bien le microbe agit par lui-même, exerçant une influence mécanique sur les éléments nerveux dans son passage à travers les capillaires de la moelle épinière (nous avons la preuve qu'il circule dans le réseau sanguin de la moelle, par ce fait que la pyocyanine apparaît dans les bouillons ensemencés avec un petit fragment de cet organe). Ou bien la substance définie, fonction du microbe, la pyocyanine, en un mot, est la vraie cause des paralysies; et elle agit à la façon des autres corps toxiques.

M. Charrin a jugé par l'expérience la valeur de ces suppositions. Il filtre une culture riche en pyocyanine. Le liquide qui passe conserve sa couleur bleue et toutes les réactions de la pyocyanine, mais il ne contient plus de microbes. Ce même liquide élant ajouté

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en petite quantité au bouillon , aucune modification nouvelle de couleur ou de limpidité ne se manifeste. Et si maintenant on injecte une dose massive ou une série de doses faibles de ce mélange, les paralysies ne se produisent plus. Donc les paralysies de la maladie pyocyanique ne sont pas des paralysies toxiques, et le microbe que les cultures décèlent dans la moelle semble agir seul, et sans la participation de son produit spécifique, la pyocyanine.

En résumé, les seules paralysies que nous ayons à étudier sont celles que produisent les substances dis-

\ soutes. Et aucune de celles qui dépendent d'un élément

[ figuré ne rentre dans notre sujet.

Une deraicre difficulté consiste enfin non plus dans la définition de la substance toxique, mais dans la définition de la paralysie. Nous nous en tiendrons au sens adopté par Ambroîse Paré : la paralysie, c'est ia résolution musculaire. On voit souvent des états d'impotence fonctionnelle des deux membres inférieurs, caractérisés par l'impossibilité de se tenir debout en même temps que par une raideur douloureuse des jointures. En pareil cas, le mot de paraplégie est trop vite prononcé, car qui dit paraplégie veut dire paralysie des

, deux jambes, et cet état n'a rien à voir avec la

I perte de la contractilité. Il s'agit, en effet, d'une contracture, d'un spasme, Or le spasme paraplégique est

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