XII INTRODUCTION
en quelque sorte Tinverse de la paraplégie vraie. On pourrait même dire, sous une forme en apparence paradoxale que, s'il y a impotence fonctionnelle, c'est parce que les muscles des jambes fonctionnent trop.
Us sont contractures tous à la fois, et ainsi produisent la raideur douloureuse des membres. On attribue la plupart du temps cette suractivité musculaire à une irritation des cornes antérieures de la moelle. Or, la seule paralysie digne de ce nom, la seule résolution musculaire vraie et complète, est celle qui résulte de ce que les cellules motrices spinales n'ont plus d'effet, — soit parce que les ordres cérébraux ne leur viennent plus, soit parce que les nerfs périphériques ne conduisent plus leurs incitations.
Nous éliminerons aussi, comme étrangers à la définition de la paralysie, tous les troubles de la sensibilité, aussi bien l'anesthésie que l'hyperesthésie. Car il est impossible de séparer l'un de l'autre ces deux symptômes ; ils ne sont que des périodes ou des degrés différents d'un seul et même ordre de phénomènes.
Notre sujet se bornera donc à l'étude de la résolution musculaire provoquée par les substances toxiques solubles.
Mais il faut préciser encore davantage, car les phénomènes cliniques demandent aussi à être classés. Les paralysies toxiques se présentent sous des formes mul-
^^^^^^^H INTRODUCTION. lui
f tîples. Tantôt l'impotence motrice est réduite à sa plus
simple expression : c'est une faiblesse légère, à peine une parésie; tantôt c'est une résolution absolue, équivalant à la perte du membre. Quelquefois, elles se limitent à un groupe musculaire ou même à un seul muscle; d'autres fols, elles affectent le type paraplégique ou le type hémiplégique; dans des cas exceptionnels, elles se généralisent à tout le système musculaire. Les unes sont fugaces, éphémères, les autres durent plusieurs semaines et peuvent durer plusieurs mois. Enfin — et c'est là le principal élément clinique de leur différenciation — elles sont tantôt isolées, tantôt combinées à d'autres symptômes, Dans ce dernier cas, une paralysie, quelle qu'elle soit, n'a jamais qu'une importance minime. Phénomène banal et presque indifférent, elle n'ajoute presque rien à ces grands eomplexus de désordres cérébro-spinaux, qu'on a réunis sous le titre I d'encép/ta/opalhies toxiques. Les hémiplégies ou les pa-
,, raplégies qu'on voit alors apparaître sont transitoires
et combinées avec l'épilepsiejacksoniennc, le délire, etc. Enfin, si la mort survient, les altérations des centres nerveux, trouvées à l'autopsie, sont elles-mêmes d'ordre vulgaire (œdème, congestions, hémorragies, ramollissements).
' Il n'en est pas de même de ces paralysies isolées, dont
l^^^le type le plus connu est la paralysie radiale d'origine